Brutalité policière: QS demande plus de transparence

Québec solidaire veut sensibiliser les parlementaires à l’urgence d’établir un bureau d’enquête indépendant lors d’événements violents où des policiers sont impliqués.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Québec solidaire veut sensibiliser les parlementaires à l’urgence d’établir un bureau d’enquête indépendant lors d’événements violents où des policiers sont impliqués.

Québec solidaire prête main-forte à Didier Berry, qui aurait été victime de brutalité policière, le 24 octobre dernier, à la sortie d’un bar du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Depuis quelques mois, Didier Berry réclame au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) la vidéo de la caméra de surveillance qui aurait capté la scène de la présumée agression. Or, le SPVM refuse de lui remettre la vidéo pour des « raisons légales ».


« Nous demandons au chef de police, Marc Parent, de respecter sa parole et de faire preuve de transparence », a lancé Amir Khadir, le député de Québec solidaire, qui a expliqué en conférence de presse que son parti avait rencontré le directeur du SPVM, en novembre dernier, pour discuter des relations avec les policiers. Il a raconté que lors de cette rencontre, le directeur du SPVM, Marc Parent, s’était montré ouvert et avait promis plus de transparence.

 

Engagement


Québec solidaire considère maintenant que le cas de Didier Berry démontre que le SPVM ne « respecte pas ses engagements et qu’il existe une culture interne qui rend difficile aux policiers d’incriminer leurs collègues ou qui tolère et couvre certains comportements ».


Le SPVM se défend en disant que la cause de Didier Berry se trouve désormais en cour municipale. « Nous avons déposé des accusations le 20 mars dernier contre Didier Berry, mais elles n’ont pas encore été autorisées, alors le processus suit son cours », a mentionné le commandant Vincent Richer au service des communications.


« Didier Berry a aussi fait une demande d’accès à l’information pour obtenir la vidéo, mais notre chef du contentieux a rejeté sa demande pour des raisons légales. Une demande de révision a également été déposée, mais nous attendons sa réponse », a ajouté M. Richer.

 

Mise en demeure


Didier Berry a, quant à lui, déposé une mise en demeure à la Chambre civile de la Cour du Québec, mais il n’a pas encore porté plainte devant le Comité de déontologie de la police de Montréal. Selon ce qu’il raconte, Didier Berry aurait été agressé par des policiers de Montréal alors qu’il voulait filmer avec son téléphone cellulaire une scène policière à la sortie d’un bar en octobre dernier. Alors qu’il était avec des amis, des policiers leur auraient demandé de se disperser, mais la situation a dégénéré.


L’homme de 34 ans aurait été violemment jeté à terre au point de perdre connaissance, en plus de subir un traumatisme crânien, une fracture du nez et des contusions. Une caméra de surveillance dans le secteur a capté cette scène et c’est cette vidéo qui est tant réclamée.


Plus de six mois après l’incident, Québec solidaire vient à la rescousse de Didier Berry pour sensibiliser, par le fait même, les parlementaires à l’urgence d’établir un bureau d’enquête indépendant lors d’événements où des policiers sont impliqués. « Le projet de loi 12 est à l’étude à l’Assemblée nationale pour créer ce bureau, et le cas de Didier Berry démontre à quel point il est important d’avoir des enquêteurs indépendants qui ne sont pas issus des corps policiers et qui sont des civils », mentionne le député Amir Khadir.

4 commentaires
  • Alexandre Kampouris - Abonné 27 avril 2013 08 h 30

    "Raisons légales" ???

    Lesquelles? Le refus de divulgation est-il réllement motivé, ou est-ce là le seul "motif" invoqué? On ne peut le déduire du texte.

  • Pierre Germain - Inscrit 27 avril 2013 08 h 35

    Cet article suggère fortement que le SPVM obéit à ses propres lois, qui ne sont pas celles qui ont été démocratiquement votées. Il soulève aussi un questionnement légitime quant à la mentalité de certains de ses policiers. Finalement, il démontre l'urgence d'établir une fois pour toute le bureau d'enquête indépendant.

    • Richard Laroche - Inscrit 27 avril 2013 14 h 33

      Il serait important que l'enquête soit publique.

      Autrement, il faudrait penser à créer un bureau d'enquête indépendant qui puisse attester de la légitimité de l'indépendance du bureau d'enquête indépendant qui doit attester de la légitimité de la police...

  • Franklin Bernard - Inscrit 27 avril 2013 12 h 51

    Et la loi, elle?

    Si la vidéo n'est pas divulgué «pour des raisons légales», selon les dires du SPVM, c'est donc qu'elle constitue un élément de preuve dans une cause «qui se trouve désormais en cour municipale», dans laquelle des chefs d'accusation ont été portés contre monsieur Berry. En conséquence, l'avocat du prévenu a le droit d'en réclamer une copie. Si le SPVM la lui refuse, il contrevient à la loi. Nous sommes d'accord que ce ne serait pas la première fois que la police se conduit en véritable délinquante, mais là, ce serait un peut trop évident.