Une «collaboration quotidienne»

L’UPAC mène actuellement plusieurs enquêtes afin de détecter la collusion dans la construction.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz L’UPAC mène actuellement plusieurs enquêtes afin de détecter la collusion dans la construction.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’est plus réfractaire à l’existence de la commission Charbonneau. Les deux organisations travaillent dorénavant en « collaboration quotidienne ».

C’est ce qu’a affirmé mercredi le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, qui dressait le bilan de l’année. « Nous avons le soutien de la population et c’est en grande partie grâce à la commission d’enquête dirigée par la juge Charbonneau », a-t-il souligné, laissant ainsi voir un changement radical de son point de vue. Il a même donné l’assurance qu’il y a une « collaboration quotidienne » entre son organisation et l’équipe d’enquête de la commission.


Avant même que la Commission d’enquête publique sur l’octroi et la gestion des contrats publics (commission Charbonneau) ne voie le jour, M. Lafrenière en combattait l’idée, appuyant du coup les grandes réticences du gouvernement libéral de Jean Charest. « Plus on veut frapper haut, plus ça demande du temps, plus ça demande des ressources. Une commission pourrait nous influencer pour activer les choses, changer nos stratégies », déclarait M. Lafrenière à l’automne 2011, inquiet que les « leviers » pour faire parler des témoins clés des manoeuvres de collusion et de corruption puissent être affectés.


Mercredi, M. Lafrenière laissait entendre que ses craintes se sont évanouies. Quant à savoir si l’intervention récente du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, qui en a appelé à la cohésion pour assurer l’action de l’UPAC, y est pour quelque chose, M. Lafrenière a soutenu qu’il n’en était rien. Selon ce dernier, l’éclairage apporté par des citoyens est un moteur important pour les enquêtes. L’UPAC a reçu 836 signalements de la population. « Les citoyens sont nos yeux et nos oreilles », a-t-il lancé.


49 arrestations


Par ailleurs, le bras policier de l’UPAC, soit l’escouade Marteau, ainsi que l’Agence du revenu du Québec sont au coeur de la lutte contre la corruption. Au total, on compte 49 arrestations d’individus (Frank Zampino, Richard Marcotte, Tony Accurso et autres Bernard Trépanier) pour des cas présumés de corruption. Treize entreprises, dont Construction F. Catania, ont été accusées dans le cadre de cinq grandes opérations policières. Au total, 177 chefs d’accusation ont été déposés.

 

22 enquêtes


De plus, l’UPAC mène actuellement 22 enquêtes, dont celle touchant l’ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt. Un suivi afin de détecter la collusion dans la construction se fait auprès de 14 grands chantiers à travers le Québec.


« L’UPAC roule à plein régime », a lancé avec le sourire M. Lafrenière, en soulignant que l’année 2013 s’annonce chargée.


Par-delà toutes ces statistiques, l’UPAC met en place les outils de vérification pour le Registre des entreprises admissibles (REA). Le gouvernement a adopté la loi 1 qui veillera sur l’intégrité des entreprises désireuses d’obtenir des contrats publics. Malgré l’échéancier très court - tout doit être en place le 15 janvier -, M. Lafrenière a soutenu qu’il n’y a pas de débordement.


L’UPAC a été créée en février 2011, quelques mois après la mise en place de l’escouade Marteau de la Sûreté du Québec.