Refaire du neuf avec le Vieux

Le Vieux-Montréal est traversé de tensions entre résidants, commerçants et touristes.
Photo: - Le Devoir Le Vieux-Montréal est traversé de tensions entre résidants, commerçants et touristes.

Plus de 170 personnes ont pris part à la première journée d’audiences de l’Office de consultation publique de Montréal (OPCM).


Sur trois jours, l’OPCM discutera de la personnalité du Vieux-Montréal, de la cohabitation entre ses usagers et enfin des priorités d’aménagement.


Le Vieux-Montréal est traversé de perpétuelles tensions entre les résidants, les commerçants et les touristes qui affluent par milliers pour visiter ses principaux attraits.

 

Mixité à conserver


Cette mixité est là pour de bon. Après le déclin observé dans les années 1970 (le quartier ne comptait plus que 435 âmes en 1976), le Vieux-Montréal a connu un regain de popularité. Environ 5000 personnes y vivent aujourd’hui. Ce sont des bien nantis, dont le revenu moyen dépasse 130 000 $, soit 180 % du revenu moyen des Montréalais, a fait remarquer Marie Lessard, professeure en urbanisme à l’Université de Montréal.


Le Vieux-Montréal est à deux doigts de devenir un quartier où il fait bon vivre, à la condition de changer un peu l’offre de services.


Les résidants n’en peuvent plus des boutiques de souvenirs. Ils réclament des commerces de proximité et des épiceries de quartier pour résoudre ce qu’un citoyen a qualifié de « problème de qualité de vie au quotidien ».


Quartier isolé et excentré, le Vieux-Montréal subit par ailleurs la « concurrence » de nouveaux secteurs aux vocations bien définies : Quartier des spectacles, Griffintown, Quartier des affaires, et bientôt Quartier de la santé avec la construction du CHUM. Sur quoi doit-il miser ? Comment refaire du neuf avec le Vieux, pour reprendre l’expression colorée de l’OPCM ?

 

Vitrine touristique


Les experts entendus mardi ont chipoté sur les détails, mais ils étaient pour la plupart d’accord sur la nécessité de préserver la vitrine touristique du Vieux-Montréal, en misant sur la préservation de son histoire et de son patrimoine.


André Delisle, directeur général et conservateur du Château Ramezay, a parlé d’une « crise existentielle » du Vieux-Montréal à laquelle il trouve une réponse limpide. « Sa personnalité, c’est d’abord celle d’un quartier historique qui est le coeur de Montréal », a-t-il dit.


Gilles Lauzon, coauteur de l’ouvrage L’histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, est du même avis.


Le Vieux-Montréal n’a pas à devenir un musée figé dans le temps pour autant. Les initiatives récentes, telles que la pêche sur glace au quai de l’Horloge ou le festival Igloofest, ont été citées en exemple par les experts invités par l’OPCM.


Les consultations font suite à la présentation du Plan de protection et de mise en valeur du Vieux-Montréal par la Ville.


Trois projets prioritaires ont été identifiés par la Ville : désencombrer la place Jacques-Cartier et embellir les terrasses des cafés et restaurants ; rétablir la continuité de la rue Sanguinet jusqu’à Gosford pour désenclaver le Vieux-Montréal ; réaménager le tronçon du boulevard Saint-Laurent entre les rues Notre-Dame et Saint-Sulpice.

À voir en vidéo