Bixi: Québec est maintenant disposé à aider Montréal

<div>
	Fierté du maire Tremblay, le système mis au point à Montréal est maintenant implanté sur trois continents dans des villes comme Londres, Melbourne, Washington et Boston.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Archives
Fierté du maire Tremblay, le système mis au point à Montréal est maintenant implanté sur trois continents dans des villes comme Londres, Melbourne, Washington et Boston.

Après avoir exigé de Montréal qu’elle se départisse du volet international de Bixi, Québec serait maintenant disposé à accommoder la Ville si celle-ci formulait le souhait de maintenir ses activités au sein de la Société de vélo en libre-service (SVLS), a appris Le Devoir.

Dans la foulée du plan de sauvetage de Bixi de 108 millions de dollars entériné par le conseil municipal en 2011, la Ville de Montréal avait été contrainte par le gouvernement du Québec d’entreprendre des procédures pour mettre en vente les activités internationales de la SVLS. Québec invoquait alors le rapport du vérificateur général de la Ville, déposé en juin 2011, qui signalait qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, une municipalité ne pouvait se livrer à des activités commerciales.


En avril dernier, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la vente éventuelle du système Bixi à l’étranger après que le groupe britannique Serco, qui gère les opérations du service de vélo en libre-service à Londres, eut manifesté son intérêt de mettre la main sur les activités internationales de la SVLS.


La vente de Bixi international à des intérêts étrangers signifierait que la SVLS devra céder le concept des vélos et des bornes ainsi que les brevets qui s’y rattachent. Elle mettrait également en péril les 450 emplois créés au Québec en lien avec le projet Bixi, de même que la viabilité du service de vélo en libre-service à Montréal.


La perspective de voir Bixi passer à des intérêts étrangers préoccupe aussi le gouvernement, a indiqué au Devoir une source gouvernementale. Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, serait maintenant enclin à prêter l’oreille à toute proposition de la Ville visant à maintenir à Montréal les activités internationales de Bixi, a-t-on indiqué. Encore faudrait-il que l’administration de Gérald Tremblay en fasse la demande auprès du ministère des Affaires municipales, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant, a-t-on appris.


Reste à voir quelle formule pourrait être utilisée pour rendre le statut de Bixi conforme à la loi et si des aménagements législatifs seront nécessaires. Rappelons que le gouvernement a fait preuve de souplesse dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec avec l’adoption de la loi 204. « Il faudrait que la Ville de Montréal soit un peu créative », a-t-on souligné.

 

« Une machine à sous »


La vente du volet international de Bixi n’enchante guère l’administration Tremblay. Les affaires de Bixi à l’étranger sont florissantes. Le système mis au point à Montréal est maintenant implanté sur trois continents dans des villes comme Londres, Melbourne, Washington et Boston. Au cours des derniers mois, les New York et Chicago se sont ajoutées au tableau de chasse de Bixi.


« Bixi fonctionne bien. L’entreprise qui va l’acheter va faire de l’argent, a souligné mercredi le président du comité exécutif de la Ville, Michael Applebaum. C’est le gouvernement qui nous a dit qu’il fallait vendre. On a dit que ça n’avait pas de sens, que ça fonctionnait bien et qu’on allait perdre 450 emplois. Mais ils nous ont dit : “ Il faut le vendre. ”»


Les contrats décrochés à l’étranger permettront d’ailleurs à la SVLS de rentabiliser des opérations de Bixi à Montréal cette année, une première puisque le système est déficitaire depuis son implantation en 2009. « Bixi, c’est une machine à sous », insiste Michael Applebaum.


Pour l’instant toutefois, la SVLS s’affaire aux préparatifs de la vente avec le concours de firmes juridiques et comptables pour l’aider dans ses démarches. Pour trouver un éventuel acquéreur, un appel sur invitation sera lancé et les procédures devraient être conclues d’ici la fin de l’année. Michael Applebaum souligne que la Ville attendra le moment opportun afin d’obtenir un prix qui soit dans « le meilleur intérêt de la Ville », dit-il.


En 2007, la Ville de Montréal avait fait appel à la société en commandite Stationnement de Montréal, qui détenait l’expertise et avait mis au point les bornes de stationnement informatisées. La Société de vélo en libre-service, un organisme sans but lucratif, a été créée en 2007 pour prendre en charge la gestion du service.


En 2011, rien ne va plus. Aux prises avec une dette de 37 millions contractée auprès de Stationnement de Montréal, la SVLS appelle la Ville à la rescousse. Après d’intenses négociations, Montréal s’entend avec le gouvernement du Québec pour que la Ville éponge la dette de 37 millions et garantisse une marge de crédit de 71 millions. Le gouvernement exige toutefois que la Ville exerce un meilleur contrôle sur la SVLS et qu’elle se conforme aux recommandations du vérificateur général, dont le rapport a été rendu public en juin, soit un mois après que le conseil municipal eut entériné le plan de sauvetage.

