Lutte contre la corruption: création d'une nouvelle escouade à Montréal

Le directeur du SPVM, Marc Parent, assure que l'EPIM travaillera en complémentarité avec les autres partenaires de la lutte pour l'intégrité dont l'Unité permanente anti-corruption.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le directeur du SPVM, Marc Parent, assure que l'EPIM travaillera en complémentarité avec les autres partenaires de la lutte pour l'intégrité dont l'Unité permanente anti-corruption.

La Ville de Montréal se dote de sa propre unité de lutte contre la corruption et la collusion. Michael Applebaum a annoncé vendredi la création de l'Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM), composée d'une vingtaine de spécialistes et de policiers enquêteurs qui pourront, selon le maire, déclencher eux-mêmes des enquêtes lorsqu'ils le jugeront «nécessaire».

Les portes de la Ville sont désormais «grandes ouvertes» et l'EPIM décidera d'elle-même les dossiers à sonder, a assuré M. Applebaum.

L'EPIM pourra se rendre sur des chantiers, enquêter sur l'octroi de contrats d'infrastructures — ou même sur les contrats d'achat des pantalons des pompiers de Montréal, a affirmé le maire Applebaum pour illustrer la portée du champ d'investigation de la nouvelle escouade.

Il décrit l'EPIM comme un «outil complémentaire aux autres mesures en place», notamment le comité-conseil sur l'octroi des contrats municipaux, dont la composition sera dévoilée sous peu.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, assure quant à lui que l'EPIM travaillera en complémentarité avec les autres partenaires de la lutte pour l'intégrité, notamment l'Unité permanente anti-corruption (UPAC) et son bras policier, l'escouade Marteau.

Bien que le manque de collaboration entre l'UPAC et l'escouade Marteau ait été dénoncé au cours des derniers mois, M. Parent se réjouit de la mise en place d'une unité d'enquête additionnelle. Il ne croit pas qu'elle pourra compliquer davantage la coordination des diverses instances.

«Nous allons exploiter nos expertises au maximum et travailler dans un objectif commun: combattre la corruption et maintenir l'intégrité dans nos instances municipales», a-t-il lancé, assurant qu'il n'était pas question de «dédoubler» les enquêtes.

«L'objectif est de se projeter dans l'avenir. On ne veut pas faire des dossiers parallèles, mais bien poursuivre les démarches, être un bras supplémentaire.»

Le chef du SPVM a par ailleurs estimé à 3 millions $ le budget supplémentaire qu'allouera Montréal à l'EPIM en 2013.

Une rare satisfaction teintait les commentaires des partis de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, où Vision Montréal et Projet Montréal ont loué la décision de M. Applebaum.

«Enfin!», a laissé tomber le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. «Ça vient avec trois ans et demi de retard, mais ce n'est pas grave. J'ai totalement confiance en Marc Parent afin qu'il rende l'escouade opérationnelle, et je suis content que le mandat de l'ÉPIM soit large.»

Pour Vision Montréal, il s'agit également d'une victoire, mais partielle. Le parti de Louise Harel se félicite de l'arrivée de policiers enquêteurs à la Ville, mais demande davantage de mesures anticorruption. Vision Montréal réclame notamment la création d'un poste de commissaire a l'éthique, et une enquête approfondie sur la gestion des contrats.

Michael Applebaum devait aussi rencontrer plus tard vendredi les enquêteurs de la Commission Charbonneau.

«Je ne peux pas vous dévoiler la nature des discussions, mais ils [les enquêteurs de la Commission] sont bienvenus dans mon bureau», a-t-il assuré. «Je vais travailler avec eux. Si je peux lutter contre la collusion et la corruption, je le ferai avec plaisir.»


4 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 11 janvier 2013 13 h 51

    À l'envers

    M. Applebaum travaille à l’envers! En effet, il serait beaucoup plus efficace et immensément moins coûteux de définir, mettre en œuvre et faire le contrôle adéquat de principes de bonne gouvernance plutôt que de remettre quelques millions de dollars par année au SPVM pour que ce dernier fasse de la répression, une fois la collusion ou la corruption constatée.

    Il ne s'agit ici que d'un "show de boucane" pour le esprits facilement impressionnables.

  • Pierre Germain - Inscrit 11 janvier 2013 13 h 58

    Enlever la poutre de son oeil avant de voir la paille dans celui du voisin

    Avant de courir à gauche et à droite et de chercher de nouveaux projets pour faire oublier la turpitude qui règne parmi ses propres troupes, M. Parent aurait avantage à y faire le ménage en y sanctionner les comportements déviant de certains de ses membres, tel la tristement célèbre agente « 728 » Trudeau. De même, il aurait avantage à y faire rapidement adopter et respecter des comportements plus sains.

  • Pierre Germain - Inscrit 11 janvier 2013 14 h 14

    Diligence et transparence déficientes

    Avant de chercher les poux dans les autres services de la Ville de Montréal, M. Parent serait bien avisé de rendre son propre service plus diligent et plus transparent.

    Pourquoi ne connaît-on toujours pas la nature de l’ « arme blanche » qu’avait en main le sans-abri Farshad Mohammadi lorsqu’il a été abattu le 6 janvier 2012 par un policier du SPVM?

    Pourquoi s’entête-t-on à faire planer une menace de poursuites criminelles sur les personnes abusivement arrêtées par l’agente « 728 » Trudeau?

    Qu’advient-il des policiers du SPVM ayant pris part récemment à une initiation abusive d’un nouvel enquêteur, comportant entre autres des attouchements sexuels et l’obligation de conduire ivre? Les policiers du SPVM ont-ils une dispense face au Code criminel canadien?

    Si M. Parent veut retrouver un semblant de respectabilité et de crédibilité, il a intérêt à agir de bonne foi et vite pour changer les choses.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 12 janvier 2013 00 h 02

    Problèmes

    Le SPVM est trop près de la mairie de Montréal pour être crédible. Il y a trop de contentieux. La démission surprise du dernier directeur à 44 ans en début de mandat, l'emploi d'une firme de sécurité controversée, bref, les dossiers ne manquent pas. Cette créature risque de nuire à l'escouade Marteau et la Comission Charbonneau en ce sens qu'il vient brouiller les cartes. De plus, les soupçons qui pèsent sur Appelbaum ne rassurent en rien.