50 millions pour rénover l’édifice Lucien-Saulnier

Situé au 155 de la rue Notre-Dame Est, dans le Vieux-Montréal, l’ancien palais de justice a été construit entre 1851 et 1857. Depuis 1974, la Ville de Montréal est propriétaire de l’immeuble, qui abrite son Service des finances. Environ 500 employés y travaillent.
Photo: François Pesant - Le Devoir Situé au 155 de la rue Notre-Dame Est, dans le Vieux-Montréal, l’ancien palais de justice a été construit entre 1851 et 1857. Depuis 1974, la Ville de Montréal est propriétaire de l’immeuble, qui abrite son Service des finances. Environ 500 employés y travaillent.

Estimant à 50 millions de dollars le coût des travaux requis pour rénover et mettre aux normes l’édifice Lucien-Saulnier, la Ville de Montréal songe à l’offrir en location ou même à le vendre, a appris Le Devoir. Plusieurs scénarios seront bientôt soumis au comité exécutif, qui devra se prononcer sur l’avenir de cet immeuble patrimonial adjacent à l’hôtel de ville.

Situé au 155 de la rue Notre-Dame Est, dans le Vieux-Montréal, l’ancien palais de justice a été construit entre 1851 et 1857 par le gouvernement du Canada-Uni selon les plans des architectes John Ostell et Henri-Maurice Perrault. Dans les années 1890, des étages et un dôme ont été ajoutés. Depuis 1974, la Ville de Montréal est propriétaire de l’immeuble, qui abrite son Service des finances. Environ 500 employés y travaillent.


Or l’immeuble classé historique a besoin d’importantes rénovations. À la suite d’un audit, la Ville a évalué que des travaux d’environ 50 millions seraient requis si elle désirait conserver la vocation administrative de l’édifice. « Il n’y a aucun plan de fait, nous sommes à évaluer les stratégies possibles, a indiqué Patricia Lowe, relationniste à la Ville. Plusieurs options sont actuellement en analyse et seront présentées au comité exécutif pour orientation sous peu. »


La Ville n’écarterait pas l’idée de louer une partie ou la totalité de l’immeuble, voire de le vendre. « A priori, l’intention n’est pas de vendre l’édifice à des promoteurs immobiliers », assure Mme Lowe.


Lors de la séance du comité exécutif du 13 mars dernier, le maire Michael Applebaum avait signalé que la Ville examinait l’état et l’utilisation de l’ensemble de ses immeubles et qu’elle se questionnait sur la pertinence de procéder à la rénovation de l’édifice Lucien-Saulnier. « Est-ce que ça répond vraiment aux besoins du Services des finances ? […] Est-ce que ça vaut la peine d’investir de 40 à 50 millions en rénovations ? », avait-il demandé en évoquant la possibilité d’un partenariat avec le gouvernement du Québec pour effectuer les investissements nécessaires.


Depuis 2007, la Ville mène un audit en continu des quelque 1500 bâtiments qu’elle possède. Chaque année, elle consacre environ 90 millions pour la protection de ses immeubles dont l’âge moyen est de 48 ans.


En 2005, la Ville avait vendu la gare Viger à des promoteurs immobiliers, estimant à 13 millions les travaux de rénovation et de mise aux normes requis.


Les deux cas ne peuvent être comparés, soutient Patricia Lowe, qui précise que l’évaluation liée à la gare Viger remonte à 10 ans et que, depuis ce temps, les coûts de construction ont subi une hausse importante. « Par ailleurs, l’édifice Lucien-Saulnier est classé bâtiment patrimonial, autant pour l’intérieur que l’extérieur, ce qui n’est pas le cas pour la gare Viger. Dans ces circonstances, la mise aux normes du bâtiment coûterait nécessairement plus cher », ajoute-t-elle.

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