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Montréal étend son réseau cyclable

Les cyclistes verront leur réseau s’agrandir cette année.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Les cyclistes verront leur réseau s’agrandir cette année.

Montréal étend, segment par segment, son réseau cyclable. Au cours des prochains mois, une trentaine de kilomètres de voies cyclables seront mis en chantier. Mais pour Vélo Québec, c’est encore trop peu compte tenu de l’achalandage des pistes cyclables à Montréal et des objectifs que s’est fixés la Ville dans son plan de transport.

La Ville a donné un aperçu hier des travaux qui seront réalisés au cours de l’année 2012-2013 au coût de 10 millions. Des tronçons cyclables seront ajoutés ici et là, un peu partout sur l’île, soit par l’entremise de voies cyclables délimitées par des bandes peintes ou de pistes cyclables en site propre.


Parmi les 46 projets recensés par la Ville figure l’aménagement d’une piste cyclable sur le boulevard Saint-Laurent, entre les rues de Bellechasse et Clark, afin de rendre traversée du viaduc Rosemont-Van Horne moins périlleuse.


Mais les cyclistes devront patienter jusqu’au printemps 2013 avant de voir se concrétiser l’aménagement de la piste cyclable du boulevard Maisonneuve, entre la rue Berri et l’entrée du pont Jacques-Cartier. Les travaux préparatoires débuteront cette année, mais la piste ne sera fonctionnelle qu’en 2013, a indiqué hier Michel Bissonnet, responsable du dossier du transport au comité exécutif.


La Ville testera cet été une « zone d’entrecroisement » sur la rue du Square-Victoria, à l’angle de la rue Saint-Jacques. Selon ce concept, déjà appliqué à Chicago et Portland, la voie cyclable sera aménagée au centre de la chaussée. S’ils veulent tourner à droite, les automobilistes devront traverser la voie cyclable quelques mètres avant l’intersection. La manoeuvre peut sembler hasardeuse, mais la Ville soutient qu’elle devrait réduire les conflits entre les cyclistes et les automobilistes. « Il y aura une très bonne visibilité entre les deux types de véhicules », signale Serge Lefebvre, chef de la Division des transports actifs et collectifs.


Estimant que le « sas vélo » aménagé l’an dernier à l’angle des rues Milton et University a été un succès, la Ville en implantera deux autres cet été.


La présidente de Vélo Québec, Suzanne Lareau, a beau se réjouir des investissements consentis par la Ville, elle les considère bien insuffisants. Le plan de transport de 2008 visait l’aménagement de 800 kilomètres de pistes cyclables d’ici 2015. Or, le réseau montréalais en compte 560 kilomètres à l’heure actuelle. « L’an dernier, il y a eu 25 kilomètres qui ont été réalisés. Cette année, il y en aura une trentaine. Ce n’est pas beaucoup si on veut atteindre les objectifs du plan de transport. Et quand on regarde la quantité de cyclistes qui roulent à Montréal, les besoins sont beaucoup plus grands, fait valoir Mme Lareau. C’est vrai que les kilomètres qu’on va aménager sont compliqués à faire : ils ne sont pas en rase campagne, mais au coeur de la ville. »


Malgré l’ampleur de la tâche, Michel Bissonnet soutient que la Ville maintient ses objectifs. « Notre objectif, c’est de faire les 800 kilomètres. On n’y arrivera peut-être pas, mais on fera tous les efforts pour faire le maximum », a-t-il dit.

6 commentaires
  • Michel Benoit - Inscrit 9 mai 2012 07 h 24

    Et on a que 4 200 Bixi et non 5 120

    À cause de la proximité du pont Jacques-Cartier, la nouvelle piste cyclable Maisonneuve de Berri à Champlain est encore reportée et elle deviendrait opérationnelle qu'en 2013 ( année électorale ).

    L'administration Tremblay n'a jamais rendu public le rapport de livraison des vélos Bixi de Chicoutimi à Montréal. Depuis 2009, on n'a jamais eu plus de 4 200 Bixi sur le territoire de Montréal, Westmount et Longueuil.

    En octobre dernier, Bike-0-meter.com montrait un système de vélo montréalais avec un maximum de 4 200 vélos Bixi.

    L'opération Bixi-Poésie (collage de poèmes sur le nom des publicitaires) nous a confirmé qu'il n'y avait qu'un peu plus de 4 000 vélos bien ancrés sur le territoire montréalais.

    En refaisant le calcul du coût moyen du système de vélo en libre-service, on se rendra compte qu'on aurait vendu les vélos à perte ou avec un petit profit...

    Le rapport financier (31-12-11) de la Société de vélo en libre-service se fait attendre...

    Michel Benoit

  • Franklin Bernard - Inscrit 9 mai 2012 09 h 10

    Et les chaussées pourries...

