Montréal: vers une lutte à cinq

Marcel Côté
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Marcel Côté

La course à la mairie de Montréal devrait bientôt se transformer en lutte à cinq. Marcel Côté et Mélanie Joly s’apprêtent à se lancer dans l’arène municipale et travaillent activement à sonder le terrain pour jauger leurs appuis respectifs.


Cofondateur de SECOR, Marcel Côté participait mercredi soir à un débat organisé par la radio communautaire CIBL sur l’héritage des baby-boomers. Pour l’occasion, il faisait équipe avec Denis Coderre, un candidat confirmé dans la course à la mairie, face à deux étudiants en droit de l’Université de Montréal, Dominique Noël et Frédérik Forget.


La réunion de MM. Côté et Coderre avait été planifiée dans d’autres circonstances. Lorsqu’il a été invité à participer à ce débat, Denis Coderre n’avait pas publiquement annoncé sa candidature. Quant à Marcel Côté, il prenait la place de l’ancien premier ministre Bernard Landry, qui s’est désisté il y a deux semaines et demie. Coprésident de la campagne de financement de CIBL, Marcel Côté a été sollicité pour prendre le relais. C’était avant qu’il évoque la possibilité de briguer la mairie.


À son arrivée à la station de radio, Marcel Côté a fui les journalistes pour s’engouffrer dans l’ascenseur. « Je n’ai pas terminé ma réflexion, a-t-il lancé. Je ne serai pas candidat tant que je ne serai pas candidat. »


Denis Coderre a été plus loquace, promettant de nouvelles candidatures « dans les prochains jours » pour son équipe.


Il n’a pas semblé trop inquiet de l’arrivée d’un nouvel adversaire : « Moi, j’ai fait neuf campagnes électorales. […] Moi, ma job, ce n’est pas de savoir qui se présente contre moi. Ma job, c’est de convaincre les Montréalais pour m’assurer que je puisse être leur premier magistrat. »


Mais le débat qui opposait deux générations sur l’héritage des baby-boomers a donné lieu à une multitude de gags sur la candidature de Marcel Côté. « Se présenter à la mairie, c’est très tendance ces temps-ci », a ironisé Marie-France Bazzo, qui animait le débat. Finalement, Marcel Côté et Denis Coderre ont perdu leur débat, car le public et le jury leur ont préféré leurs jeunes adversaires.

 

Joly dans la mêlée


Mélanie Joly, dont le nom circule depuis plusieurs semaines, devrait elle aussi sauter dans l’arène municipale sous peu. Avocate de 34 ans, Mélanie Joly était jusqu’à tout récemment directrice associée de la firme de relations publiques Cohn Wolfe.


Elle a confié à plusieurs sources que sa décision de briguer la mairie était prise et que l’annonce de sa candidature serait imminente. Selon les informations recueillies par Le Devoir, elle serait épaulée par François Leblanc, ancien directeur de cabinet de Gilles Duceppe, et par Marie-Claude Johnson, fille de Pierre Marc Johnson et ex-attachée politique de plusieurs ministres libéraux, dont Raymond Bachand et Monique Jérôme-Forget.


Mélanie Joly refuse de confirmer sa candidature. « C’est sûr que ma réflexion avance rapidement et qu’elle avance bien, mais je ne peux confirmer que j’y vais », a-t-elle expliqué au Devoir.


Au sujet de Marie-Claude Johnson, elle se borne à dire que c’est « une très bonne amie depuis très longtemps ». François Leblanc est aussi un « bon ami », a-t-elle ajouté.


Elle affirme toutefois que si elle se lançait dans la course, elle le ferait à titre d’indépendante. « Je ne crois pas aux partis politiques au municipal », dit-elle en soulignant qu’elle écarte toute possibilité d’alliance avec Denis Coderre, Marcel Côté ou Louise Harel.


L’arrivée de nouveaux candidats à la mairie de Montréal suscite l’intérêt des élus indépendants, notamment chez les anciens d’Union Montréal, le parti de l’ex-maire Tremblay. Le concept de « coalition » semble avoir fait son chemin et l’idée de plusieurs candidats à la mairie de renoncer aux partis politiques traditionnels constitue maintenant un attrait.


Implantée l’automne dernier, l’administration de coalition à l’Hôtel de Ville est « un succès », a confié un élu : « Je pense qu’il faut avoir un modèle différent. Les partis politiques qui ont pleins pouvoirs, je pense que c’est dépassé. »

6 commentaires
  • Paul-André Sansregret - Abonné 13 juin 2013 07 h 01

    DÉMOCRATIE CONTRACTUELLE

    Depuis 20 ans, s'élabore le concept de DÉMOCRATIE CONTRACTUELLE afin de redonner à la politique un espace...de probité, d'efficacité et de DÉMOCRATIE réelle. La candidature appréhendée de Mélanie Joly peut aisément mettre en oeuvre les élements essentiels de cette approche à être adapté au monde municipal.

