Le projet d'école de L'Île-des-Soeurs renaît

L’arrondissement de Verdun reviendra à la charge avec le controversé projet de construction d’une école primaire dans le parc de la Fontaine, à L’Île-des-Sœurs. Cette fois, il n’aura pas à soumettre le projet à l’approbation référendaire puisque l’Assemblée nationale a accepté à l’unanimité, mercredi, de modifier la Charte de la Ville de Montréal de manière à éliminer cette obligation.

La construction de l’école avait dû être abandonnée en octobre 2011 parce que les opposants avaient été suffisamment nombreux à signer un registre pour bloquer le projet. Après cet échec, la Ville s’était tournée vers Québec pour demander que l’article 89 de la Charte de la Ville soit modifié afin d’inclure les écoles parmi les équipements collectifs qui n’ont pas à être soumis à la consultation référendaire.
 
Mercredi, l’Assemblée nationale a exaucé le vœu de la Ville. « Je pense que c’est une bonne nouvelle pour les citoyens », a indiqué le maire de Verdun, Claude Trudel, qui entend rencontrer sous peu les représentants de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys afin de connaître leurs intentions.
 
Le feu vert de l’Assemblée nationale a redonné espoir à l’Association des familles de L’Île-des-Sœurs, qui réclame depuis des années la construction d’une deuxième école sur l’île compte tenu du boom démographique dans ce secteur. Le mois dernier, la commission scolaire avait fait savoir que 150 élèves seraient transférés à Verdun en 2013, ce qu’avait déploré le représentant des parents, Olivier Drouin.
 
Les opposants à l’implantation d’une école dans le parc de la Fontaine n’entendent pas baisser les bras. « C’est une triste journée pour la démocratie, a commenté Mario Langlois, président du Comité de protection du parc de la Fontaine. Ça reflète le manque de volonté politique de considérer les sites alternatifs. » Estimant que le projet d’école va à l’encontre de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, le groupe de citoyens pourrait s’adresser aux tribunaux, a-t-il dit.
 
La relance du projet risque de provoquer une autre tempête, reconnaît Claude Trudel. « Je souhaite qu’on modère le ton de part et d’autre », a-t-il dit.
 
De son côté, la commission scolaire n’a pas voulu commenter ce nouveau rebondissement avant d’avoir discuté du dossier avec la Ville. En avril 2011, le ministère de l’Éducation lui avait accordé une somme de 10,5 millions pour la construction d’une nouvelle école.
 
La modification à la Charte obligera la Ville à soumettre le projet à l’Office de consultation publique de Montréal.

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