Luc Ferrandez menacé d’expulsion du conseil municipal

Le manque d’assiduité de Luc Ferrandez aux séances du conseil municipal de Montréal a provoqué des échanges acerbes, jeudi, entre les différentes formations politiques présentes à l’hôtel de ville. Le parti du maire Gérald Tremblay a menacé de démettre de ses fonctions le maire du Plateau Mont-Royal si celui-ci n’assistait pas à la prochaine assemblée du conseil. Il a aussi exigé des excuses de la part de Projet Montréal, Richard Bergeron, qui a comparé certains élus de l’équipe du maire à des « patates ».


Un élu qui omet d’assister aux séances du conseil pendant 90 jours consécutifs s’expose à perdre son siège, stipule la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. Or la dernière présence de M. Ferrandez au conseil municipal remonterait au 14 mai dernier. Projet Montréal soutient que le maire du Plateau a été présent à l’assemblée du mois suivant, soit le 18 juin, mais le procès-verbal indique plutôt qu’il était absent sans motif.


Il n’en fallait pas plus pour inciter le leader de la majorité, Marvin Rotrand, à annoncer son intention de demander au greffier de déclencher une élection partielle si le maire du Plateau ne se présentait pas à la prochaine assemblée qui aura lieu le 30 août prochain.


Richard Bergeron s’est porté à la défense du maire Ferrandez, qui est en vacances à l’extérieur du pays cette semaine. En entrevue à l’émission de Benoît Dutrizac, M. Bergeron a reconnu que la fonction d’élu municipal comportait des obligations, dont celle d’assister aux débats du conseil, mais que Luc Ferrandez n’appréciait guère cette tâche. « Cependant, il travaille 70-80 heures par semaine et se dévoue corps et âme à la gouvernance du Plateau, a indiqué le chef de Projet Montréal. Mais on va s’assurer qu’il sera au prochain conseil. »

 

Des « patates »


Poursuivant sur sa lancée, M. Bergeron s’en est ensuite pris à certains élus du parti de Gérald Tremblay qui siègent depuis des années au conseil, mais qui participent rarement aux débats. « Ils jouent à des jeux sur ordi, ils regardent des films, ils vont dans leur compte Twitter. Ils ne prennent jamais la parole, ils ne lisent même pas leurs documents ! Ils sont assis là comme des patates », a-t-il lancé à l’animateur.


Par voie de communiqué en fin de journée, Marvin Rotrand a exigé des excuses du chef de Projet Montréal. « Les propos tenus par Richard Bergeron sont méprisants à l’égard des citoyens. En comparant des représentants élus par les Montréalais à des patates, M. Bergeron exprime un manque de respect sans précédent et se discrédite en tant que leader politique. Il doit retirer ses propos et s’excuser publiquement. »


En mai 2011, le Journal de Montréal avait fait une compilation des présences de Luc Ferrandez au conseil municipal. Il avait constaté que M. Ferrandez n’avait assisté qu’à 27 des 72 séances au cours des deux années précédentes.

3 commentaires
  • Claude Lachance - Inscrite 24 août 2012 08 h 09

    Ben quoi?

    On est petit roi, ou on l'est pas? Ferrandez se dévoue à préserver son arrogance, à planifier l'ajout de beton à chaque coin de rue, pour y mettre des fleurs, et empêcher la circulation de circuler. Il faut du temps, beaucoup de temps, pour créer des labyrinthes aussi tordus dans si peu d'espace, Prochaine étape? Remplacer les trottoirs par des potagers obligatoires avec une poule en prime?

  • Victoire Selye - Inscrit 24 août 2012 17 h 32

    Appelons les choses par leur nom

    Monsieur Bergeron s'est à mon avis mis les pieds dans son plat (juste à côté de ses patates).

    On n'aime pas que les gens qu'on défend se fassent comparer à des patates mais on ne fait rien pour prouver que la comparaison est injustifiée.

    Dans mon livre à moi, si ça ressemble à s'y méprendre à des patates, quand même que ça n'en soit pas, il me semble que j'ai le droit au moins de faire la comparaison. Quand Monsieur Bergeron nous prouvera le contraire, on cessera fort probablement de comparer son monde à des légumes. D'ici là, on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas du pain sur la planche, et un changement d'attitude s'impose s'ils veulent même prétendre s'acquitter de leurs responsabilités (faut-il vraiment leur rappeler qu'ils en ont?).

    Ils sont encore chanceux de seulement se faire comparer à des légumes, ce qui est somme toute sans conséquence. Dans une entreprise, on leur aurait montré la porte.

  • Franklin Bernard - Inscrit 29 août 2012 07 h 56

    Ferrandez est une erreur historique.

    Après avoir montré son mépris total à la fois des milliers d'automobilistes montréalais qui doivent passer par son petit royaume pour traverser la ville et des commerçants qui y voient leur clientèle fondre à vue d'oeil en inventant un système absurde de détournement et de bloquage de la circulation pour plaire à quelques bobos snobs et faussement écolos, le gros de son électorat, voilà qu'il fait la preuve de son manque d'intérêt réel pour la vie de ses administrés.

    C'est quand, les prochaines élections municipales, déjà? Gens du Plateau, réveillez-vous.