    Il est vraiment temps que ce ne soit plus les partis qui "mènent" mais chacun des élus représentant Ses électeurs. Et c 'est à eux seuls qu'il est redevable.

    Paul-André Sansregret

    • Marc Donati - Abonné 13 juin 2013 16 h 10

      Les partis ont au contraire plus que jamais leur importance au municipal. Les villes sont responsables du développement économique, doivent s'occuper de l'environnement, promouvoir la culture et lutter contre la pauvreté, en plus de pourvoir au transport en commun et aux services de voirie. De gros enjeux se brassent au municipal: il s'agit d'un palier de gouvernement en soi.

      Il est naif de penser qu'en abolisant les partis politiques, on règlera d'emblée la partisanerie et le financement occulte: les candidats indépendants auront autrement plus de difficulté à financer leur campagne et seront d'autant plus soumis à la tentation d'user de sources de financement douteuses.

  • Solange Bolduc - Inscrite 13 juin 2013 09 h 46

    Marcel Côté ne m'est absolument pas sympathique !

    J'ai entendu à plusieurs reprises M. Côté au Journal de 22 heures à Radio-Canada avec la journaliste Galipeau et ses autres invités. Je n'arrivais jamais à le trouver sympathique.

    Ses arguments dans la défense de telle ou telle dossier me semblaient empreints de cette sorte d'affairiste peu préoccupé par l'élément humain, ce qui le rendait à mes yeux fort détestable ! J'ai bien essayé pourtant de lui trouver des qualités qui feraient de lui un bon maire !

    Comment peut-il espérer devenir maire, à moins d'être soutenu, "à gros renfort", par la majorité des gens d'affaires de Montréal, ou d'ailleurs ? Inquiétant !

    Mélanie Joly, plus sympathique et charismatique que tous les autres candidats, nous apporterait le sang neuf dont Montréal et ses citoyens ont tant besoin!

    Sa profession, et ses expériences dans certains domaines en font, selon moi, la candidate idéale.

    Et si elle se présente à la mairie à 34 ans, c'est qu'elle a confiance en ses capacités de leader et de gestionnaire !

    On a vraiment besoin de sang neuf et d'une telle jeunesse pour diriger Montréal. Je lui fait donc confiance !

  • - Inscrit 13 juin 2013 10 h 49

    Rien pour changer la donne !

    Je suis d'avis que la candidature de Marcel Côté n'apporterait pas grand chose de neuf à la politique municipale. L'avantage serait qu'il grugerait un peu la clientèle de Coderre

    Quant à Mélanie Joly, elle a été plus que discrète sur ses objectifs. Tout ce qu'on voit d'elle c'est qu'on l'a peu vu, ce qui, dans le contexte actuel de vacuité, peut être un atout.

    Vraiment, je pense que c'est le Père Noël Coderre qui partira avec les cadeaux ! ah!ah!ah!ah!ah!

  • Donald Bordeleau - Abonné 13 juin 2013 14 h 35

    Un petit deux $ pour Madame Joly.

    Le parcour de madame Joly est vraiment un atout pour devenir maire. Les antécédents de Coderre qui a tarvaillé pendant 2 ans pour une firme qui faisait de la double factiretion pour du travail mal fait. Ses longue nuit au chalet de Monsieur Bouley ne sont pas un gage pour la mairie.

  • Jean-Luc Proulx - Inscrit 14 juin 2013 00 h 30

    Un ticket Côté-Joly

    Une course entre Coderre, Harel et Bergeron serait un vrai désastre pour Montréal qui a besoin de revenir aux sources!!! Une île une ville était la solution pour diriger une ville comme Montréal!!! Marcel Côté n'a jamais été le candidat de l'extérieur (Montréal a trop besoin d'un candidat de l'extérieur) à lequel je pensais, mais si je ne m'abuse, sa firme a déjà pondu un rapport qui demandait la réduction du nombre d'arrondissements (créés par les libéraux pour donner un bonbon aux Anglais) et donc, par extension, de ces petits roitelets que l'on ose appeler maires d'arrondissements et qui mènent le maire de la ville par le bout du nez!!! On se rapprocherait ainsi, sans vraiment l'atteindre complètement j'en conviens, du style de gestion idéal pour Montréal, soit celui dans lequel on était à l'origine!!!

    Les arrondissements et leurs roitelets sont une grave erreur qui n'aurait jamais dû voir le jour!!!

    Mélanie Joly représente l'avenir et la jeunesse mais elle serait mieux préparée si elle attendait 2017 (et aussi pour ne pas risquer de diviser les votes)!!! En attendant, elle pourrait s'allier à Côté (qui ferait un bon maire de transition pour les quatre prochaines années vu son âge) et qui sait, peut-être devenir la présidente du Comité exécutif sous l'administration municipale de ce dernier!!! Un ticket Côté-Joly serait l'idéal pour les quatre prochaines années dans le contexte actuel!!!

    Mais pitié, envoyez les trois clowns que sont Coderre, Harel et Bergeron au chômage!!!