Louise Harel renonce à la mairie et s'allie à Marcel Côté

Louise Harel se présentera comme candidate au poste de conseillère de ville dans Sainte-Marie, un district du centre-ville.
Photo: Le Devoir Louise Harel se présentera comme candidate au poste de conseillère de ville dans Sainte-Marie, un district du centre-ville.
Reconnaissant manquer d’appuis chez les anglophones, Louise Harel renonce à la mairie de Montréal pour s’allier à Marcel Côté, fondateur de Secor, qui tentera de se faire élire à la mairie le 3 novembre prochain à la tête d’une coalition. Mme Harel demeurera chef de Vision Montréal et briguera un poste de conseillère de ville dans le district de Sainte-Marie, au centre-ville.

C’était le secret le moins bien gardé en ville. Depuis des semaines, Louise Harel menait des discussions avec Marcel Côté afin de conclure une alliance stratégique en prévision du scrutin de l’automne. Lors d’une conférence de presse mardi matin en compagnie des élus de son parti, Mme Harel a reconnu qu’elle n’était pas parvenue pas à attirer l’électorat anglophone. «C’est un secret de polichinelle que j’avais de la difficulté à percer dans l’ouest de l’île», a-t-elle admis.

Mme Harel a donc confirmé qu’elle retirait sa candidature à la mairie et que le parti formera une coalition avec Marcel Côté, candidat à la mairie indépendant. Celui-ci doit dévoiler ses intentions lors d’une conférence de presse mercredi et une «déclaration commune» sera alors faite par lui et Mme Harel. «Il va certainement rallier l’est et l’ouest. C’est déjà un bon point en sa faveur», a expliqué Louise Harel. «Marcel Côté aime Montréal, se préoccupe de Montréal, s’inquiète de Montréal depuis longtemps. Il y a trois ans, il a signé le rapport Côté-Séguin pour offrir aux Montréalais une voie de passage pour s’assurer d’économies d’échelles et une plus grande efficacité à Montréal.»

D'Hochelaga à Ville-Marie


Mme Harel, qui dirige Vision Montréal depuis juin 2009, sollicitera un poste de conseillère de ville dans Sainte-Marie, un district de l’arrondissement de Ville-Marie détenu par Pierre Mainville. Elle délaisse donc son fief, celui de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, où elle siège depuis quatre ans comme conseillère. Le district de Sainte-Marie est toutefois situé dans son ancienne circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve qu’elle a représentée pendant 27 ans à l’Assemblée nationale comme députée du Parti québécois.

Louise Harel affirme ne pas avoir réclamé pour elle un poste précis au sein d’une administration de coalition si Marcel Côté l’emporte le 3 novembre : «Je ne me suis rien négocié personnellement. Je sais cependant que je jouerai un rôle de premier plan au sein de la coalition. J’ai plus d’ambition pour la ville que pour moi-même».

Après des semaines de discussions, les élus de Vision Montréal ont accepté ce «mariage» stratégique. «Je pense qu’on peut admettre que Marcel Côté pourra faire un lien plus efficacement et plus facilement entre l’est et l’ouest», a expliqué le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard. «Deuxièmement, il croit à la coalition. Une coalition, c’est une façon de gouverner très prometteuse pour Montréal parce que ça met fin à toute la réalité du vote géolinguistique. Il n’est pas normal qu’on apprécie ce que des candidats ont à offrir en fonction du clivage linguistique. […] Je pense qu’il va amener avec lui autant les libéraux que les péquistes. Les grandes familles politiques peuvent s’allier à cette coalition-là.»

Rappelons que le parti de Louise Harel compte 12 élus au conseil de ville de Montréal. En mai dernier, Vision Montréal avait perdu trois élus, Chantal Rouleau, Suzanne Décarie et Gilles Déziel, qui avaient joint les rangs du parti de Denis Coderre. Une semaine plus tard, c’était au tour d’Élaine Ayotte de quitter Vision Montréal pour siéger comme indépendante. Vision Montréal traîne par ailleurs une dette de quelque 550 000 $ héritée de la campagne électorale de 2009.

À voir en vidéo