Biosphère : Tremblay doit agir

Les conservateurs souhaitent transformer la Biosphère en centre météorologique d’ici 2013.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les conservateurs souhaitent transformer la Biosphère en centre météorologique d’ici 2013.

Le débat au sujet du changement de vocation de la Biosphère se transporte à l’Hôtel de Ville de Montréal. Une motion déposée récemment par une conseillère de Projet Montréal somme l’administration Tremblay de faire pression sur le gouvernement fédéral pour maintenir les activités muséales du célèbre dôme du parc Jean-Drapeau.

L’initiatrice de la motion, la conseillère de De Lorimier, Josée Duplessis, invoque un protocole d’entente signé en 1991 par le conseil municipal de Montréal et le gouvernement du Canada. Elle estime que cette entente prévoit le maintien des activités muséales de la Biosphère jusqu’en 2016.


Le gouvernement conservateur a toutefois laissé entendre ce printemps que dans la foulée des coupes budgétaires, l’offre muséale serait remplacée par un centre météorologique d’Environnement Canada d’ici la fin de 2013.


« Aller mettre un siège social de fonctionnaires dans un parc comme ça, ça n’a aucun sens ! Ça veut dire que ce n’est plus un édifice patrimonial, que ce n’est plus un édifice accessible au public non plus, qu’il perd sa vocation première », s’insurge la conseillère municipale.


Elle assure que le protocole d’entente qui lie la Ville au gouvernement fédéral est contraignant et que celui-ci doit obtenir l’aval du conseil municipal pour modifier la vocation de la Biosphère. « Mais on connaît les conservateurs et leur côté assez cow-boy. Ils pourraient très bien menacer de fermer la biosphère, ajoute-t-elle. Il faut que le maire Tremblay fasse du lobbyisme auprès du gouvernement fédéral. » La motion devrait être débattue à l’Hôtel de Ville le 20 ou le 21 août prochain.


Le vice-président du comité exécutif et responsable de l’environnement et du développement durable à la Ville de Montréal, Alan DeSousa, a refusé d’indiquer si la Ville accédera ou non aux demandes de Projet Montréal. « La motion est intéressante, mais nous ne nous prononcerons pas sans avoir tous les faits, toutes les analyses. […] On va avoir des discussions avec Environnement Canada et on va être capable de faire une analyse complète sur ce qu’ils ont en tête et sur nos droits et nos obligations vis-à-vis du bâtiment », s’est-il contenté d’affirmer, sans préciser à quel moment ces discussions pourraient mener à une décision. « Il faut s’assurer de faire une bonne analyse des droits et obligations de chacun », a-t-il répété.


La Biosphère est « le seul musée d’environnement en Amérique du Nord ». Environ 90 000 visiteurs - en majorité des groupes scolaires - s’y rendent chaque année pour profiter d’activités éducatives au sujet des grands enjeux environnementaux. Au début des années 1990, le gouvernement fédéral a investi plus de 17 millions de dollars pour l’aménagement et l’exploitation du Centre d’interprétation sur l’eau et l’environnement afin de souligner le 350e anniversaire de la Ville de Montréal en 1992.

2 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 10 août 2012 14 h 54

    Émotions positives

    Il pourrait y avoir une salle au sujet de la création des émotions positives dans cette biosphère, car Norman Cousins était un amin de Buckminster Fuller et Cousins a écrit sur le rire guérisseur mais ;lus généralement sur le pouvoir des émotions positives sur la santé, comaine généralement nommé la neuro-psycho-immunologie.

  • Pierre Deschenes - Inscrit 15 août 2012 12 h 32

    Poursuivre la vision et la mission

    Il faut se rappeler que la renaturalisation de la pointe de l'île Ste-Hélène jusqu'à et incluant, dans un deuxième temps la Biosphère, furent réalisées grâce à la contribution du gouvernement fédéral pour le 350e de Montréal en 1992. La ville de Montréal, via l'AMARC, le prédécesseur de la Société du Parc Jean-Drapeau (SPJD), s'était donné une vision de faire du leg de l'expo 67 un parc urbain à vocation environnementale et éducationelle. Cette dimension était très présente dans le projet de réaménagement de l'île Ste-Hélène et avait du fait influencé la renaissance de la Biosphère en musée. Tout se tenait, ne restait plus qu'à assurer la suite opérationnelle.
    Aujourd'hui, 20 ans plus tard, on commence à se demander où s'en va cette vision. La SPJD demeure silencieuse dans ce débat, alors qu'elle devrait se positionner comme championne de ce site unique au monde. La Ville, de son côté, doit forcer le fédéral à respecter ses engagements vis-à-vis la Biosphère (et la vision globale du Parc Jean-Drapeau) et elle doit poursuivre le développement et la réalisation de la vision originelle d'un parc urbain à vocation éducationnelle environnementale. Sans la promotion et le partage de cette vision, la Ville continuera à se comporter comme la pauvre victime de décisions la concernant, mais prises à l'extérieur de son leadership. Les legs de Buckminster Fuller, de Calder, du site de l'expo 67, de la plage dorée (Doré), méritent que l'on poursuive dans l'action cette vision. Montréal aime se promouvoir comme ville de design, pronant la qualité de vie, etc. Aujourd'hui ses actes doivent ancrer ces paroles dans la défense du travail des 20, 50, 100 dernières années, depuis les plages de l'île Ronde au Parc Jean-Drapeau.

    Pierre Deschênes, directeur de projet du Parc Jean-Drapeau (Parc des îles) de 1990-92