Octroi de contrats - À la recherche de solutions

Le comité devra proposer à l’administration municipale des solutions pour assainir le processus d’octroi de contrats à la Ville de Montréal.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Le comité devra proposer à l’administration municipale des solutions pour assainir le processus d’octroi de contrats à la Ville de Montréal.

Même les règles les plus strictes ne peuvent mettre une ville à l’abri de la corruption et de la collusion, mais Jacques Léonard croit qu’il est possible de réduire les risques au minimum. C’est ce que l’ancien ministre tentera de faire avec le comité-conseil qu’il préside sur l’octroi des contrats à la Ville de Montréal.


Le maire de la métropole Michael Applebaum et le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, ont confirmé jeudi la nomination de Jacques Léonard à la présidence de ce comité qui devra proposer à l’administration municipale des solutions pour assainir le processus d’octroi de contrats à la Ville. Son rapport est attendu pour le mois d’avril.


Ancien ministre des Affaires municipales et ex-président du Conseil du trésor, M. Léonard sera épaulé par Roland Fréchette, enquêteur à la retraite à la Sûreté du Québec et ex-membre de l’unité anticollusion et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui occupera la vice-présidence du comité-conseil. Ils seront entourés de hauts fonctionnaires de la Ville, notamment Alain Bond, contrôleur général, Philippe Gagnier, directeur du Service des affaires juridiques, Serge Lamontagne, directeur principal du Service de concertation des arrondissements, et Michel Nadeau, directeur des stratégies et des ressources matérielles.


Le comité dirigé par M. Léonard disposera d’un budget de 37 000 $, a précisé le maire Applebaum. « Je n’ai pas le mandat d’aller voir qui a fait quoi dans le passé et de rechercher des criminels. Nous cherchons des solutions », a indiqué Jacques Léonard en conférence de presse.


« La qualité d’une administration publique repose sur quatre pierres angulaires qui sont : la concurrence, la transparence, la reddition de comptes et l’éthique, a-t-il expliqué. Je pense qu’il n’y a pas de règles administratives qui peuvent contrer de façon absolue la corruption ou la collusion […], mais quand on s’appuie sur les quatre pierres angulaires dont j’ai parlé, elle est très limitée, sinon inexistante. »


Il a souligné que les mesures mises en place par la Ville en 2009 ont donné des résultats positifs, ajoutant qu’il faudrait aller plus loin.

 

Lutte aux crapules


Pour sa part, Jean-François Lisée souhaite que Montréal perde son statut de cancre en matière de corruption. « L’heure est à faire en sorte que Montréal gagne la réputation d’une des villes les plus inhospitalières pour la corruption et la collusion », a-t-il expliqué.


La création du comité-conseil est « un pas dans la bonne direction », estime la chef de l’opposition, Louise Harel. Mais selon elle, d’autres mesures devront être mises en place à brève échéance, car chaque mois, les arrondissements et la ville centre continuent d’octroyer des contrats pour plusieurs dizaines de millions, a-t-elle rappelé.


Pour Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, il est inconcevable qu’aucun élu ne siège à ce comité. Non seulement les élus sont partie prenante des décisions, mais ils ont des comptes à rendre, a-t-il dit.

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