Prostitution : la loi s’appliquera même en « zone de tolérance »

Gérald Tremblay a réitéré la position de son administration qui s’est opposée à la proposition de Réal Ménard d’utiliser une cour de voirie pour accueillir les prostituées.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gérald Tremblay a réitéré la position de son administration qui s’est opposée à la proposition de Réal Ménard d’utiliser une cour de voirie pour accueillir les prostituées.

Les policiers d’Hochelaga-Maisonneuve n’ont pas l’intention de fermer les yeux sur les activités de prostitution dans la « zone de tolérance » que souhaite créer le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. Le chef du poste de quartier 23, l’inspecteur François Cayer, croit qu’il faudra adopter une autre approche pour faire face aux problèmes liés aux travailleuses du sexe dans ce quartier de l’est de Montréal.

« M. Ménard a mis une proposition sur la table, mais la loi ne nous permet pas de dire qu’on peut fermer les yeux », a indiqué hier au Devoir l’inspecteur Cayer.


La semaine dernière, le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM), Réal Ménard, avait fait connaître son intention de créer une zone de tolérance dans un secteur industriel de la rue Sainte-Catherine Est de manière à éloigner les prostituées des zones résidentielles. L’arrondissement se devait d’agir compte tenu de l’exaspération des citoyens, avait insisté M. Ménard. Les élus ont donc convenu de créer une zone où les travailleuses du sexe ne se feraient pas importuner par les policiers. « Ce qu’on demande aux policiers, c’est de déplacer les filles dans cette zone-là et d’être plus tolérants », avait expliqué M. Ménard.


Selon l’inspecteur Cayer, cette solution est inapplicable pour les policiers qui se doivent de faire appliquer la loi. En revanche, miser sur la répression pure et simple ne donnerait pas des résultats durables et chasserait les prostituées ailleurs, dans d’autres arrondissements, admet-il, une stratégie que ne prône pas le comité de sécurité urbaine d’MHM dont il fait partie.


« La prostitution dans Hochelaga est liée à la consommation de crack et d’héroïne. C’est un problème de santé publique. […] On ne parle pas d’une escorte qui fait ça pour payer son condo », dit l’inspecteur Cayer en évoquant les problèmes de santé et de toxicomanie des prostituées de rue qui opèrent dans les rues d’Hochelaga-Maisonneuve.


Selon lui, une meilleure coordination des services de santé serait une solution plus appropriée pour gérer le problème. Pour illustrer ses propos, il évoque l’ouverture éventuelle d’un site d’injection supervisée qui, sans éradiquer la consommation de stupéfiants, permettra au moins de limiter les effets indésirables dans le quartier.

 

Risque de poursuite


La question de la zone de tolérance a rebondi au conseil municipal hier après-midi. Le maire Gérald Tremblay a alors réitéré la position de son administration qui s’est opposée à la proposition de Réal Ménard d’utiliser une cour de voirie pour accueillir les prostituées. « On avait une opinion juridique à l’effet que nous risquions d’être poursuivis si on tenait un endroit de débauche sur la place publique ou encore être accusés de proxénétisme si je donnais suite à sa demande », a-t-il expliqué.


Malgré tout, Réal Ménard n’entend pas renoncer à son projet. « Je vais faire la bataille pour mettre fin à ce statu quo, a-t-il dit. Les propos de votre administration sont inacceptables. C’est irresponsable que vous vouliez maintenir la prostitution dans les corridors scolaires, en milieu commercial et en milieu résidentiel. »

4 commentaires
  • Charles F. Labrecque - Inscrit 19 juin 2012 08 h 33

    Homophobie

    Monsieur l'inspecteur se demande s'il ne devrait pas employer un autre approche pour contrer ce malaise de la prostitution dans leur arrondissement et la réponse devrait être oui. Pour se faire changez le comportement homophobe de vos policiers et demandez leur d'arrêter plutôt les hommes clients toute en publiant leur nom, je peux vous assurez que n'ayant plus de clients le problème sera en parti réglé. La ville de Sherbrooke et la ville de Québec l'ont essayées par le passé et je crois que cela a porté fruit. Suite à une lettre semblable que j'avais publiée dans les journaux locaux

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 juin 2012 15 h 19

      Quel est le rapporte entre l'homophobie et l'arrestation des clients?

  • Franklin Bernard - Inscrit 19 juin 2012 09 h 57

    Tiens, Gerry Tremblay sort de son sommeil

    Lui qui est infichu de s'occuper de réparer les chaussées de sa ville en état de total délabrement, de lutter contre la crasse qui envahit Montréal chaque jour davantage, de faire organiser une circulation intelligente autour des cette lèpre grandissante des chantiers anarchiques, de planifier lesdits chantiers de manière un peu moins incohérente (peut-on croire, par exemple, qu'on barre deux artères principales est-ouest du même quartier, soit St-Joseph et Laurier, à la hauteur de St-Laurent EN MÊME TEMPS?), et j'en passe, voilà qu'il a le temps de s'occuper des prostituées d'HoMa? C'est un dossier majeur?, ça? On croit rêver.

    C'est quand, déjà. les prochanes élections municiales?

  • Clément Doyer - Abonné 19 juin 2012 13 h 05

    Montréal, zone sinistrée

    Les nids de poule(s?) me font penser aux pires rues de la Birmanie, les chantiers anarchiques sont uniques sur la planète, la circulation est illogique, pas de planification, les flics font du surtemps pour assomer les jeunes et distribuent les tickets aux automobilistes avec des quotas à remplir sans réfléchir aux dilemmes des visiteurs qui ne sont pas prêts à ces situations invraisemblables...
    C'est ça la métropole du Kébec?
    À éviter!
    Clément Doyer