Joly se lance en solo, et sans détails

Mélanie Joly a indiqué ne pas avoir pris contact avec les autres candidats à la mairie, estimant d’emblée qu’elle ne retrouve pas ses idées dans les autres plateformes.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Mélanie Joly a indiqué ne pas avoir pris contact avec les autres candidats à la mairie, estimant d’emblée qu’elle ne retrouve pas ses idées dans les autres plateformes.

Les idées, l’équipe et les détails viendront plus tard : c’est en solo et par une allocution de trois minutes que Mélanie Joly a choisi d’officialiser sa candidature à la mairie de Montréal lundi. Un départ un peu trop rapide au goût du Directeur général des élections (DGE), qui lui reproche d’avoir brûlé une étape.


En fin de journée lundi, le DGE n’avait en effet toujours pas reçu de demande d’autorisation de la part de Mélanie Joly, que ce soit pour être candidate indépendante ou pour diriger un nouveau parti. Le 24 mai, le DGE rappelait par communiqué « qu’il faut être autorisé avant de solliciter des contributions et faire des dépenses ayant pour but de favoriser une candidature ou une option politique ».

 

Parcours varié


Mme Joly a tenu sa conférence de presse de lancement au quatrième étage de la Maison-des-Marins du musée Pointe-à-Callière, avec pleine vue sur Montréal. « Si elle a payé, c’est une dépense qui doit être déclarée, indique le porte-parole du DGE, Carl Charest. Si on lui a offert le local, c’est une contribution qui doit aussi être déclarée. »


M. Charest a indiqué que Mélanie Joly « aurait dû se faire autoriser » avant de tenir sa conférence de presse. « Notre but n’est pas de lui taper sur les doigts, mais nous allons communiquer avec elle pour s’assurer de régulariser » la situation, a-t-il dit.


L’avocate et spécialiste des relations publiques était visiblement pressée de se lancer dans la course, après « deux semaines de réflexion ». Lundi matin, son lancement s’est ainsi fait sans beaucoup de détails. Son communiqué fait 330 mots et n’aborde aucun enjeu précis. La candidate n’a présenté aucun supporteur. Elle n’a pas de site Internet. Elle a indiqué qu’elle formerait un parti politique pour la durée de la campagne électorale, mais celui-ci n’a pas encore de nom - ni d’autorisation.


« Des gens vont se joindre à moi pour créer une coalition de citoyens de Montréal », a-t-elle expliqué. Mélanie Joly a promis des annonces dans les « prochains jours » et « tout au long de l’été ». Elle n’a pas voulu indiquer quelle serait l’ampleur de sa campagne ni le nombre de candidats qu’elle présenterait (il y a 103 postes à Montréal). L’ancien chef de cabinet de Gilles Duceppe, François Leblanc, dirigera la campagne de Mme Joly.


Âgée de 34 ans, Mélanie Joly fait son entrée en politique active après un parcours varié. Elle a pratiqué le droit, le journalisme et les relations publiques, tout en cofondant le groupe de réflexion Génération d’idées et en s’impliquant dans le milieu culturel (notamment au conseil d’administration du Musée d’art contemporain).


Leadership et intégrité


Cela fait-il d’elle la meilleure personne pour gérer un budget de près de cinq milliards et administrer une Ville que plusieurs qualifient d’ingouvernable ? Mélanie Joly croit que oui, forte de la conviction qu’on peut « transcender les structures » et que ses qualités de rassembleuse permettront d’éviter les écueils habituels.


« J’amène de l’intégrité, énormément de leadership et surtout une nouvelle façon de voir les choses, alors que ça fait 15 ans qu’il y a de la chicane à Montréal. On peut faire en sorte de travailler ensemble pour que le système fonctionne », dit-elle en soutenant qu’elle « n’arrive pas de nulle part ».


Elle a indiqué ne pas avoir pris contact avec les autres candidats à la mairie, estimant d’emblée qu’elle ne retrouve pas ses idées dans les autres plateformes. « Je suis là pour me présenter à la mairie et pour présenter mes idées », résume-t-elle. Sur le réseau social Twitter, ils ont été quelques-uns lundi à utiliser avec dérision le mot-clé #jaimemontreal lancé par Mme Joly.


Elle devient la quatrième candidate annoncée, après Richard Bergeron, Louise Harel et Denis Coderre.

10 commentaires
  • Robert Caissy - Inscrit 18 juin 2013 08 h 19

    Joly

    pour nettoyer Montréal,pas un autre libéral.

    • Bernard Plante - Abonné 18 juin 2013 09 h 24

      Pour un résultat sans égal, de Montréal à Laval, votons libéral!

  • Yvon Bureau - Abonné 18 juin 2013 09 h 23

    Se lancer

    Se lancer est une chose, atterrir en est une autre.

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 juin 2013 10 h 13

      Il faudrait peut-être lui laisser letemps d'attérir ? N'est-il pas normal d'avoir une stratégie, surtout devant un bulldozer comme Coderre ?

      Soyons patient !

      J'aimerais bien voir une toute nouvelle figure (forme et contenu) dirigée Montréal ! Et la jeunesse n'est surtout pas à dédaigner ! Et elle me semble intelligente et sensible, attendons de voir le contenu réel !

      J'ose espérer mieux que Coderre qu'on a trop vu, trop entendu, et surtout bavard sans substance, à mon avis !

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 18 juin 2013 11 h 04

      Mme Bolduc, je suis curieuse, vous n'auriez pas envie qu'on choisisse au moins quelque temps un marie hors du giron libéral? Mme Joly est une fidèle donatrice libérale (voir site du DGE) et moi bien, il me semble que ce parti-business-as-usual depuis des décennies, c'en est assez.

      Quelles preuves avons-nous besoin de plus après avoir vu une Commission remplie exclusivement de libéraux?

      Vous ne trouvez pas?

    • Lucas Szwarcberg - Inscrit 18 juin 2013 11 h 48

      Mme Bolduc, je comprends ce que vous voulez dire, mais j’ai l’impression que se lancer sans plateforme (encore moins que Denis Coderre) affiche un petit air d’amateurisme et d’opportunisme.

    • Claude Lachance - Inscrite 18 juin 2013 14 h 31

      LOL!!!

    • Solange Bolduc - Inscrite 18 juin 2013 14 h 58

      Une donatrice libérale ? Dois-je me baser là-dessus pour me faire une opinion même si je n'ai aucune accointance avec les libéraux , bien loin de la philosophie libérale d'antan, d'ailleurs !

      Coderre n'est-il pas libéral ? Ce n'est certainement pas pour cela que je le trouve insipide !

      Et puis, si Mme Joly n'a pas assez de personnalité et de vision pour se laisser prendre dans le piège de la partisanerie, bien elle ne mérite pas d'être mairesse de Montréal...

      On verra bien à l'usure !

  • eric durocher - Inscrit 18 juin 2013 13 h 00

    Miss Montreal

    Mélanie Joly, Miss Montréal qui nous récite le beau petit catéchisme néolibéral.
    Ça fera une parfaite politicienne old school, Les marchés seront ravis de cette rénovation d’image.

    Première journée et déjà une "erreur" de financement politique. Y a-t-il quelqu'un de surpris?

    • Franklin Bernard - Inscrit 20 juin 2013 10 h 59

      «Miss Montréal»? Oseriez-vous vous en pendre à une candidate parce qu'elle est laide? Pourquoi vous en prendre à un candidate parce qu'elle est jolie? Nous sommes au 21ème siè cle, et ce genre d'insinuation est totalement préhistorique, sans parrler du mauvais gout et de la misogynie sous-jacente.