Montréal - Des autos en libre-service d’ici la fin 2013

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	Le service de voitures en libre-service est implanté ailleurs dans le monde, dont à Paris.</div>
Photo: Sophie Robichon / Mairie de Paris
Le service de voitures en libre-service est implanté ailleurs dans le monde, dont à Paris.

Des voitures en libre-service pourraient faire leur apparition dans les rues de Montréal d’ici la fin de 2013. Ce système d’autopartage, implanté ailleurs dans le monde, fait déjà craindre à l’industrie du taxi une baisse de sa clientèle.


La Ville de Montréal tiendra une consultation au cours des mois de mai et de juin pour tâter le pouls des Montréalais à ce sujet.


Contrairement au service d’autopartage de Communauto, les voitures en libre-service ne requièrent pas de réservation préalable et l’usager n’est pas tenu de ramener le véhicule à l’endroit où il l’a pris.


« La Ville s’intéresse à ce système parce que ça correspond à des valeurs de développement durable. Ça retarde la possession d’un véhicule auto, a souligné le responsable des transports au comité exécutif, Réal Ménard. Mais la Ville ne veut pas devenir opérateur d’un système de véhicules en libre-service. »


Deux entreprises ont déjà exprimé leur intérêt pour offrir ce service dans la métropole, soit Communauto, fondée à Québec en 1994, et Car2go, une filiale du constructeur automobile allemand Daimler qui offre déjà le service à Calgary, à Vancouver et à Toronto. D’autres entreprises pourraient se manifester, suggère Réal Ménard, qui n’écarte pas la possibilité d’une cohabitation de plusieurs opérateurs sur le territoire.


Le service pourrait être disponible d’ici la fin de l’année, croit M. Ménard, qui estime à 300 le nombre de véhicules requis pour Montréal.

 

Réticences


D’ici là, la Ville veut déterminer les règles du jeu. À compter du mois de mai, Réal Ménard consultera les maires d’arrondissement de même que les partenaires de la Ville, tels que Stationnement de Montréal et l’industrie du taxi. « L’industrie du taxi a besoin d’être rassurée. Elle dit que ça va enlever des courses à ses chauffeurs. Elle est déjà dans une situation de fragilité », convient M. Ménard.


Montréal devra notamment déterminer s’il est approprié de délivrer des « vignettes universelles » qui permettraient aux utilisateurs du service de garer les voitures dans un espace de stationnement tarifé. Elle devra aussi se prononcer sur la pertinence d’obliger les entreprises à se doter d’une flotte de véhicules électriques dans un horizon plus lointain.


L’industrie du taxi est loin d’être rassurée. L’arrivée imminente de ce service est perçue comme une menace supplémentaire s’apparentant au Bixi et au circuit d’autobus 747 qui assure depuis 2010 la liaison entre le centre-ville et l’aéroport Montréal-Trudeau.


« On nous dit que ce service s’adresse à une clientèle différente de la nôtre, mais je crois que ça va affecter une partie de notre clientèle, soutient Laval Bilodeau, président du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal.


S’il ne dispose pas de données précises à ce sujet, M. Bilodeau demeure convaincu que les vélos en libre-service ont nui aux affaires.


Réal Ménard a suggéré que les utilisateurs fréquents des voitures en libre-service puissent bénéficier de rabais pour le taxi. « Ça serait peut-être bon, mais les lois actuelles ne le permettent pas car les tarifs sont réglementés », rétorque Laval Bilodeau.


L’entreprise Communauto songe à implanter un projet-pilote dès cet été, a indiqué Marco Viviani, directeur du développement chez Communauto. Le tarif pourrait s’élever à 0,35 $ la minute suggère-t-il. De son côté, Car2go souligne qu’il est prématuré de préciser le nombre de véhicules qui pourraient être disponibles car cela dépendra du territoire desservi.