Montréal veut créer «une ville dans une ville»

Le projet sera exemplaire en matière de développement durable, d’usage des transports actifs et de densité urbain, assure Michael Applebaum.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le projet sera exemplaire en matière de développement durable, d’usage des transports actifs et de densité urbain, assure Michael Applebaum.

L’administration Tremblay souhaite créer « une ville dans une ville » qui sera exemplaire en matière de développement durable, d’usage des transports actifs et de densité urbaine, en s’inspirant des meilleurs projets développés à l’étranger, tels que GWL-Terrein à Amsterdam, le premier quartier sans voitures en Europe.

Le terrain vacant de l’hippodrome, d’une superficie équivalant à 60 terrains de soccer, pourrait accueillir de 10 000 à 20 000 personnes à compter de 2017.

Montréal lancera un concours de design international dans le but de transformer ce secteur aux abords de l’autoroute Décarie en un quartier « inclusif, exemplaire et d’avant-garde ». Les citoyens seront consultés en amont pour définir les bases du projet. L’Office de consultation publique de Montréal mènera trois consultations sur les orientations, les bases du plan directeur et son adoption, entre 2013 et 2015.

Le projet évalué à 2,5 milliards produira des recettes fiscales de 20 millions par année pour la Ville de Montréal, sans compter les profits résultant de la vente des terrains aux promoteurs.

Le président du comité exécutif, Michael Applebaum, et le maire Gérald Tremblay se disent encouragés par l’entente conclue avec Québec. Le gouvernement a cédé gratuitement ses terrains et il s’est engagé à détruire le bâtiment de l’hippodrome. En revanche, les deux partenaires partageront les revenus découlant de la revente des terrains.

« C’est un site exceptionnel. On va encourager les gens à vivre et à travailler à Montréal au lieu d’utiliser leur voiture et d’être pris dans le trafic, a dit Michael Applebaum. On va avoir un projet à la hauteur de notre statut de ville UNESCO Design. »

 

Deux obstacles

Au moins deux obstacles se dressent contre le projet. L’offre actuelle de transports ne permettra pas d’accueillir de 10 000 à 20 000 nouveaux résidants. Les principales artères du quartier, dont l’autoroute Décarie, sont déjà saturées.

La porte d’entrée de ce secteur que l’on veut avant-gardiste, le long de Décarie, est déjà occupée par un complexe rétrograde de grandes surfaces avec des stationnements immenses.

Peter McQueen, conseiller de Projet Montréal dans Notre-Dame-de-Grâce, est encouragé par l’initiative de l’administration Tremblay. « Mais on nous parle de créer un nirvana à côté d’un Walmart, avec un énorme stationnement. Il faut changer cette culture de grande surface », dit-il.

L’arrondissement de Côte-des-Neiges -Notre-Dame-de-Grâce a tenu des discussions encourageantes avec les promoteurs déjà implantés dans le secteur, afin d’intégrer les commerces existants au nouvel ensemble immobilier. La Ville mise par ailleurs sur le développement du tramway pour relier l’ancien l’hippodrome au centre-ville, un projet auquel elle n’a pas renoncé malgré l’avis défavorable de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le maire Tremblay souhaite accorder une attention particulière aux familles et aux ménages à faibles revenus. Les logements abordables et sociaux formeront le tiers du futur parc immobilier.

En étant propriétaire des terrains, la Ville de Montréal a bon espoir d’imposer plus facilement sa vision et ses conditions aux promoteurs.

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 30 octobre 2012 07 h 44

    Les trottoirs

    Quel est l'entrepreneur qui va faire les trottoirs?

    • ghislaine fortin - Inscrite 30 octobre 2012 12 h 25

      ....et les égoûts?

  • Claude Lachance - Inscrite 30 octobre 2012 07 h 52

    De bien beaux contrats, du beton, du beton, et encore du beton... Des balcons blancs en PVC... tant qu'à faire pourquoi ne pas engager les architectes de Dubay...

  • Sylvain Auclair - Abonné 30 octobre 2012 11 h 37

    Une ville dans la ville?

    Avec assez d'emplois sur place pour tout le monde? Une école pour les enfants? Une rue principale bordée de commerces? Un centre culturel? C'est ça, une ville, non?

    • Mario Gauthier - Inscrit 31 octobre 2012 09 h 34

      J'abonde tout à fait dans votre sens.

      Ça veut dire quoi:

      " On va encourager les gens à vivre et à travailler à Montréal au lieu d’utiliser leur voiture et d’être pris dans le trafic"

      Ils ont déjà des emplois à offrir dans ce "quartier" bourrée de centre d'achats, de fast foods et qui, en bout de course qui, sera une banlieue maladroitement posée le long d'une autoroute dejà impraticable et sursaturée?

      Bien sûr, il y a le métro (1 stations), mais...

      Quant à la visée, elle est claire: "On va avoir un projet à la hauteur de notre statut de ville UNESCO Design". Pas à dimension humaine ou sociale: à la hauteur de...

      Et en ce qui concerne l'octroi de contrat....

      Il me semble, en tout cas, que si j'étais dans la situation de Trembaly, je n'aurais pas annoncé ce projet qui, de toute apparence, n'a pour bût que de mettre de la poudre au yeux à un moment ou tout porte à croire que Tremblay et son administration (c'est le bas de la pyramide) sont corrompus jusqu'à l'os.