Les punaises prospèrent toujours

Selon la Ville de Montréal, le nombre de ménages infestés par les punaises de lit est demeuré stable au cours des trois dernières années. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre, affirment les entrepreneurs en gestion parasitaire, qui observent plutôt une hausse alarmante des infestations de punaises à Montréal.


Deux ans après avoir lancé un plan d’action pour lutter contre les punaises de lit en collaboration avec la Direction de santé publique (DSP), la Ville estime avoir pu ralentir la progression de ces parasites. Le sondage qu’elle mène chaque année auprès de 1000 répondants indique que 2,2 % des ménages de l’île, soit 18 700 ménages, ont été aux prises avec des punaises en 2012, contre 2,8 % l’année précédente.


De son côté, le registre qui compile les interventions des gestionnaires de parasites révèle que 12 783 logements sur le territoire de la ville de Montréal ont fait l’objet d’une extermination. « La situation est stable. Elle n’a pas pris plus d’ampleur depuis les cinq dernières années, contrairement à d’autres grandes agglomérations nord-américaines, mais le travail n’est pas terminé », a expliqué mardi le responsable de l’habitation au comité exécutif, Benoit Dorais, qui a rappelé l’importance pour les Montréalais de redoubler de prudence avec l’approche de la saison des déménagements.

 

Hors de contrôle?


Ces propos rassurants ne concordent pas avec la réalité, estime Pierre St-Louis, président de l’Association québécoise de la gestion parasitaire. Depuis 2002, les interventions dans les domiciles augmentent de façon exponentielle chaque année, constate-t-il. « Les punaises représentent maintenant 50 % de nos interventions. […] Les gens achètent de plus en plus de produits pour faire le travail eux-mêmes », dit-il, attribuant cette situation au refus des propriétaires de s’occuper du problème ou de la honte de certains locataires à signaler le problème.


Selon lui, le nerf de la guerre, c’est l’information du grand public. Pour livrer bataille à la punaise de lit, Québec devra faire une campagne panquébécoise d’information avec panneaux publicitaires et publicité dans les médias, dit-il : « C’est utopique de penser qu’on a le contrôle. On n’a pas le contrôle en ce moment. »


Les données de la Ville ne tiennent pas compte des commerces et des institutions comme les hôpitaux, les CHSLD, les bibliothèques et les refuges pour itinérants, des endroits où les infestations sont importantes, souligne pour sa part Harold Leavey, propriétaire de Maheu Extermination. Lui aussi croit qu’une campagne d’information d’envergure est incontournable.


Les déménagements sont particulièrement propices à la propagation des punaises de lit. Harold Leavey relate que lors d’une tournée dans huit arrondissements effectuée l’an dernier dans le cadre d’un tournage, il a inspecté des matelas abandonnés sur le trottoir : « Sur 15 matelas, il y en avait 14 dans lesquels on a trouvé des punaises. Dans le cas de trois ou quatre d’entre eux, des gens étaient en train de les ramasser pour les apporter chez eux. »

1 commentaire
  • Franklin Bernard - Inscrit 15 mai 2013 15 h 10

    Montréal? Lutter contre les punaises?

    Une ville qui est infichue d'entretenir son réseau urbain, ni son métro, qui laisse pourrir ses chaussées, qui ouvre des chantiers sans queue ni tête sans aucun souci pour la circulation, qui laisse s'accumuler la crasse et les sacs à ordures éventrés, et qui semble n'avoir pour priorité que le superflu, comme la bouffe de rue, ne risque pas de lutter contre les infestations de punaises de si tôt.