Montréal nomme en toute hâte un nouveau d.g. intérimaire

« Est-ce qu’on est dans une situation difficile, est-ce qu’on est dans une crise? La réponse est oui », a avoué le maire Applebaum.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir « Est-ce qu’on est dans une situation difficile, est-ce qu’on est dans une crise? La réponse est oui », a avoué le maire Applebaum.

Évoquant pour la première fois une « crise » à l’Hôtel de Ville de Montréal, le maire Michael Applebaum a confirmé mercredi la nomination en toute hâte d’un directeur intérimaire pour remplacer Guy Hébert, forcé de démissionner lundi.


Robert Lamontagne, directeur du service des finances, a accepté d’occuper temporairement le siège de directeur général après le désistement de Jean Yves Hinse, directeur du capital humain et des communications de la Ville. Celui-ci a décliné l’offre d’assurer l’intérim devant la levée de boucliers des partis de l’opposition, qui dénonçaient sa proximité avec M. Hébert, poussé vers la sortie par le maire Applebaum.


Cette fois, la nomination de Robert Lamontagne a fait l’unanimité au comité exécutif, formé d’élus des trois partis à l’Hôtel de Ville. Ce vétéran de la fonction publique montréalaise occupera le siège de directeur général d’ici à la nomination en bonne et due forme d’un nouveau directeur intérimaire, qui restera en poste jusqu’aux élections du 3 novembre prochain, a indiqué le maire Applebaum.


Un comité de sélection, composé du maire et d’élus membres du comité exécutif, a été formé pour choisir rapidement le directeur intérimaire, qui devra provenir de la bureaucratie municipale. Le choix du comité devra être approuvé par le conseil municipal.


Robert Lamontagne, décrit en des termes élogieux par les représentants de tous les partis, mercredi, pourra se porter candidat, a souligné Michael Applebaum.


Une semaine mouvementée


« Est-ce qu’on est dans une situation difficile, est-ce qu’on est dans une crise ? La réponse est oui », a dit le maire Applebaum, au cours d’un point de presse à l’Hôtel de Ville.


Cet aveu du maire survient dans une semaine mouvementée à Montréal, ponctuée par le départ forcé de Guy Hébert, après 32 ans de service à la Ville. Le directeur général a dû quitter ses fonctions, lundi, après avoir été contredit publiquement par le cabinet du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron. M. Hébert avait bel et bien demandé à Québec de remplacer Marc Parent à la tête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a tranché le ministre.


À titre d’employé de la Ville, Guy Hébert a droit à une indemnité de départ dont le montant reste à établir, selon M. Applebaum. « Guy Hébert […] n’a rien fait d’illégal. Je ne peux pas lui enlever son poste », a dit Michael Applebaum.


Les chefs des trois partis municipaux ont accueilli avec soulagement l’entrée en scène de Robert Lamontagne, après deux jours de tempête à l’Hôtel de Ville. « C’est un choix de coalition », a réagi Louise Harel, chef de Vision Montréal.


Mme Harel et Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, ont renoncé à promouvoir la candidature de Rachel Laperrière, ex-cadre à la Ville, nommée sous-ministre à la culture. Mme Laperrière a fait savoir à plusieurs sources qu’elle n’est pas intéressée par la direction générale de la Ville. « Avec tout ce qu’on vient de voir, qui, de l’extérieur, voudrait être directeur général pour les sept prochains mois ? », a lancé le chef de Projet Montréal.


Les membres de l’exécutif disent être convaincus que des candidats de « grande valeur » se manifesteront parmi les 28 000 employés et plus de 1000 cadres de la Ville de Montréal.

1 commentaire
  • Michel Camus - Abonné 21 mars 2013 16 h 57

    250 000 $ pour féliciter un démissionnaire apparemment en défaut...

    Lorsqu'un cadre démissionne avant la fin de son mandat ou de la tâche qu'il a accepté d'accomplir, pourquoi lui donner une prime de départ?
    C'est scandaleux. On ne fait qu'encourager les gens à ne pas compléter leur travail et à démissionner lorsque la situation devient difficile. On les récompense pour de pas avoir achevé leur travail et leurs tâches. C'est illogique, coûteux et contreproductif. Je trouve même que c'est immoral, contre l'éthique du fonctionnariat.
    250 000 $ pour un haut-fonctionnaire qui part dans la tourmente ... On le récompense pour quoi ?! pour sa démission ? pour ce qui a causé sa démission ? pour le travail non accompli 2 ans à peine après sa nomination ? Pour quoi ?!!