Procès en Cour supérieure - Bernard Poulin reconnaît ses liens avec Catania

Bernard Poulin a rencontré Paolo Catania à au moins dix reprises entre 2005 et 2010.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Bernard Poulin a rencontré Paolo Catania à au moins dix reprises entre 2005 et 2010.

Le président de la firme de génie-conseil Groupe SM, Bernard Poulin, a reconnu mercredi matin avoir eu au moins dix rencontres avec l’entrepreneur Paolo Catania entre 2005 et 2010. Des rencontres qu’il avait omis de signaler à la Cour supérieure en mai dernier.

Dans le cadre du procès qui oppose M. Poulin à La Presse et à son ancien journaliste André Noël (maintenant enquêteur à la commission Charbonneau), l’ingénieur avait indiqué en mai ne pas avoir eu de contacts fréquents avec M. Catania. Le groupe Catania a obtenu le contrat de développement du Faubourg Contrecoeur - dossier lié à la poursuite.


Or la divulgation par la commission Charbonneau de la liste des événements ayant eu lieu au club privé le 357c a montré depuis que MM. Poulin et Catania ont dîné ou déjeuné ensemble à dix reprises (dont huit fois en tête à tête).


En mai, M. Poulin avait mentionné sous serment que Paolo Catania l’avait appelé une fois alors qu’Aménatech (une filiale du groupe SM) exécutait une contre-expertise de l’étude de décontamination des sols du Faubourg. C’était entre mars et juin 2007. M. Poulin n’avait « pas aimé » être approché par celui qui allait ultimement bénéficier des résultats de la contre-expertise - la valeur de la décontamination étant essentiellement soustraite du prix de vente.


Mais à la question de savoir si M. Catania l’appelait « souvent », Bernard Poulin avait répondu « non ». « Une fois, il m’a appelé concernant l’hôpital Charles-Lemoyne », où M. Poulin siège au conseil d’administration. « C’est le seul endroit que j’ai des relations avec monsieur [sic] », avait-il affirmé.


M. Poulin avait indiqué plus loin que Paolo Catania l’avait aussi approché pour que les deux soumissionnent pour le contrat des compteurs d’eau (ce qu’ils ont fait en septembre 2006). « Je l’ai rencontré, je crois, dans un restaurant comme ça, puis il est venu me parler » de ce projet, disait M. Poulin. Une autre rencontre avait finalement été évoquée, parce que M. Catania voulait se joindre au projet de M. Poulin d’établir ses bureaux au-dessus du métro Saint-Laurent.


Des oublis


Mercredi, les avocats d’André Noël ont demandé à Bernard Poulin d’expliquer les omissions liées au 357c. L’ingénieur a répondu qu’il n’avait pas « consulté ses agendas » lors de son témoignage en mai. « La mémoire est une faculté qui oublie », a-t-il dit.


Les agendas indiquent donc que les rencontres de 2005 ont eu lieu parce que M. Catania « voulait aller [faire des affaires] au Maghreb », où le groupe de M. Poulin est actif. En juin 2006, une rencontre a eu lieu pour le dossier des compteurs d’eau. Un « lunch de courtoisie », a indiqué M. Poulin. En 2008 et 2009, il y a eu trois rencontres pour le projet du métro Saint-Laurent. La dernière rencontre, en décembre 2010, traitait du dossier de l’hôpital.


Bernard Poulin a rappelé qu’il n’avait pas « fait des affaires » finalement avec Paolo Catania. Les avocats de M. Noël ont « laissé au tribunal le soin d’apprécier la situation et de prendre les mesures qui s’imposent », si la juge Nicole Gibeau estime qu’il y a eu parjure.

1 commentaire
  • Raymond Labelle - Abonné 13 décembre 2012 16 h 28

    Tiens, c'est celui qui poursuit en diffamation qui s'est parjuré!

    Des malfrats veulent intimider ceux qui disent la vérité en les menaçant de poursuites en diffamation. Heureusement que le procès nous révèle qui est le véritable menteur!