Requête pour empêcher Montréal de céder le Planétarium à l’ETS

L’ancien Planétarium pourrait échapper à l’École de technologie supérieure (ETS). Furieux d’avoir vu son offre d’achat refusée, le p.-d.g. de l’Académie culinaire, François Martel, a déposé une requête en Cour supérieure afin de tenter d’empêcher la Ville de Montréal de céder gratuitement le bâtiment à l’ETS.

M. Martel estime que la Ville avait déjà en tête de donner le bâtiment à l’établissement d’enseignement lorsqu’elle a lancé un appel d’offres au printemps 2012. Le prix de vente avait alors été fixé à un minimum de 1,8 million. Seule soumissionnaire, l’Académie culinaire avait offert d’acheter l’immeuble pour 1,85 million. La Ville avait par la suite rejeté sa proposition, prétextant qu’elle était non conforme.

 

Décision arbitraire ?


François Martel soutient que la Ville a rejeté « illégalement » et « arbitrairement » sa proposition et qu’elle a invoqué des « motifs farfelus et grotesques », tels que l’absence d’une photocopie de passeport, pour justifier sa décision. Dans les faits, la Ville était déjà en discussion avec l’ETS, qui souhaitait devenir propriétaire de l’immeuble sans verser un sou, souligne M. Martel dans sa requête. Le 14 mars dernier, la Ville annonçait qu’elle cédait gratuitement l’immeuble à l’ETS.


« Je n’accepte pas qu’ils soient passés par un appel d’offres alors qu’ils avaient déjà organisé leur affaire. Ils avaient juste à donner l’immeuble à l’ETS », a indiqué M. Martel au Devoir. Selon lui, plusieurs témoignages confirment que l’ETS était en pourparlers actifs avec la Ville alors que le processus d’appel d’offres était en cours.


Même s’il dit avoir perdu temps et argent dans cette affaire, M. Martel ne réclame pas de dommages-intérêts. Il souhaite plutôt empêcher le transfert de propriété de l’immeuble à l’ETS et faire déclarer valide par le tribunal la proposition d’achat qu’il a soumise. « Poursuivre en dommages et intérêts, ça ne m’intéresse pas. Mon objectif, c’est de faire le projet », explique-t-il.


Rappelons que l’Académie culinaire voulait acquérir l’immeuble pour y aménager un studio de production vidéo, une bibliothèque culinaire ainsi que des salles de formation. Elle s’était aussi engagée à conserver l’architecture extérieure du bâtiment construit dans les années 60, et qui n’est pas classé bien patrimonial.

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