5 commentaires
  • Michel Benoit - Inscrit 1 juin 2012 08 h 33

    Le début de la fin des bixidollars

    On aurait vendu plus de 20 000 vélos Bixi sans vraiment connaître le coût moyen ( 3 340 $ ) du système de 5 050 vélos.

    Le rapport annuel 2010 du Vérificateur Général nous dévoilait que des bornes bimodales totalisant 6 600 000 $ ( 25 % de l'actif total ) avaient été comptabilisées dans Stationnement Montréal. La correction devrait être faite dans le rapport financier du 31-12-11 qui se fait attendre.

    L'Agglomération a payé les frais de lancement et de marketing ( contrat de 3 ans, 1 500 000 $ facturés par Morrow Communication ) et Stationnement Montréal a investi les 15 premiers millions en recherche et développement. On a donc volontairement sous-estimé le coût réel du système.

    L'autre réalité serait qu'on n'aurait jamais eu plus de 4 200 vélos Bixi. Depuis octobre 2011, le site internet bike-0-meter.com dévoile le nombre de vélos ancrés dans les systèmes de vélo de plus de 40 villes.
    La mise à jour se fait aux 2 minutes. On aurait présentement moins de
    3 900 bixi ( incluant les 50 de Westmount et les 70 de Longueuil ).
    L'administration Tremblay refuse de rendre public le rapport de livraison des vélos.
    On aurait donc payé le système et les redevances sur 5 050 vélos...

    On réalisera probablement qu'on aurait vendu les vélos à perte ou avec un petit profit réel. Alison Cohen ( Alta Bicycle Share, Oregon ) aurait été la seule cliente derrière les ententes à l'étranger. Elle aurait empoché des millions en commissions sans investir un sou...et sa proposition d'acquisition aurait été insuffisante...

    Mme Cohen avec sa liste de 45 clients potentiels ( petites villes de l'ouest américain + Vancouver + Kelowna ) a réussi à se négocier l'exclusivité du marché américain. Vancouver deviendra probablement la seule cliente de la liste de départ.

    Les villes américaines obtiennent des subventions fédérales et la clause Buy America doit s'appliquer.

    Qui cherche encore les profits pour rembourser la dette ?

  • Bernard Gervais - Inscrit 1 juin 2012 10 h 13

    Pratique, parler de Bixi !

    Le bon maire Tremblay aime bien parler de ses fameux Bixi. Un truc parmi d'autres pour garnir bien sûr les coffres de la Ville.

    De plus, comme son récent règlement contre le port de masques lors de manifestations, une façon pour lui de faire un peu oublier ce que l'escouade Marteau a découvert récemment au sein de son administration municipale !

  • maxime belley - Inscrit 1 juin 2012 10 h 26

    à mort bixi

    à cause d'eux il est difficile de se barrer quand on possède un vrai vélo ils enlèvent les racks à vélo pour mettre des bornes payante...
    En plus ce vélo n'a que 3 vitesses et embourbe les pistes cyclable déjà achalandées, ensuite les auto crient qu'on est dans les rues...

  • André J. Chrétien - Inscrit 1 juin 2012 10 h 57

    ne pas vendre ce beau concept

    il est temps que le gouvernement du Québec se grouille. Je trouve que c'est souvent 2 poids 2 mesures quand il s'agit de dossiers touchant La métropole versus Québec. Québec, une ville qui se compare à Longueuil ou Laval quant à sa populations est souvent avantagé sur Montréal qui elle à une population sur lîle seulement de 2 millions de personnes! Avec les couronnes ça frôle le 4 millions de population. Messieurs et mesdames les ministres de la grande région de Montréal réveillez-vous! mettez de côté votre partisannerie et agissez pour ce à quoi on vous a élu! Montréal est le navire amiral de l'économie du Québec, le saviez-vous???

  • Yves Daoust - Inscrit 1 juin 2012 13 h 14

    Dans l'article on mentionne ce qui suit...

    Le gouvernement exige toutefois que la Ville exerce un meilleur contrôle sur la SVLS et qu’elle se conforme aux recommandations du vérificateur général, dont le rapport a été rendu public en juin, soit un mois après que le conseil municipal eut entériné le plan de sauvetage.

    Parmi les recommandations...taux d'intérêts du prêt de 37$millions à 2 %, devrait être replacer au taux moyens des emprunts de la ville qui est dans les = + ou - 5.5%.
    Et si Montréal aurait utilisé le 37$ milions dans le coffre de réserve pour rembourser 37$ de dette X5%=1,85$million d'économie pour les contribuables par année! voir intervention à la période de questions des citoyens à Mtl sur le lien
    http://www.youtube.com/watch?v=eFv4aCt3CQ0 ou le maire ne nie pas le remboursement à raison de 500,000$/an, qui prendra 69 ans!(sic) sur une immobilisation d'une durée de vie de 8 ans!
    Vive le succès financé par les contribuables dont les élues n'ont que seul privilège que d'adopter la motion du prêt sans aucun droit de regard!