Montréal donne l’ancien Planétarium à l’École de technologie supérieure

Le Planétarium est vacant depuis octobre 2011.
Photo: - Le Devoir Le Planétarium est vacant depuis octobre 2011.

La Ville de Montréal fera don de l’ancien Planétarium à l’École de technologie supérieure (ETS), qui s’est engagée à investir 5 millions de dollars dans la rénovation de l’immeuble. Cette décision a mis en furie le p.-d.g. de l’Académie culinaire, François Martel, qui a l’intention d’intenter une poursuite contre la Ville. M. Martel, dont la proposition d’achat avait été rejetée l’an dernier, estime avoir été floué dans cette affaire.


La Ville a fait valoir que la décision entérinée par le comité exécutif mercredi assurera la pérennité de l’immeuble tout en consolidant le Quartier de l’innovation. Vacant depuis octobre 2011, l’ancien Planétarium, dont la valeur marchande est évaluée à 1,8 million de dollars, sera cédé à titre gratuit à l’ETS, qui promet de consacrer un minimum de 5 millions d’ici trois ans pour le rénover. L’institution entend aménager les lieux pour un « Hub de créativité », un projet élaboré en collaboration avec HEC Montréal et l’Université McGill.


Arrangé d’avance?


Pour François Martel, il est clair que la Ville avait déjà en tête de céder le Planétarium à l’ETS avant même de lancer l’appel de propositions au printemps 2012.


« C’est de la bullshit. La Ville avait déjà élaboré ce scénario-là avant d’aller en appel d’offres. J’en ai la preuve. C’est une perte de temps incroyable pour moi, a-t-il déploré. Ils n’avaient pas affaire à aller en appel d’offres en sachant très bien qu’ils étaient pour le donner d’une manière ou d’une autre à l’ETS. »


M. Martel relate que peu de temps avant de déposer son offre à la Ville, il s’était fait dire par une connaissance que l’ETS s’attendait à obtenir le bâtiment gratuitement. « J’ai quand même déposé mon offre, en me disant que ça ne se pouvait pas. » Selon lui, la suite des événements a confirmé ses soupçons.


La Ville n’a reçu qu’une seule offre, celle de l’Académie culinaire qui proposait d’acheter l’immeuble pour 1,85 million afin d’y créer un centre de production multimédia. Mais la Ville a rejeté le projet, estimant que plusieurs éléments étaient manquants, dont la description détaillée du projet et son échéancier.


Les discussions se sont tout de même poursuivies entre la Direction des stratégies et transactions immobilières (DSTI) de la Ville et le soumissionnaire. La Ville soutient qu’en marge de l’appel d’offres, elle a été approchée par l’ETS. Des deux projets sur la table, le comité exécutif a choisi celui de l’ETS.


La Ville nie totalement


L’attaché de presse du maire Michael Applebaum, Jonathan Abecassis, a rejeté les allégations de François Martel selon lesquelles la cession du bâtiment à l’ETS était convenue avant l’appel d’offres. « C’est complètement faux. On comprend qu’il est déçu de ne pas avoir eu le projet, mais sa soumission était non conforme, a-t-il expliqué. La proposition de l’ETS était tout simplement meilleure. »


Mais François Martel n’en démord pas et entend intenter une poursuite contre la Ville. « On ne peut pas laisser aller des affaires comme ça », a-t-il dit.


Rappelons que la commission Charbonneau a ouvert une enquête sur certaines transactions immobilières réalisées par la DSTI, un service de la Ville dirigé par Michel Nadeau, révélait récemment La Presse. Plusieurs transactions sont sous la loupe des enquêteurs, dont la vente des terrains du secteur Marc-Aurèle-Fortin, acquis par la Ville pour 7,7 millions, puis revendus pour 1,5 million au consortium Petra Saint-Luc.


L’ETS devra préserver la structure actuelle du Planétarium construit dans les années 70 et rétrocéder l’immeuble à la Ville si celui-ci n’est plus requis pour des fins d’enseignement.

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