Applebaum peut quitter le pays, malgré les accusations

L’ex-maire Michael Appelbaum fait face à 14 chefs d’accusation.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’ex-maire Michael Appelbaum fait face à 14 chefs d’accusation.

Michael Applebaum a obtenu la permission de prendre des vacances à l’extérieur du pays même s’il fait face à plusieurs chefs d’accusation.

L’ancien maire par intérim de Montréal a récupéré son passeport la semaine dernière en vue d’un voyage d’une durée de 10 jours qui était prévu bien avant son arrestation, a indiqué jeudi l’un de ses avocats.


Les procureurs de la Couronne et les avocats de la défense sont convaincus qu’il rentrera au pays pour faire face aux accusations qui pèsent contre lui.


L’un des deux avocats qui représentent Michael Applebaum, Conrad Lord, a dit ignorer vers quelle destination s’envolera son client la semaine prochaine, mais il a néanmoins précisé qu’il ne s’agissait pas d’un voyage d’affaires.


Pas de risque de fuite


Les rumeurs voulant que l’ancien maire ait l’intention de se « sauver » aux Bahamas sont non fondées, a par ailleurs ajouté Me Lord. « Je ne pense pas qu’il y a de préjudice ou de danger que M. Applebaum quitte le pays et ne revienne pas. C’est un voyage qui était déjà prévu », a-t-il affirmé, précisant que son client n’avait qu’une seule adresse, au Québec.


Selon la procureure de la Couronne Marie-Hélène Giroux, il avait déjà été convenu que M. Applebaum pourrait quitter le pays pour un déplacement en particulier. Lorsqu’on lui a demandé si elle craignait que l’accusé ne rentre pas au bercail, elle a répondu : « Pas du tout. »


Il est normal qu’une personne accusée au criminel doive remettre son passeport aux autorités, mais il n’est pas inhabituel que la Couronne autorise cet accusé à effectuer un déplacement spécifique à l’étranger.


Applebaum fait face à 14 accusations pour fraude, complot, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales. Il a démissionné de son poste de maire intérimaire un jour après son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).


Saulie Zajdel, un ancien conseiller municipal qui s’est présenté aux élections fédérales pour les conservateurs en 2011, et Jean-Yves Bisson, un ancien haut fonctionnaire dans l’arrondissement Côte-des-Neiges -Notre-Dame-de-Grâce, ont été arrêtés dans le cadre de la même opération, baptisée « Méandre ». Les trois hommes doivent comparaître le 9 octobre prochain.


Demande des médias


Les avocats d’Applebaum étaient en cour jeudi afin de s’opposer à une demande émanant des médias, qui souhaitent consulter des mandats de perquisition actuellement sous scellés. Ils ne sont toutefois pas parvenus à trouver un juge pour entendre la cause jeudi. Celle-ci se retrouvera sans doute devant un magistrat à l’automne.


Les avocats des deux camps opposeront des arguments opposant la liberté de presse à la présomption d’innocence. Me Lord a affirmé qu’il n’avait pas consulté les documents, mais il a maintenu que son client était innocent.

8 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 5 juillet 2013 05 h 07

    État de droit ou de passe-droits?

    Étrange! Pour des accusations beaucoup moins graves, on soumet l'inculpé à des conditions sévères de remise en liberté et voilà-t-il pas qu'un édile municipal jouit de passe-droits comme ce voyage à l'étranger.
    Bien que l'accusé bénéficie de la présomption d'innocence, il appert que quatorze accusations pour fraude, complot, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales, ce n'est pas de la petite bière! Qui plus est, il y aggravation du fait de la position occupée par monsieur Applebaum dans notre société.
    De plus, l'affirmation de la procureure de la Couronne, selon laquelle il rentrera au pays pour faire face aux accusations qui pèsent contre lui, relève plus du jugement téméraire et de la pensée magique que du principe de précaution.
    En ce qui concerne Me Lord, si son client est innocent, ce n'est pas à lui d'en décider mais du juge en fonction des preuves présentées.
    Par intuition, et connaissant les savantes avocasseries de nos juristes, il s'agit de créer un biais positif envers l'accusé, ce voyage à l'étranger, pour nous préparer à ce cher adage de Jean de la Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

  • Guy Desjardins - Inscrit 5 juillet 2013 07 h 21

    Un déplacement spécifique?

    Je veux bien croire à la présomption d'innocence, mais il y a des accusations graves qui ne mérite pas des vacances pour avoir flouer les citoyens. C'est une justice à deux volets. Une vacance se mérite après de lonques heures de travail...honnête et parfois par épuisement sur ordre du médecin. Pour se justifier la justice par l'entremise des avocats et les juges, disent que c'est normal de remettre un passeport pour certains...individus. Hier, ont disaient dans les journaux et à la télévision, qu'après vérifications avec son ou ses avocats, qu'il cancellait son voyage aux Bahamas. Les avocats et juges pour être conséquent avec leur déclaration, ont ils demandés la remise du passeport immédiatement ou bien lui ont laissé ce passeport entre les mains pour un autre voyage, qui ne serait les Bahamas? Si j'ai bien compris le pourquoi de la remise du passeport, c'était d'avoir acheté le billet avant les accusations, pour ne pas perdre ses vacances et l'argent si bien... gagné. À mon avis c'est quasiment rire du monde, à moins que l'on me prouve le contraire.

  • Pierre Schneider - Inscrit 5 juillet 2013 07 h 28

    Passeport et passe-droit

    Ironique tout de même que l'accusé de nombreux crimes se dirige vers les Bahamas, paradis fiscal bien connu s'il en est un ! Car son avocat ne nie pas qu'il s'y dirige. Il précise qu'il ne "se sauve pas"...

    • Guy Desjardins - Inscrit 6 juillet 2013 07 h 28

      Vous avez raison et en plus il n'y a pas de convention d'extradition entre le Canada et les Bahamas. M. Porter en est une preuve, il c'est fait prendre dans un autre Pays. Alors le loup n'est plus dans la bergerie mais dans une autre forêt.

  • André Martin - Inscrit 5 juillet 2013 07 h 44

    Le déni d'Applebaum.

    Compte tenu que le moteur allégué de la fraude est d'ordre monétaire, il serait juste qu'Applebum dépose une caution équivalente au montant de la fraude avérée — s'il est si certain de se blanchir, donc de récupérer son dépôt.

    Personnellement, je crois que cet ex-maire vit dans un déni extraordinaire, ce qui ne devrait pas exclure une fugue aussi stupide que spontanée de sa part.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 5 juillet 2013 09 h 32

    Chez les Porter?

    Peut-être va t'il séjourner chez les Porter pendant leur absence prolongée et en profiter pour arroser les plantes....