Commission Charbonneau - Chevrette devra patienter

Gilles Cloutier est ressorti diminué de son contre-interrogatoire à la commission Charbonneau, ses versions contradictoires sur un pot-de-vin destiné à Guy Chevrette pesant sur sa crédibilité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gilles Cloutier est ressorti diminué de son contre-interrogatoire à la commission Charbonneau, ses versions contradictoires sur un pot-de-vin destiné à Guy Chevrette pesant sur sa crédibilité.

L’ex-ministre péquiste Guy Chevrette devra patienter avant de rétablir sa crédibilité à la commission Charbonneau.


La juge France Charbonneau a résisté aux appels pressants de l’avocat de M. Chevrette, Éric Vallières, pour devancer le témoignage de l’ancien ministre des Transports. La commission ne peut pas délibérer sur les requêtes en même temps qu’elle siège, a-t-elle expliqué. « On ne peut pas agir sous pression », a-t-elle lancé.


M. Chevrette demande le statut de participant et une audition hâtive à la commission afin de rétablir sa réputation et d’attaquer la crédibilité, jugée « très faible », de Gilles Cloutier. Le faire attendre serait « inapproprié » et « inhumain », a fait valoir Me Vallières.


La juge Charbonneau a pris ses requêtes en délibéré, en indiquant qu’elle n’allait pas déroger au plan de match de la commission. À compter de mercredi, elle abordera les stratagèmes de corruption et de collusion à Laval, avec le témoignage de l’ancien directeur général, Gaétan Turbide.

 

Cloutier diminué


Gilles Cloutier est ressorti diminué de son contre-interrogatoire aux mains de l’avocate du Parti québécois (PQ), Estelle Tremblay. Ses versions contradictoires sur un pot-de-vin de 100 000 $ destiné à M. Chevrette pèsent sur sa crédibilité.


Dans une entrevue à la journaliste Marie-Maude Denis, l’an dernier, M. Cloutier a déclaré qu’il avait remis 25 000 $ à Gilles Beaulieu, un ami de M. Chevrette, pour influencer l’octroi d’un contrat à Roche, pour la réfection de la route 125, à Sainte-Julienne.


Le pot-de-vin devait accélérer le versement d’une subvention à la municipalité de Sainte-Julienne, explique-t-il dans le reportage. « La route de Saint-Donat, c’est un autre dossier », précise-t-il dans le topo.


Dans son témoignage à la commission Charbonneau, M. Cloutier a dit qu’il avait versé une première tranche de 25 000 $ pour le prolongement de la 125… à Saint-Donat. Il n’a pas parlé de Sainte-Julienne.


Selon M. Cloutier, le pot-de-vin lui a permis d’avoir accès à M. Chevrette, qui était alors ministre des Transports. Celui-ci aurait par la suite retiré la gestion du projet à la municipalité, pour la confier à la MRC de la Matawinie. Roche a été en mesure d’influencer la composition et la décision du comité de sélection, et d’obtenir le contrat de Saint-Donat.


Confronté mardi au reportage de Radio-Canada, M. Cloutier s’en est pris à Marie-Maude Denis. « C’est elle qui s’est trompée hier. Elle a tout mélangé », fulmine-t-il.


Me Tremblay a talonné l’ex-organisateur politique. « Je vous suggère, M. Cloutier, que vous ne faites que des inventions », a-t-elle suggéré.


« Je n’ai pas menti », a-t-il riposté d’un ton sec. Selon Gilles Cloutier, il y a eu des magouilles avec Gilles Beaulieu dans deux dossiers distincts. Il lui a bel et bien versé une avance de 25 000 $, sur un pot-de-vin de 100 000 $, pour le dossier de Saint-Donat. Une autre affaire de pot-de-vin de 25 000 $ a été discutée entre M. Cloutier et M. Beaulieu, concernant la portion de la 125 à Sainte-Julienne. La transaction illicite entre les deux hommes n’a pas été finalisée.


Il aura fallu une question simple du commissaire Renaud Lachance pour permettre à Gilles Cloutier de s’extirper du bourbier dans lequel il s’enfonçait avec Estelle Tremblay.


