Adapter le Parc olympique aux besoins actuels

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	L’œuvre de l’architecte français Roger Taillibert devrait être classée «monument historique» et le site du Parc olympique devrait être reconnu comme «paysage culturel patrimonial», estiment les membres du comité-conseil présidé par Lise Bissonnette.</div>
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
L’œuvre de l’architecte français Roger Taillibert devrait être classée «monument historique» et le site du Parc olympique devrait être reconnu comme «paysage culturel patrimonial», estiment les membres du comité-conseil présidé par Lise Bissonnette.

Le comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique suggère d’accroître l’autonomie et les pouvoirs de la RIO afin de transformer ce site d’intérêt patrimonial en un véritable écosystème de l’activité physique, des loisirs et des sports.


Le groupe présidé par Lise Bissonnette a publié jeudi un rapport ambitieux, résultat d’une consultation auprès de 4000 personnes, incluant des experts et des sommités en matière de tourisme, sports et loisirs.


Le groupe réitère l’importance du Stade et de ses environs dans le paysage montréalais. L’oeuvre de l’architecte français Roger Taillibert devrait être classée « monument historique » et le site du Parc olympique devrait être reconnu comme « paysage culturel patrimonial », estiment les membres du comité-conseil.


Selon Lise Bissonnette, il faut revenir à « l’idée fondatrice » du Parc, en l’accordant aux besoins de notre époque. « Les lieux doivent devenir un écosystème de l’activité physique, des loisirs et des sports de tous niveaux, pour tous les âges », estime l’ex-p.-d.g. de la Bibliothèque nationale et ex-directrice du Devoir.


« Le consensus, il a toujours été là. Cette vocation est sous nos yeux sans qu’on la voie », dit-elle.


Le comité-conseil ne remet pas en question la vocation première du site, mais il suggère d’y ajouter « un parcours d’éducation et de détente qui allie la nature, la science et la culture ».


Dans ses rêves, Mme Bissonnette imagine un Stade qui conservera sa vocation multifonctionnelle comme c’est le cas présentement, mais dans un site repensé et remodelé afin d’accueillir les touristes pour plus d’une journée. « Il n’y a pas de tourisme possible actuellement, sinon que de courts séjours. Si on veut retenir les visiteurs au Parc olympique, il faut ajouter de l’hébergement et des restaurants de qualité », explique-t-elle.


Le site, très enclavé, devra s’ouvrir à son quartier d’appartenance, estime le comité-conseil. « Le Parc olympique peut et doit devenir enfin un véritable Parc en symbiose avec le quartier qui l’a vu naître. Ses futurs aménagements devraient le rendre amical à ses voisins, aux Québécois, aux visiteurs de tous horizons », affirme le rapport.


Pour arriver à ces importantes transformations, le comité-conseil suggère d’accroître les pouvoirs et les responsabilités de la Régie des installations olympiques (RIO) au détriment du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).


C’est à la RIO (ou à un nouvel organisme) que devrait revenir la responsabilité du sport et du loisir au Québec, et non au MELS, suggère le comité-conseil.


La RIO a été historiquement confinée à des fonctions mobilières et immobilières qui ont nui à l’élaboration d’une vision d’avenir pour le Parc olympique. Elle n’a d’autre pouvoir que d’accepter ou de refuser les projets qui lui sont proposés.


Le comité-conseil invite Québec à confier à la RIO « une mission nationale » en matière de promotion et de coordination territoriale du loisir et du sport.


Pour opérer ce changement de philosophie, il faudra modifier la loi constitutive de la RIO, demeurée inchangée depuis 1975.

 

Et le toit?


Le comité-conseil n’a pas chiffré les coûts de ce plan, qui se déploie sur un horizon de long terme. Il avance aussi avec prudence sur la question du remplacement de la toile du Stade olympique, éternel sujet de controverse.


Les membres recommandent que l’appel d’offres, en cours de préparation, puisse tenir compte de propositions de toitures mobiles (comme dans le plan initial de M. Taillibert) « si elles sont en cohérence avec la conception originelle du bâtiment ».


Le président de la RIO a réservé un accueil positif à ce rapport qui clôt une démarche initiée en 2011. Le coût de la réflexion est de 470 000 $.


« Le comité-conseil a accompli une tâche colossale », a fait savoir le p.-d.g. du Parc olympique, David Heurtel, par voie de communiqué.


M. Heurtel prendra le temps d’analyser le rapport. Il a réaffirmé sa volonté de faire du Parc olympique « un site récréotouristique majeur » axé sur la création, les découvertes, le divertissement et l’activité physique.


Le maire de l’arrondissement de Mercier -Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, est encouragé par les expériences d’animation sur l’esplanade du Stade tenues cet été. « L’esplanade a eu des activités tous les vendredis durant l’été : basketball, tennis, spectacles, folklore. Et les gens sont venus. Il y a maintenant un travail à faire pour que les gens restent dans cet environnement », a dit M. Ménard, qui a fait partie du comité-conseil.


M. Ménard s’est dit en parfait accord avec l’idée d’accroître les pouvoirs de la RIO pour assurer le développement du Parc olympique.

3 commentaires
  • Bernard Gervais - Inscrit 14 décembre 2012 01 h 06

    Intéressant mais...

    Bien d'accord avec l'idée de classer le Stade olympique - dont la tour, rappelons-le, est la tour inclinée la plus haute au monde - comme un « monument historique ». Quoi qu'en pensent ses nombreux détracteurs, l'oeuvre conçue par Roger Taillibert et construite pour la tenue des Jeux d'été de 1976 est absolument remarquable.

    De plus, le Stade compte parmi et ce, non seulement au plan architectural mais aussi touristique, les édifices les plus connus de Montréal au même titre, par exemple, que la basilique Notre-Dame et celle de l'oratoire Saint-Joseph, de même que le fameux pavillon américain de l'Exposition universelle de 1967 (la Biosphère, maintenant) créé par Richard Buckminister Fuller.

    Par contre, même si j'ai lu avec attention le présent article, j'avoue ne pas tout à fait comprendre Mme Bissonnette quand elle dit souhaiter faire du Parc olympique un « écosystème » de l'activité physique, des loisirs et des sports...

  • France Marcotte - Inscrite 14 décembre 2012 09 h 44

    Dites-moi que c'est beau

    Que pensent encore actuellement en apercevant ce stade, les automobilistes, les résidants du quartier et tous les passants qui le côtoient tous les jours?

    Perplexité, hésitation, ironie, exaspération, découragement?

    C'est vrai que le passé s'éloigne, on pourra bientôt tourner la page.

    Dites-nous dorénavant que c'est beau, on répétera que c'est beau.

  • Yves Archambault - Inscrit 14 décembre 2012 10 h 04

    bravo!

    il était temps que quelqu'un de l'élite québécoise se réveille et Mme Bissonnette était la personne qui fallait ancien chauffeur de taxi à montréal je sais l'intérêt des touristes qui voulaient voir le stade et étaient déçue en le voyant aussi terne et fermé.
    encore bravo pour votre audace Madame.
    yves archambault