Bixi International en vente la semaine prochaine

Montréal lancera le processus de mise en vente du volet international de Bixi la semaine prochaine. C’est ce qu’a annoncé, jeudi, le président de la Société de vélo en libre-service (SVLS), Roger Plamondon, en écorchant au passage le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, à qui il reproche d’avoir mis des bâtons dans les roues de Bixi.

Roger Plamondon ne digère pas encore l’attitude du ministre Lessard dans le dossier de Bixi. En 2011, le ministre a contraint Montréal à se départir des opérations de la SVLS à l’étranger, condition qu’il avait imposée pour permettre à la Ville d’éponger la dette de 37 millions de la Société et de garantir sa marge de crédit de 71 millions. En juin dernier, le ministre a soutenu qu’il n’avait jamais posé une telle exigence, mais qu’une nouvelle formule de gestion devait être trouvée car, jugeait-il, les contribuables montréalais n’avaient pas à financer un « bécyk à pédales ».


Vendra ? Vendra pas ? Roger Plamondon dit qu’il ne sait pas si une transaction sera conclue, mais que faute de directives claires, il doit poursuivre les démarches amorcées l’an dernier pour trouver un nouvel acquéreur. La SVLS lancera donc, la semaine prochaine, un appel de propositions destiné à une trentaine d’entreprises et institutions, ici et à l’étranger, souhaitant mettre la main sur les activités de Bixi.


« Il est clair que peu importe le scénario, nous devons, à titre d’administrateurs, évaluer quelle est la juste valeur de Bixi. On va au moins faire ça en allant sur le marché pour dire qu’on est à vendre. Et là, on va obtenir les propositions. À ce moment-là, le ministre “ Bécyk à pédales ”, ou son successeur, prendra la décision qui sera nécessaire. »


Mais Roger Plamondon demeure fermement opposé à la vente du volet international de Bixi : « J’ai démissionné l’an dernier à cause de la vente de Bixi. À ce moment-là, j’avais dit que je ne pouvais pas être d’accord et je demeure foncièrement en désaccord avec l’idée de vendre. » S’il est toujours en poste, c’est parce que le maire Tremblay lui a demandé de finaliser le dossier de New York et de mettre en place le processus de vente de Bixi International. Mais à la mi-octobre, il compte bien quitter la SVLS.


Malgré tout, M. Plamondon demeure optimiste. Les opérations montréalaises de Bixi devraient faire leur frais en 2012, dit-il, car le service de vélo compte maintenant 49 227 membres et les déplacements ont dépassé le cap des 2,7 millions.


Bixi a cependant bouclé l’année 2011 avec un déficit de 3,4 millions. Et comme une correction comptable a dû être apportée aux revenus du contrat de Londres, les pertes ont atteint 4,8 millions. Dans les faits, cette modification comptable n’aura aucun effet sur la trésorerie de la Société, assure M. Plamondon. Quant au déficit accumulé, il atteint maintenant 15,6 millions.


La SVLS a poursuivi le remboursement de son prêt à la Ville de Montréal au rythme de 250 000 $ par mois, et le solde s’établit aujourd’hui à 33,75 millions.

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