Robert Abdallah nie tout

Robert Abdallah a qualifié de « faux et diffamatoire » le témoignage rendu par Lino Zambito à la commission Charbonneau. Il n’écarte pas l’idée d’une poursuite en diffamation pour rétablir sa réputation.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Robert Abdallah a qualifié de « faux et diffamatoire » le témoignage rendu par Lino Zambito à la commission Charbonneau. Il n’écarte pas l’idée d’une poursuite en diffamation pour rétablir sa réputation.

L’ex directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, est prêt à témoigner devant la commission Charbonneau et à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris des poursuites en diffamation, pour rétablir son intégrité, durement malmenée par Lino Zambito.

M. Abdallah a nié en bloc le témoignage « faux et diffamatoire » rendu par l’ancien patron d’Infrabec à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).


« Il y a un os dans le fromage », a-t-il dit sur un ton emporté.


Il prête à Lino Zambito, qu’il ne connaît pas, des intentions vengeresses. Lors de son passage à la Ville de Montréal, de 2003 à 2006, M. Abdallah a mis en place « des mesures de contrôle » pour freiner la collusion. « Est-ce que c’est la raison pour laquelle il m’a mis un chapeau qui ne me fait pas ? » s’est-il interrogé.


M. Zambito a déclaré à la commission Charbonneau qu’il avait participé à une combine au bénéfice de Robert Abdallah, en 2005. Pour l’exécution d’un contrat d’égout dans l’est, un ingénieur du Groupe Séguin, Michel Lalonde, lui avait fait comprendre qu’il devait acheter des tuyaux de béton de Tremca. L’entreprise de la Rive-Sud avait une entente avec Robert Abdallah, à qui elle avait promis un pot-de-vin de 300 000 $ si son matériel était utilisé sur le chantier.


M. Zambito n’a jamais été témoin d’une remise d’argent en mains propres à Robert Abdallah. « Je mets au défi quelqu’un de venir me dire avec des preuves qu’il m’a donné une cenne. Pas juste lui, n’importe qui », fulmine M. Abdallah.


La compagnie Tremca a aussi démenti le témoignage de M. Zambito par voie de communiqué. Les dirigeants de l’entreprise, Michel et Éric Caron, affirment qu’« ils n’ont jamais versé un pot-de-vin ou une ristourne quelconque, directement ou indirectement, à qui que ce soit pour obtenir la commande d’Infrabec pour ce projet ». Ils n’ont eu « aucune discussion » avec M. Abdallah sur le projet et ils n’ont « aucune connaissance » d’une quelconque intervention de sa part.


L’avocat de M. Abdallah, Christian Desrosiers, estime qu’il sera difficile de poursuivre Lino Zambito en diffamation puisqu’il bénéficie de l’immunité lors de son témoignage. « On est en train de regarder ça. Ce n’est pas clair si on peut poursuivre ou non, et ce sera difficile, mais c’est une question de principe pour mon client », a-t-il dit.


Le maire Gérald Tremblay s’est bien gardé de commenter la sortie de son ancien directeur général. « Je suis dans une situation perdante-perdante. Je l’ai déjà vécu, et je ne veux pas le revivre », a-t-il dit.

 

Liens avec Accurso


Robert Abdallah a dû s’expliquer sur ses liens d’amitié avec Tony Accurso, homme d’affaires accusé de fraude dans deux affaires distinctes et montré du doigt comme étant l’un des principaux architectes et bénéficiaires des stratagèmes de collusion dans l’octroi des contrats à Montréal.


M. Abdallah connaît Tony Accurso depuis plus de 30 ans. Il ne croit pas s’être placé dans une situation de conflit d’intérêts ou d’apparence de conflit d’intérêts lorsque son ami décrochait d’importants à la Ville, alors qu’il en était le directeur général. « Je vous mets au défi de trouver une recommandation où j’ai favorisé les compagnies de Tony Accurso », a-t-il dit.


M. Abdallah a séjourné sur le luxueux yacht de l’entrepreneur après avoir quitté la Ville de Montréal, en mai 2006. Il a attendu jusqu’à novembre 2008 pour accepter un poste au sein de Gastier, l’une des nombreuses propriétés de Tony Accurso, pour un mandat de deux ans qui a pris fin en septembre 2010.


Pressenti pour diriger le Port de Montréal en 2007, il a confirmé tout au plus qu’il avait posé sa candidature et rencontré les membres du conseil d’administration.


Le sénateur Léo Housakos et l’ancien responsable des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas, ne sont jamais entrés en contact avec lui à ce sujet. Et il ne leur a jamais demandé d’intercéder en sa faveur. « On est en train de chercher un cadavre qui n’existe pas », a lancé M. Abdallah.

12 commentaires
  • Francois Gagnon - Inscrit 19 octobre 2012 06 h 09

    Où est le cadavre ?

    Le cadavre n'existe probablement plus parce qu'il a àtà incinéré et les cendres dispersées !

  • Louis Maxime - Inscrit 19 octobre 2012 07 h 26

    C'est pathétique !

    Quand on est en chômage et que l'on lit cela, ça décourage totalement.
    Comment on fait pour se motiver ?
    Comment on fait pour entrer à la Ville ?
    Les politiciens et les fonctionnaires mentent comme ils respirent,
    c'est pathétique et ça fait mal à regarder.

  • Daniel Simard - Inscrit 19 octobre 2012 07 h 47

    Trouver une recommandation...

    C'est bien sur que l'on n'en trouvera pas, comme si les mafieux établissaient
    leurs manigances par écrit...il est comique lui.

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 19 octobre 2012 09 h 14

    Pas de traces, pas de crimes...

    Il y avait quelque chose de risible dans la réponse de R. Abdallah hier à l’émission de A-M. Dussaut. «Venez vérifier mes livres comptables… trouvez-moi l’endroit où j’aurais pu cacher de l’argent… Je mets quiconque au défi de trouver quelque chose…» comme si les pots-de-vin étaient compilés au vu et au su de tous dans les colonnes des dépenses!

  • Michele Johnston - Inscrit 19 octobre 2012 10 h 20

    Oui pathétique!

    Comme l'histoire du voleur qui crie «au voleur !!! ». Mentez mentez .... il en restera toujours quelque chose!