Secteur Marconi-Alexandra: Montréal tiendra une consultation publique

La Ville de Montréal entend conserver la vocation prédominante industrielle et commerciale du secteur Marconi-Alexandra, dont le réaménagement fera l’objet d’une consultation publique.


Le responsable de l’urbanisme au sein du comité exécutif, Alain Tassé, avoue qu’il a qualifié ce secteur lourdement enclavé de « no man’s land » par le passé, mais il se ravise. Avec l’avènement du futur campus de l’Université de Montréal sur le site de l’ancienne gare de triage d’Outremont (au sud-ouest), la Ville a de grandes ambitions pour les secteurs Marconi-Alexandra, Atlantic, Beaumont et De Castelnau.


Ce quartier qui longe la voie ferrée, à l’ouest de la Petite Italie, est un contre-exemple d’aménagement urbain. Des industries manufacturières en déclin sont les voisines de poissonneries, de garages de débosselage, de ménages résidentiels et d’ateliers d’artistes.


La Ville juge essentiel de préserver cette mixité, dans une formule à 50 % pour l’industriel et le commercial et à 50 % pour le résidentiel. « La vocation industrielle et commerciale est là pour rester », a dit M. Tassé.


Le Plan de développement urbain, économique et social (PDUES) dévoilé jeudi prévoit une série de projets pour rendre l’expérience de vie urbaine plus agréable. Il est question de faire un parc au sud de Beaumont, dans Parc-Extension, de transformer une partie de la rue Marconi en promenade urbaine et de créer des liens piétonniers pour désenclaver le secteur. Au moins un terrain sera réservé pour la construction de logements sociaux ou d’une coopérative d’habitation.


« Quand les gens cherchent un endroit où habiter, ils ne veulent pas seulement une maison, mais aussi une qualité de vie, explique M. Tassé. La présence d’industries ou d’institutions va peut-être amener des gens dans le quartier ou aux abords, surtout avec le campus de l’Université de Montréal. »


L’Office de consultation publique de Montréal (OPCM) tiendra des audiences sur le PDUES très prochainement. Le plan devrait être adopté en juin.


Le porte-parole du Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), André Trépanier, a déjà fait son lit. Il déplore le peu d’accent mis sur le logement social, dans un quartier pauvre qui en a grandement besoin. « C’est très décevant. Neuf cents ménages sont sur la liste d’attente pour un logement social juste dans Parc-Extension. Il y a zéro projet, alors que les besoins sont criants », a-t-il dit.


De son côté, Vision Montréal réserve un accueil favorable au PDUES, se disant parfaitement d’accord avec le maintien du visage commercial du secteur. L’opposition déplore cependant l’absence d’une vision globale de planification pour relier Parc-Extension au campus d’Outremont.