Horaire des policiers: épreuve de force entre la Fraternité et Applebaum

Le président de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal, Yves Francoeur, a assuré qu'il n'avait jamais menacé le maire Applebaum, envers qui il a eu des mots très durs en conférence de presse.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le président de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal, Yves Francoeur, a assuré qu'il n'avait jamais menacé le maire Applebaum, envers qui il a eu des mots très durs en conférence de presse.

Michael Applebaum y est allé d'une frappe préventive, vendredi, en rendant public un courriel dans lequel l'adjoint au président du syndicat des policiers de Montréal le menace à mots couverts de salir sa réputation s'il ne revient pas sur sa décision de mettre fin à la semaine de travail de trois jours de ses membres.

Le maire de Montréal a remis aux médias convoqués à l'hôtel de ville un message envoyé jeudi à son directeur des communications par le directeur des communications du leader syndical de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal (FPPM), Yves Francoeur.

Invoquant la forte mobilisation de ses membres, le FPPM y demande au maire de s'impliquer personnellement dans le dossier, sans quoi «c'est pas les fonctionnaires qui vont avoir le trouble de nous avoir sur le dos, c'est le maire».

Yves Francoeur aurait aussi, lors d'une conversation téléphonique d'une durée d'environ 15 minutes, vendredi matin, demandé au maire de renverser sa décision d'ici le début de la soirée sur la non-prolongation du projet pilote. «Il m'a donné un ultimatum pour 18 h (vendredi), sinon il allait m'attaquer personnellement comme maire de Montréal», a soutenu M. Applebaum.

«Déplorable»

Le maire a vu en ces actions des tentatives de porter atteinte à sa réputation et à son intégrité. Sans dévoiler la teneur précise des menaces qui pourraient être proférées à son endroit, il a néanmoins affirmé qu'il n'avait pas l'intention de jouer à ce petit jeu.

«Jamais, jamais, dans ma vie, je ne vais céder à des menaces, et je trouve déplorable qu'un policier menace ouvertement le maire de la métropole du Québec», a martelé le premier magistrat de la ville en conférence de presse.

Il a en outre plaidé qu'Yves Francoeur «était capable» de campagnes de salissage, lui qui avait notamment demandé en octobre dernier la tête de Gérald Tremblay à la suite des révélations à la Commission Charbonneau.

La Fraternité se défend


Le président de la FPPM, Yves Francoeur, a assuré de son côté qu'il n'avait jamais menacé le maire, envers qui il a eu des mots très durs en conférence de presse.

M. Applebaum, qui a été interrogé par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en début de semaine, aurait ainsi voulu faire diversion, de l'avis de M. Francoeur.

Et si «dire que la marde va pogner» chez des syndiqués insatisfaits constitue une menace pour le maire Applebaum, celui-ci a la «peau mince», a pesté le leader syndical.

«Je parle régulièrement à des ministres, des sous-ministres et des premiers ministres, et je ne me suis jamais fait faire ce coup-là», a lancé M. Francoeur au sujet de la sortie médiatique du maire.

Horaire des policiers


La question de l'horaire de travail des policiers est au coeur du litige qui oppose l'administration Applebaum au syndicat. La FPPM demande de prolonger d'un an un projet pilote grâce auquel les policiers jouissent d'un horaire de travail de trois jours par semaine et qui doit prendre fin le 20 mars.

Or, le projet ne tient pas la route — 30 des 33 commandants du SPVM sont de cet avis —, selon Michael Applebaum, qui a malgré tout appelé à la poursuite des négociations «autour d'une table».
17 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 22 février 2013 13 h 27

    N'y aurait-il pas moyen d'exercer plus respectueusement le métier de policier?

    Ce qui veut dire que les policiers, en plus de faire vivre la répression lors des manifestations, se laissent aller à faire des menaces à peine voilée auprès de ceux censés nous représentés.

    Je suppose que le syndicat s'attendait d'avoir leur récompense, pour avoir fait leur job de bras sur le dos des manifestants.