L’avocate a réussi à le faire sortir de ses gonds en suggérant qu’il avait gardé les 25 000 $ pour lui, à l’insu de son employeur au moment des faits, la firme de génie-conseil Roche. « Ben voyons donc, vous ! Vous avez pas le droit de dire ça, s’est-il exclamé. C’est faux. J’ai jamais pris 25 000 $. »


M. Cloutier a enfin corroboré une manchette du Journal de Montréal, en confirmant qu’il avait échangé sa résidence avec celle du Hells Angels Denis Houle, sous la menace d’une arme, en 2000. Il a fait un profit de 105 000 $ dans cette transaction, qui a peu à voir avec le mandat de la commission.

4 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 15 mai 2013 01 h 27

    J'espère qu'il va patienter

    Ce n'est tout de même pas le bon Dieu. Imaginez que si Chevrette est entendu immédiatement et qu'un autre témoin incrimine encore Chevrette, va-t-il demander à revenir devant la commission? Enfin, la commission n'a pas à se plier à tout le monde. Elle est indépendante.

    Quand à Cloutier, tout le monde qui connait un peu les tribunaux sait que c'est difficile un contre-interrogatoire. À la défense de Cloutier, il commence à être âgé, il est malade, il prend des médicaments et il a fait une tonne de magouilles. Donc, est-il mélangé dans le nom des routes, normal. Ce n'est pas parce que l'avocate, qui essaie délibérément de mélanger Cloutier, que tout le témoignage de Cloutier est faux. C'est son jeu à elle mais on n'est pas obligé d'embarquer. Il en a raconté pas mal aux enquêteurs. Qu'il ait fait faillite, frauduleuse ou pas, cela ne devrait rien déranger dans son témoignage.

  • Jacques Dumont - Inscrit 15 mai 2013 07 h 09

    Patience

    je me rappelle du témoignage de Dumont et son contre intérogatoire, le lendemain on ne lui donnaient pas trop de crédibilitée par la suite beaucoup de faits se sont confirmer.
    Dans le cas de Cloutier cela pourrait se répeter parce que j'habite Lanaudière et depuis longtemps des rumeurs trainent derrière Chevrette

  • Pierre Schneider - Abonné 15 mai 2013 09 h 52

    Deux poids, deux mesures ?

    Comment se fait-il qu'on ne donne pas la chance à Guy Chevrette de s'expliquer
    publiquement alors qu'on l'a fait pour André Morrow, conjoint de liza Frulla et publicitaire d'Union Montréal ?
    Est-ce qu'on peut m'expliquer la différence ?

    Sinon, que Chevrette ne laisse pas faire et qu'il convoque une conférence de presse pour donner sa version et étaler "ses preuves".

    La population jugera qui, de Gilles Cloutier ou de Guy Chevrette est le plus crédible.

  • Marc Bergeron - Inscrit 16 mai 2013 23 h 35

    Aucun élus si vous remarquez M Pierre

    Sauf M. Tremblay bien des mois après Autant madame Courchenes Normandeau, Beauchamp et compagnie n'ont pas eut la chance de venir. Ce système bien des politiciens le connaissaient et entretenue alors quand vient le temps de connaitre la vérité on commence à chialer quand c'est notre parti. Soyons mieux que nos politiciens et donnons la chance ``a la comission de faire son travail. Le plus grand risque est que les avocats des partis politique fasse avorté cette commission. On doit se tenir pour une fois pas le choix car bientôt nous serons les esclaves de tout ce système. SI Cloutier à perdu sa crédibilité remarquer qu'à mes yeux Madame Estelle Tramblay en a perdu aussi. Questionner aussi longtemps sur le chalet louer et l'endroit où il cachait son argent dans la maison etc m'a fait perdre toute crédibilité car une fois mentionner elle nous a fait perdre notre temps. La population ne sont pas assez niaiseux pour ne pas comprendre que ces délateurs n'ont pas les mains propres. Elle semble chercher à tout faire foiré pour protéger son client c'est-à-dire nos bons partis politique témoins de ces scandales sans dire mot et faire campagne souvent avec cette argent sale. Quand la mafia aura tout contròler comme en Palerne il est presque trop tard. Pensons-y