Mario Fournier dirigera l’EPIM

L’inspecteur Mario Fournier sera nommé à la tête de l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM), a appris Le Devoir.


M. Fournier est présentement rattaché à la division du renseignement criminel au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). C’est un policier chevronné, respecté de ses pairs, qui possède une solide expertise en matière de crime organisé.


M. Fournier est déjà à pied d’oeuvre pour former son équipe. La création de l’EPIM a été annoncée vendredi dernier par le maire de Montréal, Michael Applebaum. Par la même occasion, le maire a confirmé que les enquêteurs de la commission Charbonneau souhaitaient le rencontrer.


Dotée d’un budget approximatif de trois millions et d’une vingtaine d’employés (civils et policiers), l’EPIM aura carte blanche pour enquêter sur l’octroi de tous les types de contrats à Montréal, les élus, les fonctionnaires et les fournisseurs de services de la Ville. Ses policiers pourront même inspecter les chantiers.


Lancement rapide


L’escouade a été lancée sur les chapeaux de roues : la commande a été passée officiellement au directeur du SPVM le lundi 7 janvier, en prévision d’une annonce officielle le vendredi suivant.


Les réactions à la création de l’EPIM sont partagées. L’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’apprécie pas la venue d’un concurrent sur ce terrain qui était sa chasse gardée.


La disproportion entre l’ampleur du mandat confié à l’EPIM et les ressources humaines et financières qui lui sont consacrées laisse également perplexe.


L’état-major du SPVM est tout de même emballé par le lancement de l’EPIM. L’escouade permettra aux enquêteurs montréalais de remplir un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps.


L’EPIM a l’intention de collaborer avec les instances de la Ville de Montréal pour éradiquer la collusion et la corruption, suivant une approche de prévention. L’escouade ne se laissera pas dicter ses priorités d’enquête par l’appareil administratif, et encore moins par le politique.


À preuve, l’EPIM disposera de sa propre ligne téléphonique pour solliciter de l’information du public, en toute confidentialité.


La Ville de Montréal dispose déjà d’une ligne éthique, mais elle fait l’objet de critiques récurrentes de l’opposition à l’hôtel de ville.


Lors de sa création en 2009, la ligne éthique relevait du Vérificateur général, Jacques Bergeron, qui est indépendant de l’appareil municipal. Après un an, la ligne a été placée sous la direction du Contrôleur général, Alain Bond, qui relève du directeur général.


À la suite de ce transfert, la ligne éthique a connu une baisse marquée de popularité (131 appels en 2010 contre 33 en 2011). Vision Montréal interprète cette chute comme le signe d’une perte de confiance, et c’est pourquoi la chef Louise Harel réclame le retour de la ligne éthique dans le giron du Vérificateur général.