Applebaum s’estime victime d’une «campagne de salissage»

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a de nouveau défendu son intégrité mardi matin.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a de nouveau défendu son intégrité mardi matin.

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a accusé des opposants politiques non identifiés de mener une campagne de salissage contre lui par médias interposés.

Le maire a de nouveau défendu son intégrité mardi matin après que Le Devoir eut révélé qu’il avait participé, en 2003, à une activité de financement au restaurant La Cantina.


Déjà, en 2003, il était de notoriété publique que La Cantina était la propriété d’un proche de la mafia, Frederico Del Peschio. Le restaurant servait de lieu de rencontre pour des membres de la mafia, dont le présumé parrain, Vito Rizzuto.


« Je suis une personne honnête. Je suis intègre, je suis transparent et je n’ai rien à me reprocher. Je ne suis pas achetable », a dit M. Applebaum.


À l’époque, il ne savait pas que La Cantina était fréquentée par la mafia. Il l’a su en 2009, après l’assassinat de Del Peschio dans le stationnement du restaurant.


« Je ne fréquente pas la mafia, et je n’ai pas peur d’eux, assure M. Applebaum. Je vais mettre en place toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la corruption et la collusion. »


Lors de l’activité de financement d’août 2003, M. Applebaum était accompagné d’au moins deux élus : le président du comité exécutif, Frank Zampino, et Marcel Tremblay. Après avoir affirmé lundi que le maire Gérald Tremblay était présent, M. Applebaum s’est ravisé mardi en disant qu’il n’en était plus certain.


Une douzaine de personnes ont versé 12 500 $ à l’Union des citoyens de Montréal (l’ancêtre de l’UCIM) en toute légalité lors du repas. M. Applebaum ne se souvient pas de leurs noms.


« Pour qu’il y ait un scandale, il faut qu’il y ait un scandale », a-t-il dit. Il a mis sur le compte de ses adversaires cette « campagne de salissage ».


M. Applebaum a enfin offert sa pleine collaboration aux enquêteurs de la commission Charbonneau et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui examinent toutes deux des transactions immobilières douteuses dans son arrondissement de Côte-des-Neiges -Notre-Dame-de-Grâce. Il n’a pas expliqué pourquoi la commission et l’UPAC s’intéressent à lui.


Vérification faite auprès d’Union Montréal, aucun élément permettant d’identifier les douze hommes d’affaires qui étaient à La Cantina n’a été archivé.


Les partis politiques n’ont pas l’obligation de conserver des traces du passage de telle ou telle personne à une de leurs activités de financement, a rappelé le porte-parole du Directeur général des élections, Denis Dion. Des changements seront toutefois apportés. « Il y aura une directive pour réclamer plus d’information sur les participants », a indiqué M. Dion.

 

Réactions de prudence


Au gouvernement du Québec, on se montre prudent. Les commentaires sont brefs, mais déjà on a reporté la conférence de presse sur l’annonce de la composition du comité-conseil sur l’octroi des contrats, qui était prévue cette semaine.


« On est attentifs à ce qui se passe. Pour l’instant, la relation n’est pas affectée », a toutefois indiqué Christine Fréchette, attachée de presse du ministre de la Métropole, Jean-François Lisée. Au cabinet du ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, l’attaché de presse Yann Langlais-Plante a indiqué que l’« on va suivre la situation de près ».


À l’hôtel de ville, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a montré des premiers signes d’inquiétude même s’il fait toujours confiance à M. Applebaum. « Le doute ne s’installe pas que dans la population, il s’installe aussi chez les élus et chez moi à titre personnel », a commenté M. Bergeron.


M. Bergeron a condamné au passage les méthodes de financement d’Union Montréal, jugeant discutable la tenue d’une activité de financement dans un restaurant fréquenté assidûment par la mafia. « Cet événement est indissociable du comportement global de cette formation politique tout au long de son existence », estime-t-il.

 

Avec Kathleen Lévesque

2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 janvier 2013 06 h 40

    Question.

    Mon cher M.Applebaum, est-ce que vous croyez vraiment être à l'abri de tout ce qui vole en ce moment ? Je vous reconnais comme le politicien le plus rapide sur ses pieds de toute la planète, mais pas plus vite que Lucky Luke, malheureusement pour vous et peut-être nous aussi. Personne ne s'en sortira sans tache, mérité ou pas ! Le truc maintenant est de savoir rebondir. Et à vous regarder aller, j'ai l'impression que peu de politiciens vous égalent. Bonne chance.

  • Franklin Bernard - Inscrit 16 janvier 2013 09 h 20

    Tremblay aussi se disait innocent de tout.

    On a vu la suite.

    Union Montréal un jour, Union Montréal toujours.

    Donnons-lui le bénédice du doute, mais... nous avons des doutes.