Plateau-Mont-Royal - Ferrandez au secours des commerces «de coin»

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	Le maire Luc Ferrandez</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
Le maire Luc Ferrandez

Le dépanneur du coin est-il une espèce en voie de disparition dans les quartiers centraux de Montréal ? L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal croit que oui. Il vient d’adopter un règlement qui protégera la vocation commerciale des intersections.

La pression immobilière menace la survie des petits commerces installés aux coins de rue, a constaté l’arrondissement du Plateau. Au cours de la dernière année, une dizaine d’établissements, dépanneurs, salons de coiffure ou librairies ont dû fermer leurs portes pour être transformés en logements. « En ce moment, le marché immobilier fait en sorte qu’il est beaucoup plus intéressant [pour un propriétaire] de mettre du résidentiel que de conserver un petit commerce, souligne le maire Luc Ferrandez. Il reste 98 commerces de coin de rue et ils vont être protégés. »


Le nouveau règlement, qui entrera en vigueur la semaine prochaine, protégera non seulement les commerces existants, mais il précisera aussi les règles d’intégration - en matière d’architecture et de verdissement - des nouvelles constructions situées aux intersections. Dans certains secteurs, les commerces au coin des rues deviendront obligatoires.


Villeray aussi


Un autre règlement a aussi été adopté. Celui-là s’attardera à la « continuité commerciale » sur des rues à vocation mixte comme Roy, Rachel et Duluth. « Il ne sera plus possible de démolir un bâtiment avec des commerces pour y construire du résidentiel en milieu de lot », explique M. Ferrandez.


Le phénomène n’est pas unique au Plateau-Mont-Royal. Villeray l’a observé aussi. Récemment, l’arrondissement a été alerté au sujet de deux commerces qui, malgré leur bonne santé financière, ont dû fermer leurs portes après que le propriétaire eut décidé de convertir l’immeuble en habitation, relate la mairesse de Villeray -Saint-Michel -Parc-Extension, Anie Samson. « C’est sûr qu’il y a une tendance, note-t-elle. L’arrondissement compte imposer un moratoire sur toute transformation de commerces en habitations dans un secteur ciblé, celui de Villeray. Une annonce sera probablement faite à ce sujet au conseil d’arrondissement la semaine prochaine. »


S’ils font partie du paysage urbain, les dépanneurs de quartier vivent des moments difficiles, convient Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec : « Ce n’est pas évident de rentabiliser des petits commerces aujourd’hui, compte tenu de la concurrence des grandes chaînes et de la hausse des frais d’exploitation. »