    ... quand est-ce qu'on va les refaire? Tremblay attend-il qu'on en soit rendu à la garnotte en dessous? Lamentable, cette politique hypocrite de harcèlement des automobilistes.

  • Francois Parent - Inscrit 9 mai 2012 09 h 26

    Incroyable !

    Tracer 30 kilomètres de ligne de peinture au coût de 10 million c'est une supercherie. La ville de Montréal n'est pas en déficite pour rien.

  • Jean Richard - Abonné 9 mai 2012 10 h 26

    Plus de voies, moins de pistes

    Les voies cyclables coûtent beaucoup moins cher que les pistes, sont beaucoup plus facile à mettre en œuvre que les pistes et surtout, sont souvent beaucoup plus agréable à utiliser que les pistes.

    On a un bel exemple dans Rosemont-Petite-Patrie. Ainsi, il est infiniment plus agréable de circuler à vélo sur la voie cyclable de la rue de Bellechasse que sur cette horreur de piste de la rue Boyer. Dans le premier cas, il y a cohabitation pacifique entre les cyclistes et les automobilistes. Dans le second cas, c'est entre cyclistes que ça ne va plus. Isolés du reste de la circulation, certains cyclistes ont tendance à développer un comportement de “gars de char” : vitesse excessive, dépassements dangereux, manœuvres périlleuses, en particulier aux intersections et trop souvent, un manque de civisme exaspérant.

    Il aurait été beaucoup plus simple et moins coûteux d'aménager une bande cyclable dans un sens sur Chateaubriand (très large et à sens unique) et une bande dans l'autre sens sur Boyer, avec feux de circulation communs, et tout ça, sans diminuer la capacité automobile et avec un niveau de sécurité au moins égal, sinon supérieur (l'actuelle piste de la rue Boyer n'est pas très sécuritaire).

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 9 mai 2012 11 h 58

    Développer autrement

    Le vélo commence à être de plus en plus utilisé, même l'hiver. C'est bien. Personnellement, je n'utilise que rarement les pistes cyclables, entre autres pour la conjestion de certaines ; aussi, je crois que ma bicyclette a autant droit d'être sur l'ensemble des rues que les voitures. M'étant déjà fait frapper par une voiture, je trouve que tant pour la sécurité des citoyens que les couts de voirie que les fumées secondaires, on doit défavoriser la voiture en ville.

    On doit développer autrement. Concernant l'axe cyclable n-s dans le "centre-île" (actuellement Christophe-Colomb/Boyer avec ajout de projet Henri-Julien/Lajeunesse), une proposition de développement que j'ai toujours promue est la "piétonisation-cyclisation" de la plaza St-Hubert entre les rues Rosemont et Villeray.

    Le paradigme actuel, chez certains commerçants, doit changer : un cycliste peut s'arrêter et se stationner plus facilement qu'un automobiliste et il y a amplement de stationnement disponible aux alentours de la plaza.
    Il serait agréable de permettre des terrasses et les aménagements que l'on voit lors des ventes-trottoir tout au long de l'été.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Franklin Bernard - Inscrit 12 mai 2012 09 h 01

      Et tant pis pour les milliers de gens d'un certain âge qui ont de la difficulté à marcher, sans parler de faire du vélo. Qu'ils aillent faire leurs emplettes ailleurs, c'est bien ça? Ou qu'ils restent chez eux, tant qu'à faire.

      En attendant je vous souhaite de bien vous amuser quand vous sortirez de quelques commerces de la Plaza avec une nouvelle télévision, des serviettes de toilette, des rideaux et quelques barres, que vous voudrez les rapporter chez vous à vélo.

      Cet hypocrisie du tout à vélo et rien à l'auto est de conception totalitaire. Elle fait semblant d'être pour le bien de la population alors que c'est une des attitudes les plus faussement écologique et faussement progressiste qui soit. C'est aussi une des plus anti-démocratique car elle ne favorise qu'une partie de la population: les jeunes et en santé.

      Et quand va-t-on enfin sévir contre la majorité des cyclistes qui roule dangereusement et ne respecte jamais le code de la route? On roule sur les trottoirs, on ne fait ni les stops ni les feux rouges, on prend les rues à sens unique, on roule à gauche, on ne cède pas la priorité aux piétons sur les passages, mais on déboule sur les mêmes passages en se croyant protégé comme les piétons... Et mon préféré, le cycliste qui, au feu vert, se glisse à ma droite à me frôler au moment où je démarre, alors que j'ai mis mon clignotant et que je suis serré à droite, m'apprêtant manifestement à tourner.

      On cite des statistiques montrant l'augmentation des accidents de cyclistes? J'aimerais bien voir le nombre de ces accidents qui ont été causés par les cyclistes eux-mêmes. Mais ça, bien sûr, on n'en parle jamais.