Matricule 728: le directeur du SPVM présente ses excuses

Le chef du SPVM, Marc Parent, a qualifié l'incident avec l'agente 728 de troublant et d'inacceptable, qui n'a rien à voir avec les valeurs préconisées par le SPVM.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le chef du SPVM, Marc Parent, a qualifié l'incident avec l'agente 728 de troublant et d'inacceptable, qui n'a rien à voir avec les valeurs préconisées par le SPVM.
Des images diffusées la veille par la télévision de Radio-Canada montrent la policière — mieux connue pour son numéro de matricule, le 728 — interpellant de manière excessivement musclée un Montréalais lors d'une intervention sur le Plateau Mont-Royal.

Un enregistrement audio réalisé par inadvertance quelques minutes plus tard permet d'entendre la policière Trudeau y aller de commentaires dégradants à l'endroit des citoyens en question.

Le directeur Parent a cherché à distancer tout le service de cet incident.

«Je trouve important de réaffirmer que ces propos sont complètement inacceptables, qu'ils sont intolérables et qu'ils ne sont pas du tout en lien avec nos valeurs, qu'ils ne sont pas du tout acceptés par l'ensemble des employés du SPVM et qu'ils sont carrément en contradiction avec ce que l'on préconise comme comportement et comme valeurs au niveau de nos employés.»

Suspension durant l'enquête

Il a expliqué que la policière Trudeau ne pouvait pas être maintenue dans ses fonctions et a même reconnu qu'elle pouvait effectivement représenter une certaine menace pour les citoyens.

«Dès hier [mercredi] on a désarmé cette policière, on l'a mutée administrativement dans de nouvelles fonctions», a-t-il expliqué. «À compter de maintenant, elle est suspendue durant la durée de l'enquête. Et c'est une enquête qui va être faite de façon accélérée compte tenu des circonstances, des enjeux associés aux différents faits qui ont été révélés qui sont carrément troublants.»

Il a rappelé que le service de police s'est doté d'une politique de tolérance zéro envers le profilage — qu'il soit racial, politique ou social.

M. Parent a aussi admis que le comité de déontologie du SPVM a été saisi de quelques plaintes à son sujet depuis le début de sa carrière.

Stéphanie Trudeau avait défrayé les manchettes une première fois au printemps dernier, quand elle avait copieusement aspergé de gaz poivré des manifestants apparemment pacifiques qui participaient à une marche étudiante, une scène filmée par un participant. C'est à ce moment que son numéro de matricule avait été connu du public.

M. Parent a expliqué jeudi que des démarches avaient été entreprises depuis cet incident et que la policière faisait l'objet d'un encadrement plus serré, notamment en ce qui concerne les situations auxquelles elle était exposée. Il se questionne maintenant sur l'efficacité du système de détection en place, et de la supervision à laquelle elle était soumise.

«Il y a des policiers aujourd'hui qui ne sont pas fiers de voir comment elle a pu ternir non seulement le SPVM mais l'ensemble de la communauté policière par les propos qui ont été tenus», a-t-il conclu.
 
33 commentaires
  • Catherine Brunelle - Abonnée 11 octobre 2012 15 h 38

    Je parierais que Madame Trudeau blâme les musiciens pour sa présente situation. Elle me semble tout à fait le genre de personne inapte à reconnaitre ses tords, et donc ultimement incapable de les corriger.

  • Normand Richard - Inscrit 11 octobre 2012 15 h 55

    Comme au temps des chemises brunes

    Voire ce genre de comportement policier à Jérusalem ou à Damas ne surprendrait guère, mais à Montréal!

    Qu’aurait-il fallu que le matricule 728 fasse de plus pour être congédié sur-le-champ? Tuer?

    • Franklin Bernard - Inscrit 11 octobre 2012 18 h 29

      Vous rendez-vous compte de ce que votre commentaire peut avoir de préjugé xénophobe, pour ne pas dire raciste?

  • Martine Fortin - Inscrite 11 octobre 2012 16 h 00

    Meilleure sélection pour les policières

    Il est évident que plusieurs candidats réussissent à passer à travers les filets de sélection pour obtenir cet emploi payant en plus d'obtenir un fond de pension en or qui nous coûte beaucoup trop cher et qui doit être corrigé à la baisse rapidement.

    Une sélection minutieuse à la base permettrait d'éliminer en partant les pommes pourrites et les personnes qui manquent de jugement et de maturité. La réputation de la police en souffre énormément. A y voir.

  • Sébastien Chabot - Inscrit 11 octobre 2012 16 h 16

    Autocritique

    Le cas de la policière est une chose mais je n'ai vu aucun de ses collègues essayer de la calmer et ses propos et son mépris semblent être acceptés par les autres policiers.

    Il faut que la police arrête de parler de valeurs et qu'elle commence à respecter les citoyens, point à la ligne.

    Sébastien

  • Marc-André Fortier - Abonné 11 octobre 2012 16 h 18

    Troubles psychologiques

    Il semble que la policière en question soit au prise avec des problèmes de gestion de la colère.

    Bien que la suspension soit de mise, cette personne a clairement besoin d'aide professionnelle. L'agressivité dont elle a fait preuve au printemps et encore la semaine dernière est symptomatique à mon avis d'un trouble profond.

    Au delà de la réputation du SPVM (cette question m'apparaît triviale), je me questionne sur le nombre d'individu employés au SPVM qui démontrent des comportements similaires à celui de madame Trudeau, abus d'autorité, agressivité et manque de jugement dans l'exercice de leurs fonctions et j'en vient à me demander si l'entraînement qu'ils reçoivent avant d'endosser l'uniforme est suffisant.

    Aussi, à l'écoute des propos de Mme. Trudeau et la façon dont elle s'exprime, je me questionne sur les critères de sélection à l'embauche au SPVM. La faiblesse du langage utilisé et les préjugés évidents qu'a la dame envers certaines classes de notre société ne peuvent être passé inaperçu lors de son embauche.

    Désolant et troublant.