Conseil municipal de Montréal - Des usines de compostage en PPP?

Montréal pourrait opter pour un partenariat public-privé (PPP) dans le dossier des usines de compostage qui seront construites sur le territoire de l’île de Montréal. Les élus montréalais doivent donner, mardi, le feu vert à la construction des centres de compostage de Saint-Laurent et de Saint-Michel, mais la question divise profondément le conseil municipal.

Le choix de Saint-Michel comme site de compostage est loin de faire l’unanimité. Après les élus de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, dont la mairesse Anie Samson, c’était au tour, lundi, de la conseillère indépendante dans Ahuntsic-Cartierville, Jocelyn Ann Campbell, de dénoncer l’empressement de l’administration à aller de l’avant.


« L’administration met la charrue avant les boeufs », a-t-elle fait valoir. Le problème, selon elle, c’est que la Ville demande aux élus de donner leur aval aux projets de Saint-Laurent et de Saint-Michel alors qu’elle n’a même pas déterminé les modèles de gestion qu’elle préconisera. Dans son récent rapport sur le projet de Saint-Laurent, l’Office de consultation publique de Montréal a recommandé que les usines fassent l’objet d’une « gouvernance transparente qui associe les citoyens, en amont, dès le début », a rappelé Mme Campbell.


La Ville confiera-t-elle la construction et la gestion des usines au secteur privé ou à ses employés ? Plusieurs scénarios sont envisagés pour les cinq usines réparties sur quatre sites, et les solutions pourraient différer d’un projet à l’autre. « Il y a des avantages et des inconvénients pour chacun, reconnaît la responsable du dossier au comité exécutif, Josée Duplessis. On a des cols bleus qui travaillent au Complexe environnemental Saint-Michel. Ils pourraient opérer le centre de traitement du compostage à Saint-Michel. »


Inquiétudes


Selon des études commandées par la Ville, il pourrait être plus avantageux de faire appel au secteur privé pour la gestion des autres usines. En mars, une commission du conseil se penchera sur le dossier. « Les élus auront toute l’information pour prendre la meilleure décision possible. Ce choix n’est pas arrêté », a indiqué Mme Duplessis.


Quel que soit le scénario choisi, la Ville devra demeurer propriétaire des infrastructures si elle veut profiter des subventions de 135 millions promises par les gouvernements fédéral et provincial.


Les citoyens de Saint-Michel, eux, s’inquiètent davantage des nuisances liées à la présence d’une usine de compostage dans leur quartier : odeurs, circulation de camions et bruit. Ils ont d’ailleurs été nombreux, lundi soir, à exprimer leur mécontentement lors de la séance du conseil municipal.


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Statut bilingue : Montréal donne son appui à Pierrefonds-Roxboro

La Ville de Montréal appuiera l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro qui souhaite conserver son statut bilingue, lequel est menacé par le projet de loi 14 modifiant la Charte de la langue française.

Le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand, comptait déposer une motion pour demander le soutien de la Ville dans ce dossier lors de la séance du conseil municipal de lundi, mais le président du comité exécutif, Laurent Blanchard, lui a fait savoir que la Ville partageait sa position. Marvin Rotrand a accueilli avec satisfaction la décision de l’administration du maire Michael Applebaum. 

Rappelons que l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a déjà demandé le statu quo pour les municipalités et arrondissements ayant un statut bilingue et que la semaine dernière, la Ville de Longueuil s’est prononcée en faveur du maintien du statut bilingue de l’arrondissement de Greenfield Park.

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