Arrestation du maire de Montréal - De «mauvais» échos à travers le monde

Jacques Duchesneau ne reconnaît plus en Micheal Applebaum celui qui avait été son « coup de cœur » lors de la course à la mairie de Montréal en 1998.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Jacques Duchesneau ne reconnaît plus en Micheal Applebaum celui qui avait été son « coup de cœur » lors de la course à la mairie de Montréal en 1998.

Après le « maire qui fume du crack », celui d’une « ville corrompue ». La nouvelle de l’arrestation du maire Michael Applebaum a fait le tour du monde, lundi. Des médias d’au moins vingt-cinq pays ont mentionné l’arrestation du maire de Montréal, et certains ont fait le parallèle avec le scandale qui secoue Toronto.


Cet événement hors de l’ordinaire a donné une bien mauvaise image de Montréal, du Québec et du Canada sur la scène internationale, estime Ève Couture, directrice chez Influence Communication. En moins de 12 heures, l’arrestation de Michael Applebaum est devenue la septième nouvelle parmi les plus médiatisées au sujet du Québec dans le monde depuis dix-huit mois, a calculé la firme.


« Le Québec a fait parler de lui pour les mauvaises raisons, malheureusement », a dit Ève Couture au Devoir. Cette nouvelle est de la même catégorie que l’arrestation de Luka Rocco Magnotta ou le printemps érable de 2012, note-t-elle.


Le coup de filet policier contre le maire de Montréal et deux autres représentants de la Ville a fait la manchette dans la plupart des pays européens et aux États-Unis, tout comme au Pakistan, en Inde, au Népal, en Iran, en Russie, à Cuba, en Israël et en Colombie, notamment. De son côté, le populaire - et populiste - site américain Gawker a fait le parallèle avec le scandale qui secoue le maire de Toronto, Rob Ford : « Le maire d’une importante ville canadienne a été arrêté ce matin à sa résidence. Et ce n’était même pas le gars qui fumait du crack sur une vidéo ! »

 

Marois à la rescousse


La première ministre du Québec, Pauline Marois, a dû défendre la réputation de Montréal, lundi, au cours d’une conférence de presse conjointe avec le gouverneur du Vermont, Peter Chumlin, pour l’annonce de la création d’un corridor de recharge électrique Québec-Vermont. Sans grande surprise, toutes les questions ont porté sur l’arrestation du maire Applebaum.


« C’est, d’une part, triste. Mais en même temps, il y a une chose qui est claire, c’est que le Québec est préoccupé par l’intégrité et agit sur ce front-là et nous continuerons à le faire tant que nous n’aurons pas éradiqué les problèmes de corruption », a soutenu Mme Marois.


« Je crois que les citoyens à travers le monde, les observateurs, peuvent quand même reconnaître que, au-delà de ce qui se passe actuellement - qui, encore une fois, est déplorable -, Montréal reste une ville en santé, une ville de création, une ville qui, au plan économique, est un moteur pour le Québec et c’est ça dont il faut aussi parler et se rappeler. »

 

Extrême prudence


Questionné sur l’image de la métropole et sur le problème que l’arrestation du maire de Montréal pourrait avoir sur les relations entre le Québec et le Vermont, le gouverneur Chumlin a fait preuve d’une extrême prudence, rappelant les liens étroits qui unissent les deux États.


« Non seulement nous avons énormément de respect pour la province du Québec et l’excellent travail que fait la première ministre Marois, mais nous aimons également la ville de Montréal », a répondu le gouverneur. Il a rappelé que toutes les administrations, tant aux États-Unis qu’au Québec, avaient « de bonnes et de moins bonnes journées ».


Il affirme que rien, dans cette histoire, n’a d’impact sur les relations « très importantes » qu’entretient le Vermont avec le Québec et sa métropole. « Je peux également vous dire que je me préoccupe de création d’emplois au Vermont et que je ne m’aventure pas trop dans les affaires de Montréal, sauf pour apprécier la ville lorsque j’ai la chance de la visiter. »

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Duchesneau ne reconnaît plus Applebaum

Jacques Duchesneau ne reconnaît plus en Micheal Applebaum celui qui avait été son « coup de cœur » lors de la course à la mairie de Montréal en 1998. « L’homme que j’ai connu il y a 15 ans n’aurait pas fait des choses comme ça », a déploré le député caquiste de Saint-Jérôme en entrevue au Devoir lundi, ajoutant qu’il avait « très mal réagi » en apprenant son arrestation. « Peut-être que si on avait travaillé ensemble, il n’aurait pas fait ces affaires-là. »

En décembre dernier, dans une longue entrevue au Devoir, Jacques Duchesneau affirmait avoir une « très grande confiance » en celui qui venait d’être nommé maire par intérim, ajoutant que « les choses [avaient] commencé à changer » depuis son arrivée au comité exécutif en 2009.

