Mairie de Montréal - Marcel Côté se lance dans la course

Le nouveau candidat à la mairie de Montréal, Marcel Côté, a rencontré mercredi des électeurs au centre-ville de la métropole.
Photo: - Le Devoir Le nouveau candidat à la mairie de Montréal, Marcel Côté, a rencontré mercredi des électeurs au centre-ville de la métropole.

Marcel Côté a fait son entrée officielle dans l’arène municipale mercredi en lançant sa campagne électorale à la mairie de Montréal à la tête d’une coalition. Louise Harel, qui a cédé sa place au profit du fondateur de Secor, s’est faite plus que discrète, mais Marcel Côté assure qu’elle jouera un rôle important dans la nouvelle coalition.


Celui qui disait, il y a un mois à peine, qu’être maire de Montréal n’était pas une priorité dans sa vie s’est lancé dans la course. Entouré de l’équipe de Vision Montréal et d’anciens élus d’Union Montréal, soit Marvin Rotrand et Christian G. Dubois et Alain Tassé, Marcel Côté a dévoilé les grands principes qui guideront les candidats de la coalition qu’il dirigera.


Marcel Côté se fait fort de rallier le Tout-Montréal : francophones, anglophones, fédéralistes et souverainistes, quartiers centraux de la Ville et anciennes banlieues. « Tout le long de ma carrière, j’ai cherché à bâtir des succès, a-t-il avancé. Montréal doit redevenir une ville gagnante. »


Le candidat reconnaît toutefois qu’il lui faudra hausser sa notoriété auprès du grand public : « J’entends me faire connaître de tous les Montréalais d’ici le 3 novembre. Au fil d’arrivée, je crois que je serai aussi connu que tout le monde. »

 

Gouvernance


La gouvernance de Montréal a besoin de changements, mais Marcel Côté n’entend pas pour l’instant se lancer dans une réforme visant à réduire le nombre d’arrondissements et d’élus. « Au cours des quatre prochaines années, la fusion d’arrondissements et la réduction du nombre d’élus ne figureront pas à l’ordre du jour. Nous devons choisir nos priorités. Nous avons des réformes plus urgentes à entreprendre », a-t-il souligné. Marcel Côté a plutôt plaidé en faveur d’une « collaboration » et d’une « complémentarité » améliorées entre les arrondissements et la ville-centre.


Le candidat à la mairie a par ailleurs vanté l’administration de coalition en place depuis l’automne dernier et il a laissé entendre que ce concept continuerait de s’appliquer s’il est élu maire le 3 novembre.


L’économiste a aussi donné une place importante à la vitalité de la métropole et promis d’accorder un meilleur soutien à l’entrepreneuriat.


Techniquement, la coalition réunira des partis (Vision Montréal et des partis d’arrondissements) et des candidats indépendants. Marcel Côté s’est inscrit auprès du président d’élection de la Ville de Montréal à titre d’indépendant, mais il compte former un parti baptisé « Coalition Montréal » et a réservé ce nom auprès du Directeur général des élections (DGE). Ce parti ne comptera qu’un seul candidat, soit celui de la mairie, a précisé M. Côté. Reste à déterminer comment la Coalition et les différents candidats seront identifiés sur les bulletins de vote. « On veut dépolitiser, “départisaniser” l’ensemble de la politique montréalaise. On pense que pour ramasser les déchets, faire des belles rues et faire marcher les trains, on n’a pas besoin des partis politiques », a-t-il affirmé.

 

Louise Harel


Si tous les élus de Vision Montréal étaient aux côtés de M. Côté sur scène, ce n’était pas le cas de leur chef, Louise Harel, qui est demeurée dans l’assistance et qui a quitté les lieux avant la fin de l’événement. Son attachée de presse a indiqué qu’elle voulait laisser toute la place à M. Côté en cette journée de lancement.


Questionné sur le rôle que jouerait Mme Harel au sein de la coalition, M. Côté a indiqué qu’elle ferait la promotion de la coalition et de ses principes auprès du public : « J’ai un grand respect pour Mme Harel. Je ne partage pas toutes ses convictions. […] Mais sur les problèmes de la Ville de Montréal, on est en accord parfait ».


En entrevue au Devoir, il insiste pour dire que la chef de Vision Montréal sera « garante de la coalition », qu’elle siégera au conseil de direction avec lui et Marvin Rotrand et qu’elle travaillera étroitement à des projets importants qui seront dévoilés au cours de la campagne électorale. « Elle ne sera pas le numéro 2 », a-t-il cependant indiqué en précisant n’avoir promis de poste en personne s’il remporte la mairie.


Son adversaire Denis Coderre a salué la candidature de M. Côté - « C’est bon pour la démocratie montréalaise. Ça va me faire plaisir de croiser le fer » -, mais il a reproché à son rival de « compartimenter » les votes en distinguant les groupes d’électeurs selon leur langue, leur origine ethnique ou leur allégeance politique. « Je n’ai pas à tenter de rallier qui que ce soit. J’ai déjà cette sensibilité », a-t-il dit.


Denis Coderre n’a pas fait grand cas du fait que Marcel Côté était considéré comme le candidat du milieu des affaires : « Moi, je ne suis pas le candidat du milieu des affaires. Je suis le candidat des Montréalais. »


***


Un cas d'exception pour CIBL

Marcel Côté a confirmé qu’il se lance dans la course à la mairie de Montréal dans le hall d’entrée du 2.22 de Montréal, immeuble qui abrite la Vitrine culturelle et la station de radio CIBL. Est-ce normal qu’un média et un organisme lié aux arts acceptent d’abriter une réunion partisane ?

« Est-ce que CIBL peut se permettre d’être identifié à un parti politique plus qu’un autre ? La réponse est non, évidemment pas, dit Gilles Labelle, directeur général de CIBL. Mais pour nous, il s’agit d’un cas d’exception parce qu’on se sent redevables envers [M. Côté], qui nous a aidés dans notre campagne de financement. »

Marcel Côté comme Denis Coderre, autre candidat à la mairie, ont appuyé les dernières campagnes de financement de la station. Ils ont participé à un débat en ondes le mois dernier, aboutissement d’une collecte de fonds de 75 000 $. Le directeur explique que si M. Coderre avait formulé la même demande d’occuper le hall, il aurait été le bienvenu.

L’espace d’entrée (pas la station) a été loué pour près de 500 $. « On reçoit des tonnes de demandes pour des activités dans le hall, dit M. Labelle. On a réservé les accords jusqu’à maintenant aux partenaires de la Vitrine ou de CIBL. »

 Stéphane Baillargeon

À voir en vidéo