Le d.g. de Montréal Guy Hébert démissionne

En conférence de presse, le maire Applebaum a déclaré que même si M. Hébert avait le droit de s'entretenir avec un sous-ministre du gouvernement provincial, «il est allé trop loin dans ses questionnements sur Marc Parent».
Photo: - Le Devoir En conférence de presse, le maire Applebaum a déclaré que même si M. Hébert avait le droit de s'entretenir avec un sous-ministre du gouvernement provincial, «il est allé trop loin dans ses questionnements sur Marc Parent».
En conférence de presse, M. Applebaum a déclaré que même si M. Hébert avait le droit de s'entretenir avec un sous-ministre du gouvernement provincial, «il est allé trop loin dans ses questionnements sur Marc Parent». Selon le maire, son départ était «inévitable». «S'il restait, le climat à l'Hôtel de Ville serait devenu insupportable», a-t-il ajouté.

Jean-Yves Hinse, qui occupait le poste de directeur du capital humain à la Ville, sera le nouveau directeur général.

Cette nouvelle survient quelques heures après que ce dernier ait été contredit par Québec quant à son rapport avec le chef de la police de Montréal, Marc Parent. Le cabinet du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a confirmé lundi après-midi que M. Hébert avait demandé la démission de M. Parent. Quelques heures plus tôt, M. Hébert avait nié ce fait.

«M. Hébert a effectivement demandé le remplacement de M. Parent au sous-ministre Martin Prud'homme, qui a transmis la demande au ministre. Celui-ci a dit non», a indiqué au Devoir l'attaché de presse du ministre Bergeron, Jacqueline Aubé.

La demande aurait été faite lors d'une conversation téléphonique entre M. Hébert et le sous-ministre il y a quelques semaines, a-t-elle ajouté.

Hébert niait

Pourtant, quelques heures auparavant, Guy Hébert avait nié avoir demandé la tête du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville, M. Hébert a tout au plus admis s'être informé au sujet des modalités du contrat de Marc Parent. Il aurait consulté le contentieux et le service des ressources humaines quant aux conditions d'embauche et de congédiement des employés dont il a la responsabilité. C'est dans ce contexte qu'il aurait posé des questions sur le contrat particulier de Marc Parent, a-t-il affirmé. Mais jamais, n'a-t-il réclamé de Québec le pouvoir de limoger Marc Parent, a-t-il insisté.

«Je ne peux pas appeler le conseil des ministres et réclamer le pouvoir de congédier le chef de police. C'est pas comme ça que ça se passe. Il faudrait que je monte un dossier avec des preuves suffisamment grandes pour mériter une suspension, une rétrogradation ou un congédiement, a-t-il expliqué. Actuellement, le dossier de M. Parent est vierge. Je n'ai rien. Et si j'avais quelque chose, je serais obligé d'en parler au maire, au président du comité exécutif, au président de la commission de la sécurité publique.»

M. Hébert avait plutôt montré du doigt le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, qui aurait, dit-il, orchestré toute cette affaire et propagé des «rumeurs» à son sujet. Rappelons que le président de la Fraternité des policiers est en conflit ouvert avec l'administration municipale au sujet de l'horaire de travail des policiers.

La chef de l'opposition, Louise Harel, réclamé la démission de Guy Hébert. «C'est totalement inacceptable. C'est de l'ingérence, et en plus, il a menti. C'est nécessairement qu'à ce moment-ci, M. Hébert démissionne, a-t-elle indiqué. On n'aura plus jamais confiance en sa parole»

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