Il soutenait même avoir eu une sérieuse conversation avec lui lors du défilé de la fierté gaie en août 2012. « S’il y a une chose que je peux dire de Michael Applebaum, c’est qu’il écoute. On s’est dit les vraies affaires. Et je peux vous dire, sans dévoiler ce qu’on a discuté, qu’il a compris. Il a agi en conséquence… »

Six mois plus tard, Jacques Duchesneau précise qu’il avait alors cité des noms à son ancien candidat, un peu comme il l’avait fait avec Gérald Tremblay lors d’une rencontre en juillet 2009. « Les gens [envers qui] j’avais une certaine appréhension ne se sont pas retrouvés dans son comité exécutif », avance l’ancien policier, qui prend aujourd’hui ses distances, répétant qu’il ne peut donner une « caution morale » à tout un chacun.

13 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 18 juin 2013 05 h 47

    Mais le côté positif

    On a arrêté l'hémoragie de la corruption. Cela devrait nous coûter beaucoup moins cher. Donc on devrait économiser plus ou du moins, en avoir plus pour notre argent.

    Quand on regarde la Grèce, l'Italie, le Portugal , la France, on est beaucoup mieux placé qu'eux. On n'est pas en faillite. Eux, un de leur plus important problème: la corruption mais ils n'ont jamais voulu le regarder en face. On peut encore emprunter.

    Il y a toujours deux côtés à une médailles.

    • - Inscrit 18 juin 2013 09 h 54

      Vous avez tout à fait raison. On devrait être fiers de montrer qu'ici on fait la peau aux corrompus. Partout dans le monde ce fléau existe à des degrés divers et peu osent s'y attaquer.

      Excusez, partout dans le monde sauf au Canada anglais bien sûr !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 juin 2013 06 h 56

    Croches !

    Et les médias au tour du monde viennent de se rendre compte qu'ici, on ne tolère plus les croches !

    Personne n'est au dessus des lois, personne n'est à l'abris et vous serez poursuivit !

    Tenez-vous le pour dit !

    Je prie pour que nos procureurs et nos juges adoptent cette fièvre de «Justice» que démontre l'UPAC pour qu'enfin nous marchions la tête un peu plus haute.

    Peut-être que notre fierté «d'être» passera par là !

    M.Lafrenière, ne voyez-vous rien au provincial ? Gênez-vous pas ! Y a pas de «M» comme municipal dans «UPAC». Vous me prouverez qu'il n'y a vraiment «personne au dessus des lois !» Nous vous surveillons !

  • Vincent Bussière - Inscrit 18 juin 2013 07 h 05

    La honte!

    À titre de Montréalais, il appert que si cela continue comme c'est parti nous allons devoir nous procurer de sacs bruns et nous cacher le visage devenant ainsi en contravention avec les lois sur le port du masque! Par contre, ce crime m'apparait moins grand que les crimes commis par les même instigateurs de cette loi!

    • Georges Washington - Inscrit 18 juin 2013 09 h 23

      Vous avez honte? Pas moi, bien au contraire. Je ne suis pas responsable de la conduite du maire Applebaum et je n'ai pas à avoir honte qu'il ait été arrêté. Je n'ai jamais voté pour qu'il soit maire et si je l'avais fait cela n'aurait pas été parce que je voulais d'un maire corrompu. Alors, honte de quoi exactement? Avoir honte que nous ayons un organisme de lutte contre la corruption qui arrête les gens douteux? Je vois plutôt là une occasion d'être fiers.

  • Bernard Terreault - Abonné 18 juin 2013 07 h 51

    Pas exagérer

    Il ne faut pas exagérer le retentissement mondial de cette affaire. Savez-vous que récemment le Maire de Chicago, qui plus est grand ami d'Obama, a été semblablement arrêté et accusé d'une fraude bien plus imposante? Est-ce que ça vous empêcher de visiter Chicago ou d'y faire des affaires? Dans les dernière décennnie, le maire de Washigton a également fait scandale. Pire, il y a deux jours, le PREMIER MINISTRE conservateur de la République tchèque, la pays chouchou de l'Europe de l'Est, a aussi été accusé et contraint de démissionner .

  • Pierre Schneider - Abonné 18 juin 2013 09 h 07

    L'image en question

    Et dire que l'an dernier Mr Applebaum déplorait la mauvaise image de Montréal qu'auraient projetée les carrés rouges !
    Quand on crache en l'air.

    • Bernard Plante - Abonné 18 juin 2013 10 h 39

      Il préférait les billets verts! :))

    • Yves Gingras - Inscrit 18 juin 2013 11 h 47

      Les dangereux carrés rouges anarchistes qui ne respectaient pas la loi et l'ordre publique et qui faisaient peur à la pauvre classe moyenne sans compter les touristes qui allaient éviter Montréal. Et pendant ce temps-là, ces dirigeants invoquaient le respect de la loi.... tout en fraudant et s'en mettant les poches. Et à qui la pauvre classe moyenne faisait confiance ?Les carrés rouges ou ses dirigeants corrumpus ? Et bien en ses dirigeants corrompus ! Comme quoi la bonne classe moyenne québécoise mérite peut-être son sort !!!