Hausse de 3,3% des taxes foncières à Montréal

En présentant mardi le budget de la ville de Montréal, le maire Tremblay en avait marre d'être questionné sur la commission Charbonneau. «S’il vous plaît laissez moi faire mon travail de maire de Montréal», a-t-il dit.
Photo: -Le Devoir En présentant mardi le budget de la ville de Montréal, le maire Tremblay en avait marre d'être questionné sur la commission Charbonneau. «S’il vous plaît laissez moi faire mon travail de maire de Montréal», a-t-il dit.

La présentation du budget annuel de la Ville de Montréal est obscurcie par les nouvelles allégations de corruption visant personnellement le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Le maire a dû défendre son intégrité après qu’un ancien organisateur de son parti, Martin Dumont, eut affirmé devant la Commission Charbonneau qu’il était personnellement au courant de l’existence d’une double comptabilité à Union Montréal, une formation qui ne semblait pas du tout allergique à la circulation de l’argent liquide.
 

«C’est complètement faux», a dit le maire Tremblay, qui en a marre d’être questionné tous les jours sur les dernières révélations à la Commission Charbonneau.


«Attendez au moins que nos avocats puissent poser des questions pertinentes. Vous prenez juste l’aveu d’une personne. On verra après qu’est-ce que cette personne là va dire. S’il vous plaît laissez moi faire mon travail de maire de Montréal», a-t-il dit.


Dans un moment d’emportement, M. Tremblay a décidé de ne plus répondre à aucune question à ce sujet. «Je ne me cache pas, je suis présent, je ne suis pas malade et je vais continuer à gérer la Ville de Montréal dans le meilleur intérêt des citoyens. Il me semble que c’est clair. Donc, à l’avenir, si vous me posez des questions, je ne vous répondrai plus», a-t-il tranché.


M. Tremblay a réaffirmé qu’il avait toujours pris des mesures lorsque des problèmes de collusion ou de corruption ont été portés à son attention.


«Nous avons mis en place tous les mécanismes nécessaires depuis 2008. […] Il reste peut-être encore quelques exceptions, c’est la raison pour laquelle on a demandé au gouvernement du Québec, il y a deux ans, de modifier [la règle du] plus bas soumissionnaire pour qu’on puisse avoir une marge de manoeuvre additionnelle», a dit M. Tremblay.

Budget de 4,9 milliards


L’épisode relègue au second plan la présentation du budget 2013 de la Ville. Ce budget de 4,9 milliards de dollars est en hausse de 2,7 % par rapport à l’année précédente. Il prévoit une hausse des taxes foncières de 3,3 %.


Le président du comité exécutif, Michael Applebaum, estime qu’il a respecté ses engagements de ne pas hausser les taxes plus vite que l’inflation.


Si l’on exclut la hausse de 1,1 % de la taxe pour le Fonds de l’eau, l’augmentation des taxes foncières est de 2,2 % «soit le niveau anticipé de l’inflation» avance Michael Applebaum.


Selon le maire Tremblay, il ne faut pas attendre que les conduites d’eau brisent et que les Montréalais soient privés d’eau potable pour entreprendre des travaux d’eau. Idem pour les investissements en transports en commun, qui ne peuvent pas attendre dans une métropole durement frappée par la congestion. «On est une administration responsable», a dit le maire Tremblay.


«On va continuer de répondre aux attentes légitimes des gens d’affaires et des citoyens qui veulent une amélioration de leur qualité de vie», a-t-il ajouté.


Le «prix de l'illégalité»

Cynique, l’Opposition officielle se réjouit budget, «parce que c’est certainement dernier de l’administration Tremblay», a dit Louise Harel, chef de Vision Montréal.


Selon Vision Montréal, la hausse de taxes découle directement des coûts gonflés des travaux dans la métropole en raison de la corruption et de la collusion.


«C’est le prix de l’illégalité, de l’immoralité et de l’indécence que les Montréalais recevront avec leur compte de taxes», a dit Mme Harel.


Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, réserve ses commentaires pour le début de l’après-midi.

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