Montréal - Feu vert aux usines de compostage à Saint-Michel et à Saint-Laurent

Le conseil municipal a donné le feu vert aux projets d’usines de compostage à Saint-Michel et à Saint-Laurent mardi soir, malgré la vive opposition de plusieurs élus montréalais inquiets des nuisances que devront subir les citoyens des quartiers environnants.

Le dossier a été adopté dans une proportion de 47 voix contre 4 peu avant 21 h après de longs débats. La mairesse de Villeray -Saint-Michel -Parc-Extension, Anie Samson, était furieuse. « On promet aux citoyens un mégabeau centre ultra-moderne, avec un toit vert et une cheminée dotée de jeux d’éclairage, a-t-elle ironisé. Mais ce que veulent les citoyens, c’est un parc. »


Depuis deux jours, les discussions sont particulièrement intenses au conseil municipal à ce sujet, certains élus déplorant qu’après avoir enduré pendant 30 ans la présence d’un dépotoir dans leur quartier, les résidants de Saint-Michel se voient imposer une usine de compostage.


« Il n’y aura jamais un site où tout sera parfait », a reconnu le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui s’est prononcé pour les projets.


Rappelons que d’ici 2016, quatre centres de compostage seront construits sur le territoire de l’agglomération pour traiter les matières putrescibles.


Les odeurs


Plus tôt dans la journée, lors d’une séance plénière, le directeur du Service de l’environnement de la Ville, Roger Lachance, a tenté de calmer les inquiétudes concernant les nuisances.


Pour éviter les problèmes d’odeurs, la technologie sera choisie en fonction des types de résidus à traiter. Ainsi, le centre de compostage du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) traitera uniquement le précompost et des résidus verts - dans des bâtiments fermés -, et non les résidus de table. Ceux-ci seront plutôt acheminés à l’usine de biométhanisation de Montréal-Est, a-t-il précisé.


Les inquiétudes persistent, car l’usine de Saint-Michel n’est pas assujettie aux mêmes règles que les autres concernant la gestion des odeurs, cette infrastructure étant considérée comme « existante ». Elle pourra donc être construite à moins de 500 mètres des résidences, mais devra respecter le critère d’une « unité d’odeur », a dit M. Lachance. À titre de comparaison, une personne parfumée correspond à de 20 à 50 unités d’odeur, la coupe de gazon, 250 unités, et un BBQ, 2500 unités, a-t-on appris.


En matière de gouvernance, la Ville pourrait opter pour un mode de partenariat public-privé (PPP), mais elle demeurera propriétaire des infrastructures, a rappelé M. Lachance.


Le dossier sera à nouveau discuté le mois prochain puisque le conseil municipal devra donner son aval à un règlement d’emprunt de 170 millions de dollars.


 
1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 février 2013 07 h 19

    Vert

    Du compost à 170 millions de beaux dollars. C'est t'y assez vert à votre goût ! Imaginez maintenant le prix des futures tomates !

    Elle est bonne celle-là une « unité d’odeur », a t'on calculé l'unité d'odeur de ceux qui ne se lavent pas ? LOL à pu finir !