Stationner sans ma voiture

Importé de San Francisco, l’événement Park(ing) Day fera une percée importante à Montréal cette année. À l’initiative du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, près d’une quarantaine de places de stationnement tarifées seront squattées par des chaises longues, des plantes et des parasols le 21 septembre prochain.


Le concept du Park(ing) Day est simple : il suffit de mettre de l’argent dans le parcomètre, puis d’aménager l’espace au gré de sa fantaisie. Lorsque le temps autorisé par le parcomètre est écoulé, on remballe mobilier et accessoires et on libère l’espace.


Né à San Francisco en 2005 à l’initiative du studio de design Rebar, le Park(ing) Day est un mouvement de réappropriation de l’espace urbain qui s’est répandu dans 35 pays.


« On veut lancer comme message que si on faisait une meilleure gestion et une meilleure tarification des espaces de stationnement au centre-ville, on pourrait réallouer de l’espace urbain à d’autres fonctions que l’entreposage des véhicules personnels », explique Daniel Bouchard, responsable des campagnes de transport au CRE. « Donc, on va verdir, aménager des espaces publics et, peut-être, installer des piscines ou un théâtre. »


Mais à Montréal, il est interdit d’utiliser une place de stationnement autrement qu’en y garant un véhicule motorisé. Le CRE aurait souhaité que les agents de stationnement et les policiers fassent preuve de tolérance pour l’occasion, mais incapable d’obtenir une telle assurance, l’organisme a finalement choisi de se plier aux règles en vigueur. Le CRE a donc conclu une entente avec Stationnement Montréal en prévision de l’événement.


Ainsi, le 21 septembre, en marge de la journée En ville sans ma voiture organisée par l’Agence métropolitaine de Montréal, entre 30 et 40 places de stationnement tarifées dispersées dans plusieurs quartiers de la ville seront aménagées par des organisations telles que le Centre d’écologie urbaine, Équiterre et les éco-quartiers.


Le CRE entend aussi occuper une quinzaine de cases de stationnement à proximité du Vieux-Port de Montréal, où se tiendra cette année l’événement En ville sans ma voiture. Ce « coup d’éclat » sera réalisé en collaboration avec l’Association du design urbain du Québec et le Centre de diffusion d’art multidisciplinaire de Montréal DARE-DARE.


Malgré l’interdit, Daniel Bouchard encourage les citoyens à participer à l’événement en investissant une place de stationnement de façon spontanée le 21 septembre. Il s’empresse toutefois de préciser qu’ils devront mettre des sous dans le parcomètre et quitter les lieux s’ils reçoivent un avertissement.

6 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 7 septembre 2012 08 h 00

    10 ans et peu de résultats

    L'impact des journées En Ville sans ma Voiture pourrait être jugé très faible devant le constat que le problème de la circulation automobile ne cesse d'augmenter. On fait une fête d'un jour, puis le lendemain et les 363 jours qui suivent, la vie reprend son cours car la fête est terminée.

    Une fête sans lendemain ? Alors, le moment est venu de changer la formule. Les fêtes ne créent pas les révolutions.

  • Franklin Bernard - Inscrit 7 septembre 2012 08 h 35

    On devient fou ou quoi?

    C'est déjà devenu un véritable enfer de stationner au centre-ville de Montréal, particulièrement justement à proximité du Vieux-Port. Le nombre de places de stationnement rétrécit comme peau de chagri et les tarifs sont rédhibitoires. Et voilà que quelques bobos en mal de reconnaissance faussement écolos veulent «réallouer l'espace urbain à d'autres fonctions que l'entreposage des véhicules personnels.»

    On est dans une VILLE, bon sang, pas à la campagne! En ville, il y a des véhicules. Les véhicules sont devenus, au fil des siècles, source de vitesse, d'efficacité, de commodité pour le transport des personnes er des biens. Ils font prospérer les affaires et sont créateurs de richesses. Appelons ça la rançon du progrés, d'accord. Elle a ses inconvénients, et on doit y faire attention. Mais on ne peut pas aller contre le sens de l'Histoire des sociétés industrielles par la seule volonté de quelques illuminés verts bidon. On voit déjà les fantaisies du roitelet Ferrandez tuer à petit feu les commerces du Plateau-Mont-Royal.

    Faire en sorte que les automobiles parcourent deux fois plus de kms en ville que nécessaires pour cause de sens uniques grotesques et de stationnements déficients ne me semble pas d'une grande conscience écologique. Le calcul est simple: si 1 voiture doit faire 1 km de plus par jour simplement pour se rendre à un commerce, ça fait 365 kms par année. Multipliez par, disons, 13000 voitures par jour, ça fait 1,095,000 kms inutiles parcourus chaque année.

    Les avions de ligne sont une des plus grosses sources de pollution moderne. Je suggère donc qu'on aille occuper les pistes de l'aéroport de Dorval avec des chaises longues pour «se réapproprier un peu de banlieue», notamment au moment où les mêmes écolos bidon seront en partance pour leur sacro-saint sud.

    Les bovins qui paissent sont une des plus grosses sources d'émanation de méthaner. Qu'on abatte tous les bovins!

    Les centrales électriques et les barrages hydro-électriques sont d'immenses des

  • Olivier Carrier - Inscrit 7 septembre 2012 10 h 07

    Wow

    Non mais à quel point l'homme est-il devenu esclave de la bureaucratie quand la Conférence Régionale des ÉLUS ne peut s'imposer aux donneux de tickets?

    À quelque part, Max Weber est mort de rire.

  • Franklin Bernard - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 11

    Pour termniner mon commentaire


    Les centrales électriques et les barrages hydro-électriques sont d'immenses destructeurs de la nature. Qu'on supprime l'électricité, et qu'on reboise à Manic! On fonctionnera au charbon et au pétrole. Ah oui, mais...

    Etc...

    Ou alors allons jusqu'au bout, interdisons purement et simplement toute circulation automobile dans la ville de Montréal et revenons au bon vieux cheval, au lieu de ces manifestations de fausse conscience écologique, qui représentent un réel danger: celui de détourner l'attention des véritables solutions pour lutter contre le fléau automobile, et la pollution qu'il engendre.

    • Marie-Claude Huot - Abonné 7 septembre 2012 14 h 48

      Vous voulez dire que vous ne pouvez aucunement vous organiser autrement (covoiturage, transport en commun...) pour une seule journée! Wow! c'est de la dépendance ça!

  • Franklin Bernard - Inscrit 8 septembre 2012 11 h 17

    @ Mme Huot

    Ne voyez-vous pas que mon commentaire dépasse largement le cadre d'une petite journée «sans ma voiture»? Oui, je peux me passer de ma voiture une journée. Et même plus. Oui, je peux prendre les transorts en commun. Là n'est pas la question. Je me dresse ici contre cette hystérie collective anti-automobile qui ne sait que créer de minuscules événements ponctuels, animés par quelques faux écolos, et sans aucun effet sur les véritables enjeux. Tout ce que ce genre de poussée de fièvre démagogique fait, c'est de créer encore plus d'embouteillages et de kms inutiles parcourus par les voitures, sans offrir aucune solution à un mal profond, qu'on ne peut pas régler en fermant les yeux et en se contentant de faire semblant.