Sombre avenir pour Vision Montréal

Louise Harel
Photo: - Le Devoir Louise Harel

Vision Montréal, le parti dirigé par Louise Harel, traverse des moments difficiles. Peu rassurés quant aux chances de leur parti de l’emporter le 3 novembre prochain, plusieurs élus de Vision Montréal réfléchissent à leur avenir au sein de la formation politique et songent à quitter le navire.

Les dernières réunions du caucus ont donné lieu à de vives discussions sur le positionnement du parti, en marge de l’entrée en scène de Denis Coderre. Selon les informations obtenues par Le Devoir, des défections pourraient survenir au cours des prochaines semaines, ou même des prochains mois. Dans les coulisses, on indique que les insatisfaits hésitent à faire le saut par respect pour leur chef. Certains élus pourraient passer dans le camp de Projet Montréal ou de Denis Coderre, ou siéger comme indépendants.


Le caucus se réunit à nouveau vendredi matin, notamment pour préparer la séance du conseil municipal de lundi prochain, mais il sera vraisemblablement question des perspectives d’avenir en prévision des élections. La dernière rencontre, qui a eu lieu quelques heures après l’annonce de la candidature de Denis Coderre à la mairie de Montréal jeudi dernier, a été une occasion de discuter des différentes options qui se présentent aux élus.


À cinq mois des élections, Louise Harel est troisième dans les intentions de vote, avec à peine 15 % d’appuis, selon un coup de sonde de CROP publié la semaine dernière dans La Presse. Certains élus s’impatientent et souhaitent des « changements » rapidement, car ils estiment que le climat d’incertitude entourant le parti plombe leur campagne électorale. Selon eux, les chances de Louise Harel d’être élue le 3 novembre prochain sont limitées. « Louise Harel a beaucoup de qualités, mais auprès de la population, elle ne passe pas », ont confié en substance plusieurs sources selon qui il ne faut pas prolonger l’incertitude indûment.

 

Un parti endetté


Mme Harel a déjà laissé entendre qu’elle était prête à laisser sa place à la tête du parti. Cette éventualité avait été discutée en 2011 au sein du caucus de Vision Montréal, selon plusieurs témoignages recueillis par Le Devoir. Louise Harel a donc pris par surprise les membres de son équipe en annonçant sa candidature à la mairie lors d’un point de presse en marge du congrès du parti, qui s’est tenu le 16 octobre 2011.


Depuis des mois, le parti cherche un numéro deux solide, idéalement susceptible d’attirer le vote anglophone, une clientèle qui boude cette formation politique associée aux souverainistes. Dans l’optique d’un tandem, il n’aurait pas exclu que Mme Harel assume le rôle de bras droit. Mais qui pourrait s’intéresser à prendre une formation politique aux prises avec une dette de 555 000 $ ? se demande-t-on. Si ce n’était pas suffisant, Vision Montréal est dans la mire du Directeur général des élections (DGE), qui s’intéresse au règne de Benoit Labonté.


Au cours des dernières semaines, des approches auraient été faites auprès de candidats susceptibles de se joindre à l’équipe. L’entourage de Mme Harel a ainsi sondé les intentions de Lise Bissonnette, ancienne directrice du Devoir, dont la possible candidature à la mairie de Montréal a fait l’objet de spéculations récemment. Comme Mme Bissonnette a fermé la porte à toute possibilité de se lancer en politique municipale ou de briguer la mairie de Montréal, ces démarches ont vite été abandonnées.

 

Vote de confiance


D’autres élus sont plus patients et sont disposés à attendre une solution. Qui sait ? La campagne électorale est encore jeune et des candidatures intéressantes pourraient se pointer et provoquer la relance du parti, disent-ils.


Les membres de Vision Montréal auront d’ailleurs l’occasion de se prononcer sur leur chef lors d’un vote de confiance qui sera tenu le 1er juin prochain lors du congrès de Vision Montréal.


Louise Harel écarte du revers de la main les informations selon lesquelles des élus s’apprêteraient à quitter le parti. « Ces rumeurs viennent des adversaires, dit-elle. Ces rumeurs-là ne se concrétisent pas et circulent depuis des semaines. Il faut toujours penser à qui la rumeur rapporte. »


Invitée à commenter le sondage CROP publié la semaine dernière dans La Presse qui la plaçait troisième dans les intentions de vote (alors qu’elle était deuxième derrière la candidature hypothétique de Denis Coderre en octobre 2012), elle réplique : « La vraie nouvelle de ce sondage, c’est la satisfaction des Montréalais à l’égard de la coalition et l’émergence de Michael Applebaum dans le paysage montréalais comme étant très appuyé par la population. »


Vision Montréal aura-t-il 103 candidats lors des élections de novembre ? Louise Harel hésite : « Je pense, mais je le dis bien honnêtement, je ne sais pas si c’est opportun de dire oui maintenant ou non parce que ce dont j’ai la certitude, c’est que tout est volatile et tout peut changer. »


Dans l’entourage de Louise Harel, on soutient que le parti est uni et bien en selle. Au cours des dernières semaines, Vision Montréal a même réussi à attirer des militants du camp de Projet Montréal dans Mercier -Hochelaga-Maisonneuve, Verdun et le Plateau Mont-Royal.


La campagne est jeune et ne débutera réellement qu’à la fin de mois d’août, souligne-t-on, en précisant que les assemblées d’investiture ne s’amorceront qu’après le congrès du parti du 1er juin.

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