Les policiers demandent la démission du directeur général de la ville de Montréal

Le directeur général de la ville de Montréal, Guy Hébert (au centre sur la photo) est en conflit avec le chef de police.
Photo: -Le Devoir Le directeur général de la ville de Montréal, Guy Hébert (au centre sur la photo) est en conflit avec le chef de police.
«La police doit toujours être indépendante du pouvoir politique, a dit le président de la Fraternité, Yves Francoeur. De toute évidence, dans les circonstances, Guy Hébert n’est plus apte à occuper son poste.»

M. Francoeur réagissait à la publication d’un article de La Presse faisant état d’une vendetta de M. Hébert à l’égard du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent. Le directeur général a cherché à congédier M. Parent après avoir eu vent d’une enquête à son sujet sur l’octroi d’un contrat litigieux à la firme Cassidian Communications, pour des services de communications opérationnelles de la police. Ses plans ont été contrecarrés par le ministère de la Sécurité publique.


Le Devoir a rapporté aussi dans les derniers jours que M. Hébert s’ingérait dans les activités du SPVM pour suivre pas à pas les opérations de circulation routière. Des rapports hebdomadaires lui sont acheminés sur le nombre de contraventions émises et les montants perçus par les policiers, identifiés par leurs matricules.


M. Hébert est aussi intervenu pour court-circuiter les négociations entre la Fraternité et la direction du SPVM pour mettre un terme au projet pilote d’horaire sur trois jours et demi.


Selon Yves Francoeur, l’abandon de l’horaire est «une magouille pour monter les policiers contre le directeur Parent pour que ce soit eux qui obtiennent sa démission. Faire de la politique au détriment de la qualité de vie des policiers, c’est dégueulasse», estime-t-il.


M. Francoeur a demandé aux élus, en particulier à l’opposition, de congédier M. Hébert sans délai.


Avant même le début de la conférence de presse de la Fraternité, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a fait savoir par communiqué qu’il ne se mêlerait pas «des luttes de pouvoir entre hauts fonctionnaires». Vision Montréal doit réagir plus tard aujourd’hui.


Les maires des villes de banlieue jugent par ailleurs «cavalière» l’attitude de Guy Hébert.


Philippe Roy, maire de Mont-Royal, a appris dans les journaux que le directeur général a voulu congédier Marc Parent. Or, la décision d’embaucher ou de remercier un chef de police revient au conseil d’agglomération.


Le conseil n’a jamais été mis dans le coup des intentions de M. Hébert. «S’il y a un débat ou une initiative, elle devrait venir du conseil d’agglomération, pas du directeur de général», a dit M. Roy, qui parle au nom des 15 maires de banlieue dans ce dossier.


«La décision d’embaucher ou de congédier un chef de police est une décision politique. Ce n’est pas une décision administrative. Ce n’est pas au directeur général de poser ce geste-là», a ajouté M. Roy.


Marc Parent est très apprécié des maires de banlieue pour son éthique et son leadership. «Il a toujours notre confiance», affirme M. Roy.

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