La Société du Havre sera démantelée en avril

Réclamé depuis deux ans par les partis d’opposition, le démantèlement de la Société du Havre deviendra réalité au mois d’avril prochain. L’administration du maire Applebaum a décidé de rapatrier à la Ville la maîtrise d’oeuvre du chantier de l’autoroute Bonaventure et de dissoudre l’organisme.


Créée en 2002, la société à but non lucratif avait pour mandat de remettre en valeur le secteur du Havre, avec l’appui des gouvernements fédéral et provincial. La Société du Havre (SHM), à qui la planification du projet de réaménagement de l’autoroute Bonaventure avait été confiée, a fait l’objet de nombreuses critiques au cours des dernières années en raison de l’opacité de son administration, n’étant pas assujettie à la Loi d’accès à l’information. De plus, elle n’était pas tenue de se plier aux règles d’octroi de contrats de la Ville de Montréal.


En 2011, les deux partis d’opposition avaient réclamé sa disparition, estimant qu’elle n’avait plus de raison d’être compte tenu du changement de son mandat et du manque de transparence de sa gestion.

 

Projet Bonaventure


Jeudi, le maire Michael Applebaum a annoncé que l’organisme serait dissous et que les fonds octroyés pour des mandats en cours, totalisant près de 8 millions, seraient récupérés. À compter du mois d’avril, le Service des infrastructures, du transport et de l’environnement (SITE) prendra en charge le chantier du projet Bonaventure. Selon les données fournies par la Ville, la Ville a versé 18,7 millions à la SHM depuis 2002.


Michael Applebaum soutient que cette décision n’est pas attribuable au travail effectué par les administrateurs. Au contraire, a-t-il dit, ils ont fait preuve d’une « bonne gestion ». C’est plutôt l’avancement des travaux du chantier Bonaventure qui justifie la décision de la Ville, a-t-il affirmé : « On est maintenant à l’étape d’exécution. On pense qu’on a le personnel nécessaire dans nos services pour s’assurer que les contrats sont donnés. »

 

Gaspillage de fonds


Pour les partis d’opposition, il était temps que la SHM soit mise au rancart. La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a soutenu que ce modèle de gestion donnait lieu à un « gaspillage de fonds publics » et à un dédoublement de l’expertise. « Le démantèlement de la SHM, c’est une grande nouvelle parce qu’il y avait un sentiment d’opacité et les citoyens n’avaient pas vraiment voix au chapitre dans le développement de leur secteur », a expliqué la conseillère Véronique Fournier, conseillère dans l’arrondissement du Sud-Ouest.


Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime que la Ville de Montréal devrait cesser de confier ses projets majeurs à des sociétés mandataires, citant les cas de la Société de développement Angus (quadrilatère Saint-Laurent), du Quartier international (Quartier des spectacles) et de la Société du parc Jean-Drapeau. « Les décisions les plus stratégiques sont confiées à l’externe », déplore-t-il. Selon lui, cette formule conduit à de mauvaises décisions, comme la création du corridor Dalhousie dans le cas de la SHM - concept qui a par la suite été abandonné.

1 commentaire
  • Christian Gasse - Inscrit 25 janvier 2013 13 h 20

    Avec des pincettes.

    On va prendre cette nouvelle avec des pincettes. Au point ou vont les choses dans l'administration à MTL, il n'y a pas de quoi se fier, tout semble suspect de ce temps-ci.