Les familles et le transport au menu de Projet Montréal

Richard Bergeron se défend d’être en guerre contre les automobilistes. «Ce qu’on veut, c’est revaloriser le centre-ville», a-t-il dit en soulignant qu’au cours de la dernière décennie, des efforts importants avaient été consentis à l’amélioration de l’espace public.
Photo: - Archives Le Devoir Richard Bergeron se défend d’être en guerre contre les automobilistes. «Ce qu’on veut, c’est revaloriser le centre-ville», a-t-il dit en soulignant qu’au cours de la dernière décennie, des efforts importants avaient été consentis à l’amélioration de l’espace public.
Si son équipe est portée au pouvoir le 3 novembre prochain, Richard Bergeron compte s’attaquer à l’exode des familles vers les banlieues. Mais le chef de Projet Montréal entend aussi prendre des mesures pour réduire la circulation automobile à Montréal et limiter l’offre de stationnement au centre-ville.

Le programme électoral présenté mardi matin par le candidat à la mairie de Montréal comporte 71 engagements selon six grands thèmes, dont la gouvernance, l’habitation, le transport et l’aménagement urbain.
 
Pour retenir les familles à Montréal, le parti estime qu’il faut favoriser leur accès à de grands logements et proposer un cadre de vie plus paisible et attrayant.
 
En matière fiscale, Projet Montréal n’entend pas imposer des hausses de taxes supérieures au taux d’inflation. Richard Bergeron croit que l’intégrité de sa formation lui permet de faire une telle promesse. « Au cours des dix dernières années, on s’est fait voler grosso modo un milliard de dollars à cause de la corruption et de la collusion, a-t-il expliqué. Ce milliard de dollars, on ne se le fera plus voler avec une administration de Projet Montréal. Il va permettre de financer notre programme. »

Circulation automobile
 
Projet Montréal accorde une place importante aux transports. Comme il l’avait fait en 2009, Richard Bergeron se donne pour objectif de réduire d’au moins 2,5 % par année la circulation automobile dans la métropole. D’ici une vingtaine d’années, la circulation au centre-ville et dans les quartiers centraux devrait diminuer de 50 %, avance-t-il. Ailleurs à Montréal, l’objectif est de 25 %.
 
Selon Richard Bergeron, il est réaliste d’envisager une telle réduction de la circulation à Montréal, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et l’ex-maire de Séoul, Lee Myung-Bak, ayant réussi cet exploit.
 
M. Bergeron compte également réduire l’offre de stationnement au centre-ville pour miser sur une « gestion active » du stationnement. « Il y a présentement, au centre-ville de Montréal, 3000 [places de] stationnements en moins qu’il y a dix ans. Qui s’en est aperçu ? », a-t-il demandé.
 
Le candidat à la mairie propose de limiter à 40 km/heure la vitesse dans les rues artérielles et à 30 km/heure celle dans les rues locales, et il n’abandonne pas l’idée d’implanter un réseau de tramway de 37,5 kilomètres.

En guerre?
 
Richard Bergeron se défend d’être en guerre contre les automobilistes. « Ce qu’on veut, c’est revaloriser le centre-ville », a-t-il dit. Il s’engage par ailleurs à améliorer le transport en commun et à accélérer le développement du réseau cyclable.
 
En matière d’habitation, Projet Montréal croit que la Ville doit être plus proactive dans la planification de nouveaux développements. Reconnaissant que l’achat d’une propriété sur l’île de Montréal est devenu difficile, M. Bergeron soutient que des mesures dynamiques devront être prises pour favoriser l’accessibilité à la propriété pour les jeunes familles.
 
En matière de valorisation urbaine, Richard Bergeron réitère son projet d’entrée maritime et suggère de recouvrir l’autoroute Ville-Marie et une partie de l’autoroute Décarie. Quant à la gouvernance, le parti propose de remplacer les maires d’arrondissement par des présidents désignés par leurs pairs.

Gestion du Plateau
 
Les camps adverses ne se sont pas gênés pour critiquer les engagements de Projet Montréal. « Richard Bergeron dit qu’il n’a rien contre les automobilistes, mais il parle d’augmenter les taxes sur l’essence, l’immatriculation et le stationnement et d’instaurer des péages. Ce n’est pas tout le monde qui peut se déplacer à vélo », souligne Anie Samson, candidate pour l’équipe de Denis Coderre. Selon elle, les Montréalais devraient craindre que Projet Montréal n’étende le style de gestion du Plateau Mont-Royal à l’ensemble de la ville. « Est-ce qu’on va cesser de déneiger à Montréal ? », se demande-t-elle.
 
Par courriel, le candidat à la mairie Marcel Côté a reproché à Projet Montréal son manque de vision. « Cette formation politique peine à articuler une vision d’ensemble sur la gestion de la ville centre. […] Il s’agit essentiellement d’un programme clientéliste », a indiqué M. Côté.
 
Pour sa part, la candidate Mélanie Joly estime que Richard Bergeron fait fausse route en misant sur un coûteux réseau de tramway et sur le prolongement du métro plutôt que sur les systèmes rapides par bus qui, à son avis, desserviraient mieux Montréal.

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