Mairie de Montréal - Harel promet une campagne sobre

Louise Harel entend cette fois limiter ses dépenses de campagne à 750 000 $.
Photo: - Le Devoir Louise Harel entend cette fois limiter ses dépenses de campagne à 750 000 $.

Son parti a beau être aux prises avec une dette de 575 000 $, Louise Harel entend tout de même briguer la mairie de Montréal lors du scrutin du 3 novembre prochain. La chef de Vision Montréal a lancé mercredi matin sa campagne électorale, écorchant au passage un de ses adversaires potentiels, Denis Coderre.

Louise Harel a choisi de donner le coup d’envoi à sa campagne au moment où les rapports financiers des partis politiques pour l’année 2012 étaient rendus publics.


En conférence de presse, la chef de l’opposition a d’entrée de jeu minimisé la situation financière précaire de son parti. « En décembre 2009, nous étions à 1,6 million de dollars d’emprunt, a-t-elle indiqué. Nous sommes à exactement 575 000 $ aujourd’hui. […] C’est donc plus d’un million que nous avons pu rembourser par une gestion serrée. »


Louise Harel se dit en mesure de se lancer en campagne malgré ce boulet. « C’est un peu comme une hypothèque : ça ne vous empêche pas de pouvoir continuer à opérer et à fonctionner », a-t-elle expliqué.


Son parti entend toutefois limiter son budget de campagne à 750 000 $, alors que lors des élections de 2009, sa formation avait dépensé 1,4 million. Comme le projet de loi 26 prévoit un remboursement des dépenses admissibles de 60 %, Mme Harel estime qu’il est « plausible et raisonnable » pour son parti d’aller chercher des contributions totalisant 300 000 $.


Parmi les thèmes qu’elle compte aborder pendant la campagne, la chef de Vision Montréal a évoqué la nomination d’un commissaire à l’éthique et la réduction du nombre d’élus.


Coderre


Questionnée sur la possible candidature du député de Bourassa, Denis Coderre, à la mairie de Montréal, Louise Harel a eu ces commentaires : « Quand je pense à Denis Coderre, je me dis toujours qu’il faut avoir plus d’ambition pour sa ville que d’ambition pour soi-même. Je ne comprends pas comment, depuis un an, je n’ai jamais entendu Denis Coderre parler de ce qui se passe à Montréal. Ce silence-là m’apparaît de l’indifférence. »


Denis Coderre n’a toujours pas annoncé sa candidature à la mairie. Il n’a pas rappelé Le Devoir, préférant s’exprimer sur le réseau Twitter en début de soirée : « Plutôt que de m’attaquer personnellement, Mme Harel devrait se concentrer sur le paiement des dettes de 575 000 $ de son parti… », a-t-il écrit à ses fidèles. Au sujet de ses intentions, il a précisé : « J’ai toujours dit [qu’il n’y aurait] pas d’annonce avant le congrès au leadership de mon parti. En attendant, j’ai un travail à faire comme député. »


Pour l’instant, le seul autre aspirant déclaré à la mairie est le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.


Rapports financiers


Si Vision Montréal traîne une lourde dette, ce n’est pas le cas des deux autres formations politiques à l’Hôtel de Ville. Les rapports financiers de 2012 rendus publics mercredi révèlent que le parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, Union Montréal, a terminé l’année avec un surplus de 464 893 $, alors que Projet Montréal a enregistré en excédent de 185 236 $.


Union Montréal fait toutefois l’objet de nombreuses allégations de financement illégal qui ont conduit plusieurs élus à quitter cette formation au cours des derniers mois. Récemment, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a d’ailleurs fait savoir qu’il exigera le remboursement de toutes les contributions illicites versées aux partis politiques, incluant Union Montréal et Vision Montréal.

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Bilans contrastés pour l’exercice 2012

Union Montréal 
Solde: + 464 893 $ 
Dons reçus: 96 245 $ 
Adhésions: 7715 $

Vision Montréal   
Solde: - 575 000 $
Dons reçus: 111 110 $
Adhésions: 1845 $

Projet Montréal
Solde: + 185 236 $
Dons reçus: 118 991 $
Adhésions: 12 250 $

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