Rapport de l'Office de consultation publique de Montréal - Griffintown devient trop cher pour les familles

L’ancien quartier industriel est pris d’assaut par les promoteurs immobiliers.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’ancien quartier industriel est pris d’assaut par les promoteurs immobiliers.

Le prix des terrains du quartier Griffintown nuit à l’installation des familles dans l’ancien quartier industriel, pris d’assaut par les promoteurs immobiliers depuis le milieu des années 2000.


C’est l’un des constats de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui a publié mardi le rapport issu des consultations sur le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de Griffintown tenues l’automne dernier. « Il faut s’assurer que l’offre de logement et les prix n’excluent pas d’office les familles de la classe moyenne », avertit Louise Roy, présidente de l’OCPM.


Même si l’Office souligne que l’arrondissement du Sud-Ouest respecte bien la Stratégie d’inclusion de logements abordables de la Ville, l’organisme relève qu’il faudra entre autres donner la priorité à la construction de logements abordables au sein même du quartier pour faire passer la vision promue dans la première version du PPU - à laquelle il « souscrit pleinement » - du papier à la réalité.


La Stratégie force les promoteurs à inclure 15 % de logements abordables et 15 % de logements sociaux et communautaires. Or, le promoteur a aussi le choix de verser les dollars équivalents dans un fonds centralisé à la Ville. « Quand les promoteurs négocient leurs projets auprès des instances municipales, il y a toutes sortes de critères qui entrent en jeu, explique Louise Roy. Conservation du patrimoine, intégration d’espaces verts ; ils proposent d’intégrer des éléments qui peuvent être extrêmement intéressants, mais qui, à cause des prix des terrains, les poussent à dire : je vous offre tout ça, mais pour que mon projet soit rentable, les logements abordables devront être construits en dehors de la zone. »
 

Logements sociaux


Pour Véronique Fournier, porte-parole du parti Vision Montréal en matière d’urbanisme, il faudra aussi que les programmes qui financent les logements sociaux et communautaires « tiennent compte des coûts réels de la construction dans les quartiers centraux de Montréal » et qu’ils ajustent leurs plafonds.


Le prix des terrains pourrait également compliquer la construction d’une école et d’une clinique dans le quartier qui sera à terme l’un des plus densément peuplés de Montréal. « Si on veut avoir une école, ça va prendre un terrain. La CSDM ne construit pas à moins que la Ville lui donne le terrain. Et dans Griffintown, c’est inabordable ! », rappelle Louise Roy. Des participants aux consultations ont proposé la construction d’un bâtiment regroupant divers services sociaux pour pallier le problème, ce qui demanderait la concertation de divers ministères.


« C’est dans la mise en oeuvre que ça va se jouer. Il y a des approches et des propositions dans le PPU et il va falloir s’assurer qu’il n’y aura pas de dérogations systématiques », résume Louise Roy.


Bien que l’Office de consultation publique de Montréal adhère à la vision du PPU de Griffintown concernant la mixité et l’innovation, il a de « réelles inquiétudes sur la capacité d’atteindre la vision proposée ».