    • Louka Paradis - Inscrit 22 février 2013 15 h 52

      Un grand frère, plein d'expérience et de sagesse m'a dit un jour : «Tu sais, il y a toujours 3 versions lors d'un affrontement : celle de A, celle de B et la vraie version. Je serais aussi porté à le croire. Donc, pas de jugements hâtifs, ce serait plus sage.
      Louka Paradis, Gatineau

    • Jacques Morissette - Inscrit 23 février 2013 09 h 17

      Bien dit monsieur Paradis, votre grand frère disait vrai. Au fond, ce n'est jamais un affrontement qui fait problème. C'est souvent la façon subjective de le voir et de le régler, par les partis concernés. J'espère que Jean Charest, et certains de ses acolytes serviteurs, qui qualifiaient unilatéralement les étudiants de violents, vous auront lu.

  • Frédéric Jeanbart - Inscrit 22 février 2013 13 h 41

    Doute raisonnable

    « (...) sans toutefois dévoiler la teneur précise des menaces qui pourraient être proférées à son endroit »
    Pourquoi veut-il garder cela secret? Il me semble que ce serait un argument convaincant... Là le maire nous demande en utilisant les médias seulement de le croire. Il affirme sans rien vouloir dévoiler, et ce n'est donc pas très crédible.

    Étant donnée l'histoire récente de ce parti, et sa manière d'exercer ce pouvoir que le citoyens leur donnent en toute confiance, j'ai plutôt l'impression d'y voir une autre fronde des tenants de ce parti contre tout ce qui puisse dévoiler leurs dessous et la magouille systémique.

    Malheureusement pour M. Applebaum, il doit composer avec cette réalité, et sa seule parole ne peut donc faire acte de foi ni de vérité : vouloir cacher ce qui le porte à faire de la médisance (qui sait) est totalement inapproprié.

  • Pierre Germain - Inscrit 22 février 2013 13 h 55

    Il est maintenant temps pour le ministre de la Sécurité publique d’admettre ce qui suit et d’y remédier urgemment :

    (i) il y a un problème de comportement généralisé chez les policiers du Québec, incluant la commission d’actes criminels lorsqu’ils sont en fonction;
    (ii) la falsification de rapports d’événement est une pratique répandue parmi les policiers du Québec;
    (iii) plusieurs corps policiers du Québec se comportent comme un gang criminalisé se croyant au-dessus des lois, non redevable envers qui que ce soit, édifiant en règles des codes de comportement occultes allant à l’encontre des lois;
    (iv) aucun policier du Québec ne dénonce les comportements abusifs, répréhensibles ou criminels d’un collègue,
    (v) la Commission de déontologie policière est inefficace, dépassée et indolente;
    (vi) les policiers croient pouvoir commettre des abus en toute impunité parce qu’ils connaissent le laxisme du système;
    (vii) les procureurs de la couronne sont réticents, voire négligents, à porter des accusations criminelles lorsqu’il s’agit de policiers; et
    (viii) de tels écarts sont entretenus par la base et tolérée par les directions.

    La population n’a plus aucune confiance envers les policiers du Québec, et elle considère la Commission de déontologie policière comme une hypocrite farce préméditée.

    Des peines extrêmement sévères et dissuasives doivent être mises en place et appliquées spécifiquement contre les policiers fautifs. Les policiers qui « couvrent » un collègue coupable d’abus doivent faire face aux mêmes peines que le policier coupable. Un grand ménage s’impose face à l’incompétente Commission de déontologie policière, qui doit aussi avoir plus de dent et servir des punitions de beaucoup plus sévères et sérieuses. Finalement, nous attendons toujours la Commission indépendante permanente, composée uniquement de non policiers, pou enquêter sur les agissements répréhensibles des policiers.

    M. Bergeron: comptez-vous agir ou serez-vous le valet des syndic

  • Albert Descôteaux - Inscrit 22 février 2013 13 h 56

    Ouf!

    Si je menaçais mon employeur de cette manière, je serais congédié sur le champ. Pourquoi on ne peut pas faire la même chose avec des policiers qui agissent en voyous?

  • Samuel Lalonde - Abonné 22 février 2013 15 h 43

    Un horaire pourtant très bien

    L'horaire qui est en place en ce moment est très bien, il permet aux policiers de faire des quarts de travail plus long mais moins souvent dans la semaine.
    La seule chose qui motive cette décision par le maire, c'est la complexité de faire des horaires lors de mobilisations de plusieurs policiers pour les festivals ou autres.
    Tout le monde à droit à l'amélioration de ses conditions de travail, surtout quand ce sont des horaires sur rotation.