Élaine Ayotte quitte Vision Montréal

Élaine Ayotte ne se joindra pas à une autre équipe, mais siégera comme indépendante.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Élaine Ayotte ne se joindra pas à une autre équipe, mais siégera comme indépendante.

La conseillère Élaine Ayotte, responsable de la culture au comité exécutif de la Ville de Montréal, a décidé de quitter les rangs de Vision Montréal pour siéger comme indépendante. Il s’agit de la quatrième défection en moins d’une semaine pour le parti de Louise Harel qui ne compte plus que 11 élus au conseil municipal.

Élaine Ayotte était en réflexion depuis plusieurs mois au sujet de son avenir politique et ignore si elle sera candidate lors des élections du 3 novembre prochain. Selon elle, cette remise en question n’était pas compatible avec l’appartenance à un parti politique. Elle n’a d’ailleurs pas participé, samedi dernier, au congrès de Vision Montréal au cours duquel la chef Louise Harel a obtenu un vote de confiance de 95 % des membres de son parti.

«Je dois encore réfléchir à savoir si je poursuis en politique et si je sollicite un deuxième mandat ou non. Ma réflexion n’est pas complétée et j’avais besoin de me donner l’espace pour réfléchir, a-t-elle expliqué mardi après-midi. Quand on est en réflexion, c’est difficilement compatible, en ce qui me concerne, avec un militantisme et des prises de position de partis.»

«Mme Harel comprend que je suis en réflexion. Je l’étais l’été dernier. C’est un aboutissement qui n’est pas surprenant, je pense, ajoute-t-elle. Je le fais par respect pour Mme Harel et les autres collègues de Vision Montréal qui, eux, savent très bien où ils logent.»

Élaine Ayotte ne se joindra pas à une autre équipe, mais siégera comme indépendante jusqu’au déclenchement de la campagne électorale, a-t-elle dit. Elle entend concentrer ses énergies à ses fonctions de conseillère et de membre du comité exécutif.

Quatrième départ

Cette démission s’ajoute à celles de la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, et des conseillers Suzanne Décarie et Gilles Déziel qui ont décidé de passer dans le camp de Denis Coderre jeudi dernier.

«La dernière chose que je veux faire, c’est de porter atteinte ou faire mal à Mme Harel. C’est une dame que j’estime vraiment. C’est difficile pour moi de faire ça, mais c’est vraiment par honnêteté intellectuelle que je veux prendre mes distances pour pouvoir réfléchir. Parce que sinon, il faut aller aux réunions du caucus, être fidèle à la ligne de parti et jouer le jeu du travail qu’implique la formation politique. Ce serait difficile pour moi de faire ça.»

Quand on lui demande si elle est inquiète pour l’avenir de Vision Montréal, Élaine Ayotte hésite longuement. «C’est une formation qui peut nous surprendre encore», finit-elle par dire.

Ex-journaliste, chef d’antenne et animatrice de télévision, Élaine Ayotte a été élue en novembre 2009 dans le district de Marie-Victorin sous la bannière de Vision Montréal. À la suite de la démission de l’ex-maire Gérald Tremblay en novembre dernier, elle a été nommée responsable de la culture au comité exécutif de coalition du maire Michael Applebaum.

Son départ de Vision Montréal fait en sorte que le parti de Louise Harel compte désormais 11 élus au conseil municipal, contre 10 pour Projet Montréal et 42 indépendants.
4 commentaires
  • Pierre Samuel - Inscrit 4 juin 2013 16 h 19

    Qu'attend la minorité «d'affiliés»?

    Les «indépendants» sont d'ailleurs en train de démontrer que les «affiliés» ne sont absolument pas nécessaire pour administrer ne serait-ce que convenablement une ville comme Montréal.

    Si Louise Harel ni Richard Bergeron ne sont pas en mesure malgré leur désastreuse expérience passée de fusionner leurs troupes, il est difficile de concevoir comment une bande d'arrivistes se joignant au fin renard Denis Coderre réussiront éventuellement à présenter aux Montréalais une autre façon d'agir que ce que nous connaissons déjà trop...

    • Marc Donati - Abonné 4 juin 2013 17 h 08

      @Pierre Samuel
      ''Les «indépendants» sont d'ailleurs en train de démontrer que les «affiliés» ne sont absolument pas nécessaire pour administrer ne serait-ce que convenablement une ville comme Montréal.''
      Je rectifie. Union Montréal a prouvé qu'elle ne pouvait pas administrer convenablement Montréal. Les 2 autres partis n'ont pas (encore) gouverné.


      ''Si Louise Harel ni Richard Bergeron ne sont pas en mesure malgré leur désastreuse expérience passée de fusionner leurs troupes (...)''
      De quelle désastreuse expérience passée parlez-vous exactement?

    • Pierre Samuel - Inscrit 5 juin 2013 09 h 26

      Notamment du résultat des dernières élections, alors que Harel et Bergeron forts de leur ego et de leur présumée «opposition irréconciliable» (?!?) ont alors permis à l'ineffable Gérald Tremblay et sa bande de comparses de poursuivre leur escroquerie envers les Montréalais.

      Fussent-ils unis à cette occasion, ils auraient empêché cette bande de fraudeurs de poursuivre leurs méfaits.

      Croyez-vous, sérieusement, que Harel qui continue de perdre des élus et qui n'a aucune chance de succès dans l'ouest de l'île ou encore que «l'illuminé» Bergeron puissent, chacun de leur côté, remporter la prochaine élection? Un brin de réalisme, cher ami...

  • Bernard Gervais - Inscrit 4 juin 2013 20 h 08

    Argument plutôt mince

    Aux infos de 18h à la télé de Radio-Canada, Mme Ayotte a louangé Mme Harel (Chantal Rouleau a fait pareil après avoir rejoint Coderre !) et déclaré qu'elle avait décidé de siéger désormais comme indépendante car elle ne savait pas encore si elle allait se présenter de nouveau aux prochaines élections municipales...

    L'argument me semble un peu mince pour justifier une telle décision !