Laurent Blanchard est élu maire par intérim de Montréal

Laurent Blanchard est devenu le nouveau maire par intérim de Montréal.
Photo: - Le Devoir Laurent Blanchard est devenu le nouveau maire par intérim de Montréal.

Laurent Blanchard est devenu le nouveau maire par intérim de Montréal. Le retrait de la candidature de François Croteau a permis à M. Blanchard de l'emporter devant Harout Chitilian lors d'une séance extraordinaire du conseil municipal mardi.

Laurent Blanchard, qui préside depuis l'automne dernier le comité exécutif de la Ville, a obtenu 30 votes contre 28 pour Harout Chitilian, ex-président du conseil municipal, alors que la conseillère Jane Cowell-Poitras a recueilli 3 voix.

Quelques minutes avant la tenue du vote, le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, de même que le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, ont annoncé qu'ils se retiraient de la course.

François Croteau a donné son appui à Laurent Blanchard alors qu'Alan DeSousa s'est prononcé en faveur de la candidature d'Harout Chitilian.

Laurent Blanchard, qui avait déjà l'appui des membres de Vision Montréal et de plusieurs conseillers indépendants parmi lesquels Marvin Rotrand, a donc pu bénéficier des votes des dix élus de Projet Montréal.

Harout Chitilian, lui, était le choix des membres de l'équipe de Denis Coderre.

Transition tranquille

Âgé de 61 ans, M. Blanchard siège comme conseiller dans le district d’Hochelaga depuis 2005. À l'issue du vote, il a indiqué qu'il assurerait une «transition tranquille» à l'Hôtel de Ville jusqu'aux élections du 3 novembre: «La semaine dernière, on parlait de vitalité démocratique. Je ne changerai pas d'idée aujourd'hui. Effectivement, c'est ce qui s'est produit aujourd'hui. Il y a eu un ralliement d'un côté, un ralliement de l'autre côté. C'est un signe que le conseil était, je ne dirais pas divisé, mais partagé entre deux visions complémentaires, plutôt que différentes.»

Laurent Blanchard doit être assermenté mardi après-midi et on peut s'attendre à ce qu'il nomme la conseillère Josée Duplessis, de Projet Montréal, au poste de présidente du comité exécutif.

La semaine dernière, M. Blanchard avait soutenu pouvoir occuper les fonctions de président du comité exécutif et de maire s'il était élu, mais quelques minutes avant le vote mardi, il a indiqué avoir réfléchi à la possibilité de n'assumer que la mairie.

Ex-membre de Vision Montréal, M. Blanchard était devenu indépendant en novembre dernier lorsqu'il avait accédé à la présidence du comité exécutif. Avant de se lancer en politique municipale, il avait notamment avait été éditeur et copropriétaire de l’hebdomadaire Les Nouvelles de l’Est et directeur général à la Corporation de développement de l’Est (CDEST).

La coalition

Bien que la mairie lui ait échappé de peu, le candidat défait, Harout Chitilian, s'est rallié au nouveau maire. Malgré le résultat serré, l'élection du nouveau maire par intérim démontre, selon lui, la non-nécessité d'une tutelle à Montréal.

Âgé de 32 ans, M. Chitilian est le conseiller de Bordeaux-Cartierville et un ancien membre d'Union Montréal, le parti de l'ex-maire Gérald Tremblay. Il siège comme indépendant depuis décembre dernier et préside depuis 2011 le conseil municipal. Ingénieur de formation, il a notamment travaillé pour la compagnie de télécommunication suédoise Ericsson.

Visiblement ravie du résultat du vote, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, a qualifié l'élection de Laurent Blanchard de «victoire de la coalition». «C'est à la fois Vision Montréal et Projet Montréal qui constituent la coalition avec des indépendants. C'est une combinaison gagnante pour Montréal», croit-elle. «Les Montréalais doivent être satisfaits aujourd'hui parce qu'ils ont une administration qui leur garantit la stabilité, l'intégrité et la prise de décisions en public jusqu'à l'élection du 3 novembre.»

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime que les Montréalais n'ont pas à craindre de mauvaises surprises avec le maire nouvellement élu : «Laurent Blanchard est au-dessus — mais vraiment au-dessus — de tout soupçon. Non pas qu'on ait eu des doutes sur les autres candidats, mais je pense que les Montréalais en ont trop vu ces derniers temps. Il fallait avoir une garantie absolue cette fois-ci et nous l'avons.» Il s'est également dit heureux du maintien de la gouvernance de coalition à l'Hôtel de Ville.

Cette élection était devenue nécessaire à la suite de la démission de Michael Applebaum la semaine dernière. Rappelons que celui-ci a été arrêté le 17 juin dernier par des agents de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) à sa résidence de Notre-Dame-de-Grâce. Michael Applebaum fait face à 14 chefs d’accusation, dont complot, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales.

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