Gérald Tremblay veut devancer l’adoption du règlement sur les masques

Le nouveau règlement, qui interdira le port du masque « sans motif raisonnable » lors de manifestations, pourra entrer en vigueur avant le rassemblement du 22 mai annoncé par la CLASSE. Sur notre photo : des étudiants ont manifesté au son de la musique, hier, au centre-ville.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nouveau règlement, qui interdira le port du masque « sans motif raisonnable » lors de manifestations, pourra entrer en vigueur avant le rassemblement du 22 mai annoncé par la CLASSE. Sur notre photo : des étudiants ont manifesté au son de la musique, hier, au centre-ville.

Les perturbations des derniers jours à Montréal et l’escalade de la violence ont incité le maire Gérald Tremblay à devancer l’adoption du règlement encadrant les manifestations. Une séance extraordinaire du conseil municipal a été convoquée pour vendredi prochain afin que les élus entérinent le projet promptement.

Le nouveau règlement, qui interdira le port du masque « sans motif raisonnable » lors de manifestations pourra donc entrer en vigueur avant le rassemblement du 22 mai annoncé par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).


Cette décision de l’administration d’accélérer l’adoption du règlement - initialement prévue pour le mois de juin - a été annoncée tôt hier matin par voie de communiqué. « Il devient urgent de donner aux policiers le plus rapidement possible tous les outils nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens et la protection des biens publics », a fait savoir le maire.


La veille pourtant, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, le maire Tremblay s’était bien gardé d’en parler. Il avait plutôt lancé un appel au sens des responsabilités des parents, des grands-parents et des membres de l’entourage des jeunes qui manifestent ou qui commettent des méfaits en marge du conflit étudiant. Hier, il a soutenu que cette omission était « volontaire ».

 

Exit, la consultation


L’adoption rapide du règlement ne permettra pas à la Commission de la sécurité publique de faire l’étude publique du projet comme prévu. La séance de la Commission devait avoir lieu le 28 mai. Impossible de convoquer une telle rencontre avant vendredi prochain, a soutenu hier Martine Painchaud, attachée de presse au cabinet du maire : « Le règlement sur les commissions stipule qu’on doit convoquer les gens au moins 14 jours à l’avance avec un avis public publié dans les journaux. »


La chef de l’opposition, Louise Harel, n’a pu s’empêcher de commenter l’empressement soudain du maire à faire adopter le règlement. « C’était peut-être pour réagir à l’effet très, très négatif que sa piètre prestation de jeudi après-midi a eu. Dans l’opinion [publique], il a passé pour un preacher », a-t-elle dit.


Même si elle déplore l’absence de consultation, Louise Harel soutient que son parti votera pour le règlement. « On a toujours la même position. On réaffirme le principe selon lequel la démocratie doit se vivre à visage découvert. Selon nous, c’est aussi une violation de la liberté d’expression que de détourner les rassemblements pacifiques en s’introduisant dans ces manifestations pour faire de la violence », a-t-elle souligné.


Mais de nombreuses questions demeurent quant à la question du « motif raisonnable ». « Là-dessus, on veut des explications », a-t-elle dit. Selon elle, la Ville aurait pu tenir une consultation dès mardi prochain.


Pour sa part, Projet Montréal s’est abstenu de tout commentaire hier, préférant poursuivre sa réflexion.


Le nouveau règlement interdira aux manifestants « d’avoir le visage couvert sans motif raisonnable, notamment par un foulard, une cagoule ou un masque ». Il obligera également les organisateurs de manifestations à communiquer aux policiers l’itinéraire prévu. Tout accroc à ces règles sera passible d’une amende de 500 à 1000 $. Celle-ci pourrait grimper jusqu’à 3000 $ s’il y a récidives.

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