Ville de Montréal - Nids-de-poule: le contrat d’asphalte est octroyé

Le maire Michael Applebaum a dû défendre sa décision de recourir à un sondage Internet.
Photo: - Le Devoir Le maire Michael Applebaum a dû défendre sa décision de recourir à un sondage Internet.

Après des semaines de tergiversations, les élus montréalais ont finalement entériné à l’unanimité l’octroi d’un contrat d’approvisionnement d’asphalte de 5,2 millions de dollars, et ce, malgré les doutes qui planent sur la probité de certains des fournisseurs. Le maire Michael Applebaum demande maintenant au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, que le litigieux dossier soit soumis à l’examen de l’Autorité des marchés financiers.

Le conseil a pris cette décision même si un sondage Internet, lancé le 22 mars dernier, a révélé que 60 % des 5200 répondants montréalais étaient opposés à l’octroi de ce contrat. « Ce contrat pue au nez de tout le monde, mais c’est un mal nécessaire », a commenté la mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, quelques minutes avant le vote vendredi après-midi.


Le 18 mars dernier, lorsque le dossier avait été soumis une première fois au conseil municipal, l’opposition l’avait renvoyé au comité exécutif. De nombreux élus étaient mal à l’aise avec l’idée d’accorder un contrat à des entreprises dont le nom a été cité devant la commission Charbonneau. C’est le cas notamment de Louisbourg SBC, d’Usine d’asphalte Montréal-Nord (liées à l’entrepreneur Tony Accurso) et de Construction DJL.


Le dilemme


Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, avait suggéré que les arrondissements contournent ce problème en accordant des contrats de gré à gré de 25 000 $ à des entreprises de leur choix. Mais ils auraient vite manqué d’asphalte et n’auraient pu répéter l’opération, puisque cela correspond à un fractionnement de contrats illégal.


De son côté, la chef de l’opposition, Louise Harel, avait lancé l’idée de doter Montréal de sa propre usine de production d’asphalte.


Finalement, les 58 élus présents ont voté en faveur du contrat en invoquant des raisons de sécurité. Rappelons que sans cette entente-cadre, la Ville n’aurait pas été en mesure de colmater les nids-de-poule ou de procéder à des travaux d’asphaltage à compter du 15 avril prochain.


Quelques minutes après le vote, le maire Applebaum a fait parvenir une lettre au ministre Gaudreault lui demandant qu’un décret soit adopté afin que l’AMF puisse vérifier la probité des entreprises. Le cabinet du ministre a confirmé avoir reçu la lettre, mais n’a pas voulu commenter le dossier.


Le maire Applebaum a dû défendre sa décision de recourir à un sondage Internet. Selon lui, cette stratégie a permis d’attirer l’attention de la population sur le dilemme auquel étaient confrontés les élus. Que les Montréalais soient opposés à l’octroi du contrat pourrait inciter Québec à agir, selon lui.


Le nouveau d.g. confirmé


Comme prévu, la nomination de Robert Lamontagne au poste de directeur général a été confirmée. Employé de la Ville depuis 10 ans, M. Lamontagne prend le relais de Guy Hébert, qui a quitté ses fonctions dans la controverse le 18 mars dernier.


Responsable des finances, M. Lamontagne a piloté le dossier de la réforme du financement des arrondissements, une délicate tâche qui lui a valu l’estime des élus.


Conscient des défis qui l’attendent et de la relative précarité de son poste - depuis 2001, neuf personnes ont occupé la fonction de d.g. à Montréal -, M. Lamontagne a paru plutôt serein.


Si jamais la prochaine administration élue en novembre décidait de le remplacer, M. Lamontagne pourrait choisir de retourner à ses fonctions aux finances ou de quitter la Ville avec un an de salaire.

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